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Florence en deuil. La princesse Giorgiana Corsini n’est plus

  • Rédigé par Christophe Vachaudez
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Florence en deuil. La princesse Giorgiana Corsini n’est plus @ Corriere Fiorentino

Même si les jours passent, la nouvelle qui a plongé Florence dans la tristesse semble toujours irréelle. Alors qu'elle nageait dans les eaux limpides de La Giannella, station toscane de la Méditerrannée, à quelques encablures de La Marsiliana, la villa estivale de la famille, la princesse a été prise d'un malaise et les secours n'ont pu la ranimer. Giorgiana Corsini s'en est allée l'avant-veille de son 81e anniversaire.

Personnage éminemment énergique, la Princesse n'a eu de cesse de valoriser l'artisanant, créant voici déjà 25 ans, Artigianato & Palazzo, un événement qui a pour cadre les jardins de son palais florentin, une façon de réunir deux passions puisque c'est à son initiative qu'ils furent redessinés et replantés tels qu'ils étaient jadis, une récréation dont elle n'était pas peu fière.

 

Portrait de la princesse Giorgiana Corsini dans la cour de son palais florentin
© Massimo Crispi pour L'Eventail

 

À peine sortie de l'école des interprètes de Genève, Giorgiana Avogadro di Valdengo e Collobiano épouse en 1963 son cousin germain le prince Filippo Corsini, prince de Sismano, duc de Casigliano et Civitella, héritier d'un nom prestigieux. Le jeune couple choisit de s'installer au palais d'été et conserve le grand domaine viticole entré dans la famille au XVe siècle tandis que la sœur du Prince, la comtesse Lucrezia Miria Dulcis, élit résidence dans le palais citadin de la famille. Giorgiana fera de cet édifice à l'architecture austère une chaleureuse demeure familiale, lui redonnant vie et portant haut le nom des Corsini.

 

Le palais d'été des princes Corsini à Florence
Le palais d'été des princes Corsini à Florence © Massimo Crispi pour L'Eventail

 

L'histoire de cette lignée illustre se confond avec celle de la ville de Florence où on les signale dés le XIIe siècle ! Originaires de Poggibonsi, ils sont d'abord actifs dans le commerce de la laine et de la soie avant de devenir d'éminents banquiers propriétaires d'importants comptoirs à Londres. Cependant, à la fin du XVe siècle, l'insolvabilité du roi Edouard III contraint Matteo Corsini à rentrer au pays. Il décide alors d'investir dans la terre.

 

Dnas un canapé de son palais florentin : la princesse Giorgiana Corsini
© Massimo Crispi pour L'Eventail

 

Un siècle plus tard, nullement découragés, les Corsini réimplantent une banque en Angleterre et bâtissent une véritable fortune qui permettra aux générations suivantes de construire l'impressionnant palais baroque en bordure de l'Arno ou encore de financer une chapelle au cœur de l'église del Carmine en l'honneur d'Andrea Corsini (1302-1374), évêque de Fiesole et Saint de la famille. Mais la maison atteint son apogée quand Lorenzo Corsini accède au trône papal en 1730 sous le nom de Clément XII. Ami des arts, il fondera les Musées Capitolins et fera ériger la fontaine de Trevi.

 

La princesse Giorgiana Corsini et son chien
© Massimo Crispi pour L'Eventail

 

Au XIXe siècle, Tommaso Corsini, au terme d'une brillante carrière politique, lègue ses collections de peintures, de gravures et de livres rares ainsi que le palais romain della Lungara à l'Etat italien. Son neveu, prénommé lui aussi Tommaso (1903-1980), huitième prince de Sismano, lui succèdera. Lui et son épouse, Donna Elena, sauveront le patrimoine familial des bombardements et des pillages de la Seconde Guerre mondiale. Leur fils Don Filippo reprendra le flambeau, secondé par son épouse qui travaille sans relâche à la préservation du palais.

 

Portrait de la princesse Giorgiana Corsini
© Massimo Crispi pour L'Eventail 

 

Dans l'arbre généalogique de la Princesse, on trouve certes un Directeur de la Scala de Milan, Erardo Trentinaglia de Daverio, mais aussi, et seulement à la cinquième génération, la princesse Christine de Saxe, cousine au premier degré de sept rois, d'une reine et d'une impératrice, une ascendance inattendue qui apparente Donna Georgiana à toutes les Maisons Souveraines d'Europe ! Mais la Princesse chérit plus que tout la mémoire de son arrière-arrière-grand-mère, née en Inde. Fille adoptive de la Bégum Samru de Sardhana, elle fut prénommée Giorgiana et, en 1831, elle épousa Pietro Paolo Solaroli, un piémontais parti au loin à l'aventure. Cadet de famille, il s'estimait libre de toutes contingences mais, de façon inattendue, ses frères décédèrent et il devint l'héritier, soudainement pressé par les siens de rentrer au pays. Ce qu'il fit, accompagné d'une épouse au teint chocolaté qui défraya la chronique mais devint de droit baronne Solaroli et marquise dei Briona.

Depuis lors, chaque génération de la famille compte une Giorgiana, en mémoire à cette aïeule d'origine lointaine ! Le prince Filippo et son épouse ont eu quatre enfants Donna Elena Sabina, Donna Nencia, Donna Elisabetta Fiona et Don Duccio, duc de Casigliano, qui réside avec les siens sur le domaine de San Casciano, où l'on produit du chianti et de l'huile d'olive labellisés Principe Corsini. On y conserve aussi les précieuses archives de la famille, six salles dont les rayonnages courant jusqu'aux plafonds croulent sous le poids des liasses, des registres domaniaux et des ouvrages anciens, un vrai trésor !

 

Le prince Duccio, fils du prince Filippo et de la princesse Giorgiana, avec ses enfants
Le prince Duccio, fils du prince Filippo et de la princesse Giorgiana, avec ses enfants. Son fils, le prince Filippo a été tué à Londres à 21 ans dans un accident © Principe Corsini

 

Aujourd'hui, ses jardins qu'elle aimait tant sont orphelins. Lors d'un entretion accordé à L'Eventail, elle nous avait confié que posséder un tel espace vert à Florence est un réel privilège. Autrefois, cette partie de la ville était encore champêtre. Dans un français parfait, la Princesse avait attiré notre attention sur les statues antiques et les stèles romaines décorant les murs du palais, autant de pièces provenant des collections Corsini. Tracés au cordeau mais sans sécheresse, ces parterres à l'italienne plantés de citrus de Jérusalem et de broderies de buis protégeant lavandes et roses blanches, mènent aux vastes orangeries qui clôturent la perspective.

 

Les jardins du Palais Corsini à Florence
Les jardins du Palais Corsini recrées par la princesse Giorgiana © DR

 

 L'été, elles accueillent de grandes réunions familiales quand ce n'est pas le New Generation Festival dédié aux jeunes talents de l'opéra ou le fameux Salon des artisans (Artigianato & Palazzo) pour lequel la Princesse a reçu en mai 2019 le Fiorino d'Oro, la plus haute distinction remise par la ville de Florence. Cette année, il aura lieu du 17 au 20 septembre prochain, sans la princesse Giorgiana.

Sa vie fut menée tambour battant, avec un engagement jamais démenti et un seul drame, la mort de son petit-fils Filippo, emporté à 21 ans dans un accident de vélo à Londres, le 31 octobre 2016.

Rédigé par Christophe Vachaudez

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