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Valérie, the Belgian Lady Bush Pilot

  • Rédigé par Christophe Vachaudez
2 avis
Valérie, the Belgian Lady Bush Pilot © DR

Vraie battante, Valérie Dereymaecker a déjoué tous les écueils pour devenir l'une des rares femmes pilotes de Belgique. Non contente d'atterrir sur une plage en Écosse ou d'amerrir au coeur de l'Alaska, elle s'est lancée sur les traces des aviateurs français qui avaient relié Paris à Alexandrie en 1913, prolongeant l'aventure par un tour d'Afrique qu'elle poursuit au fil des mois, d'étape en étape.

Eventail.be - Y a-t-il beaucoup de femmes pilotes ?

Valérie Dereymaecker - Il y aurait aujourd'hui environ 6% de femmes pilotes. L'Israël en compte plus car elles doivent effectuer leur service militaire. Mais quand je participe aux rassemblements Fly In en été, je suis souvent la seule. J'ai pourtant acheté mon avion à une femme pilote !

 

 
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- Quelle formation avez-vous reçue ?

- J'ai une licence de pilote privé (PPL), un SEP land (Single Engine Pistol) et SEP(s), ce qui me permet de voler sur les appareils avec un seul moteur à piston, sur roues ou avec flotteurs. La partie théorique fut éprouvante car mon activité professionnelle me prend beaucoup de temps et l'étude est contraignante. Á chaque fois, ce fut un challenge mais c'est ce qui me plait. J'aimerais aussi bientôt passer mon brevet montagne. J'ai également pu atterrir sur la plage de Barra Beach, la seule prévue à cet effet en Europe, quoique ce 31 août, un rassemblement aéronautique va nous permettre de nous poser sur la plage du Crotoy, en Baie de Somme.

 

 
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- Récemment vous décidez de voler sur les traces des premiers pilotes qui rallièrent Paris à Alexandrie. Pouvez-vous nous parler de cette véritable aventure ?

- Un jour, je visitais le musée de l'armée de l'air en Israël et je suis tombée en arrêt devant une carte exposée retraçant le parcours des aviateurs français qui relièrent Paris à Alexandrie en 1913, sans GPS, dans des avions d'à peine 65 chevaux (mon avion, par exemple, compte 160 chevaux), à ciel ouvert, de vraies boîtes d'allumettes. La bourgeoisie française avait coutume d'aller aux champs de courses puis elle s'est intéressée à ces fous volants obsédés à l'idée de s'élever du sol, construisant des machines qui bien souvent s'écrasaient au bout de quelques mètres.

 

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Les choses se sont heureusement améliorées et Jules Vedrine a fini par atterrir sur le toit des Galeries Lafayette en 1919, mais dans l'intervalle, un journaliste avait lancé un défi, comme une sorte de boutade. Qui partirait le plus à l'Est ? Il pensait sans doute à l'Alsace mais Marc Bonnier et son mécanicien Barnier ont pris leur avion et sont partis, traversant l'Allemagne, en route vers Alexandrie. Ils se retrouvaient de temps à autre car il était impossible de voyager à deux en passant par-dessus les montagnes. Jules Vedrines a entendu parler de l'aventure et a décidé de rejoindre les deux têtes brûlées mais comme il s'est bêtement posé dans une base militaire à la frontière franco-allemande, il a été arrêté.

 

 
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Il a pu négocier et sortir de prison en prétendant regagner Paris, et il a fait juste le contraire, fonçant vers l'Autriche, la tête dans les airs. Il a ensuite continué jusqu'à Constantinople où les deux autres compères étaient déjà arrivés. Bonnier et Barnier ont peiné à traverser les montagnes turques, passant par la Syrie pour rejoindre Jérusalem. Finalement, c'est Jules Vedrines qui a atteint le premier Alexandrie.

Quant à moi, j'ai quitté la Belgique et ai suivi au plus près la route empruntée par mes prédécesseurs il y a plus d'un siècle, en évitant la Syrie, mais en atteignant Israël. J'ai voulu prolonger et faire le tour de l'Afrique mais n'ayant pas obtenu d'autorisation de survol de l'Égypte et du Soudan, j'ai décidé de faire expédier mon avion par container à Mombassa.

 

 
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Du Kenya, j'ai rallié Zanzibar puis la Tanzanie continentale, le Malawi que j'ai adoré car c'est un pays peu connu et la mentalité des habitants est très agréable. Dans l'impossibilité de ravitailler dans le Nord, des pilotes sud-africains m'ont aidée et ont fait envoyer du fuel par taxi, une façon d'évoquer tous ces gens fantastiques qui ont émaillé mon voyage. Après quelques péripéties, je suis parvenue