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Le prince Alexandre de Serbie, héritier de la monarchie yougoslave

  • Rédigé par Christophe Vachaudez
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Le prince Alexandre de Serbie, héritier de la monarchie yougoslave © DR

Depuis la fin du régime de Slobodan Milosevic, le prince-héritier Alexandre de Yougoslavie est rentré dans sa patrie avec l'accord du nouveau gouvernement qui lui a rendu sa nationalité et la jouissance du palais blanc, l'ancienne résidence royale sur les hauteurs de Belgrade.

Peu à peu, les Serbes apprennent à connaître celui qui aurait pu devenir le roi Alexandre II mais aussi la dynastie des Karageorgevic dont il est issu et qui fut instrumentale pour l'histoire du pays et de la région. Toutefois, elle paya un lourd tribu puisque le roi Alexandre Ier, à l'origine de la création de la Yougoslavie en 1921, fut assassiné à Marseille en 1934 et que son fils, le roi Pierre II fut abandonné par les alliés qui lui préférèrent les communistes. Il mourut  de désespoir à 48 ans, exilé à Chicago. Le prince Alexandre travaille à la réhabilitation de sa famille et s'est mis au service des Serbes qu'ils soutient avec son épouse au travers d'événements caritatifs. Lors d'un entretien accordé à L'Eventail, il a bien voulu évoquer le passé, la situation présente mais aussi l'avenir, le sien et celui de la Serbie, qui, un jour seront peut-être liés.

 

 
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L'Eventail - Pour certains, Vous êtes S.A.R. le prince Alexandre de Yougoslavie, pour d'autres, S.A.R. le prince Alexandre de Serbie ? Qu'en est-il à l'heure actuelle ?

Prince Alexandre de Serbie - Au début, nous étions Serbes avec un royaume de Serbie puis le pays a été rebaptisé Yougoslavie par mon grand-père en 1921, nom qui perdura sous la dictature communiste, avant que nous ne redevenions la Serbie. Cependant, je ne renonce pas au titre de prince-héritier de Yougoslavie qui m'a été donné, il a juste été adapté aux circonstances actuelles.

 

- Avec le recul, peut-on comprendre pourquoi les Alliés ont cessé de soutenir les partisans de la monarchie au profit des communistes, abandonnant votre père, exilé à Londres ?

- De nombreux éléments entrent en ligne de compte. Tout d'abord, le général Mihailovic qui avait été ministre de la Défense dirigeait une guerilla qui était très efficace mais, assez vite, il a été confronté à un autre mouvement conduit par le futur Maréchal Tito, celui des partisans. Á cette époque, les services secrets britanniques furent parasités par de fausses informations propagée par des espions soviétiques. Certaines missions furent menées par des envoyés de la Grande-Bretagne. La première par Fitzroy Maclean, un officier écossais qui avait été en poste à Moscou. Il a d'ailleurs écrit un livre intitulé 'Les approches de l'Est'. C'était un aventurier qui s'est laissé duper par Tito. La deuxième par le fils de Sir Winston Churchill, Randolph. Ce dernier fut mandé en Yougoslavie pour évaluer la situation. Il rencontra Tito et, à la suite des informations qu'il fit parvenir à Londres, les Britanniques décidèrent d'apporter leur soutien aux partisans, ce qui changea dramatiquement la situation pour de longues décennies. Le Président Roosevelt voulut s'opposer mais il n'eut pas d'autres choix que de se conformer aux décisions prises par la Grande-Bretagne. C'est à cette époque que les membres de ma famille furent déchus de la nationalité. Cependant, ceci fait partie des épisodes du passé et maintenant, il faut travailler ensemble le bien du pays sans pour autant oublier toutes ces morts inutiles, dans tous les camps.  

 

 
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-Plus tard, Votre père et Vous-même allez vivre aux États-Unis et en Grande-Bretagne, les pays qui ont contribué à la chute de la royauté. N'éprouviez-Vous aucune rancoeur ?

- Á un moment, on doit pouvoir tourner la page. Je suis absolument contre toute forme de revanche. La Serbie a de tout temps été un mélange de confessions et d'ethnies et nous avons toujours vécu en bonne harmonie. Il faut oeuvrer pour qu'il en soit toujours ainsi.

 

- Tito fut finalement reconnu par toutes les puissances étrangères au fil des années. Comment Votre père a-t-il vécu cette situation ?

- Il en est mort. La tristesse d'avoir été complètement abandonné par les forces alliées et la frustration de ne pouvoir rien faire pour son pays ont causé sa perte. Il était jeune et cette situation d'impuissance le marqua à vie. Il s'installa aux États-Unis où il mourut à l'âge de 47 ans, rongé par la mélancolie. On lui a rendu justice en ramenant son corps dans le mausolée royal d'Oplenac. Il repose désormais près des autres membres de la famille royale dont certains, morts en exil, ont été également rapatriés avec l'assentiment du gouvernement.

 

 
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- Votre éducation se partage entre la Suisse, la Grande-Bretagne et les États-Unis. Pouvez-Vous raconter ?

- Ma première école fut en Suisse, un établissement appelé Marie-José. Je ne pense pas que je le recommanderai. J'ai appris à skier à Cortina d'Empezzo puis j'ai continué en Suisse où j'étais pensionnaire au Rosey. C'était mon sport favori et je faisais des courses à Gstaad. Puis mon père a estimé que cela avait l'air très relax et il m'a envoyé aux États-Unis à la Culver Military Academy. C'était assez intéressant comme changement. Je devais faire mon lit, m'occuper de mes affaires. Il y avait un superbe lac aussi et puis quand je suis revenu En Europe, rejoindre mes parents à Paris, mon père m'a vu descendre à l'aéroport d'Orly avec un tea shirt, un chewing-gum et les cheveux très courts et je lui ai dit 'Hi Dad', il m'a changé d'école et je suis allé à Gordonstoun, une école très étrange en Écosse, au milieu de nulle part. Le côté positif était faire de la voile sur la côte ouest, vraiment magnifique, et escalader les monts Craingorm. L'ennui, c'était qu'à chaque retour de vacances, nous avions de nouveaux professeurs car ils supportaient mal l'isolement de Gordonstoun. Mes parents m'ont donc changé et j'ai atterri à Milifield, une école remarquable où j'ai pu rencontrer plus de continuité. Je suis allé ensuite à l'académie militaire britannique

 

 
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- Votre père meurt en 1970, Vous devenez alors roi de jure ? Que représente alors cette charge pour Vous ?

- J'étais très triste quand il est mort.  En plus, 1970 et les années qui suivirent coïncidaient avec une période d'affirmation très forte du pouvoir en Yougoslavie. De nombreux membres de la diaspora souhaitaient que je sois proclamé roi mais j'ai préféré assumer le titre qui m'a été donné, ne pas renier mes droits, et un jour, peut-être le moment viendra ! J'ai donc travaillé, je me suis marié et ai eu des enfants. Nous avons vécu en Espagne, au Brésil puis aux États-Unis, d'abord à Chicago et enfin en Virginie.

 

- Avez-Vous jamais essayé d'entrer en contact avec le Maréchal Tito ?

- Jamais. J'ai été déclaré ennemi de l'état à deux ans et je ne peux toujours pas expliquer pourquoi. Il y a eu une exposition il y a peu : Au nom du peuple dans laquelle on décrit toutes les atrocités qui ont été commises à cette époque de dictature. Tito disposait d'un camp de concentration où il faisait enfermer ses opposants. Je crois aux droits de l'Homme et j'ai fait tout ce que je pouvais quand des années plus tard Milosevic s'est imposé au pouvoir et je suis fier de ma contribution à la démocratie.

 

 
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- En 1991, Vous pouvez enfin poser le pied sur le sol de Vos ancêtres. Quels sont Vos souvenirs de cette journée d'exception ?

- Je suis revenu une première fois illégalement avec mes fils et mon épouse et nous avons été accueillis par des centaines de personnes et le régime n'a rien fait pour les stopper. Je suis revenu en juin 1992 pour lutter contre le régime et je suis allé dans les facultés pour parler avec les étudiants. J'ai essayé de rentrer en 1995 pour revoir mon oncle Tomislav qui était malade. J'ai pu assister à ses funérailles en 2000 puis

 

- Comment Vos fils ont-ils vécu cette première rencontre avec leur pays et leurs compatriotes ?

- À partir de cette date, Vous prenez une part active à la lutte contre le président Milosevic. Comment cela s'est-il passé concrètement ?

 

 
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- Pensez-Vous qu'ils soient prêts à un retour à la monarchie constitutionnelle ?

- Je pense qu'elle pourrait apporter un chef d'état qui reste neutre, sans appartenance politique mais un point de rencontres des différentes sensibilités. Certains politiciens vivent en regardant vers le passé et se sentent mal à l'aise vis-à-vis de moi et des relations que je peux avoir.

 

- Avez-Vous envisagé d'entrer en politique comme a pu le faire le roi Siméon de Bulgarie ?

- Non. Je préfère m'investir dans la défense des Droits de l'Homme. Je ne pense pas qu'une monarchie constitutionnelle soit compatible avec l'exercice d'un mandat même si je respecte ce que le tsar a fait et que nous nous entendons très bien.

Rédigé par Christophe Vachaudez

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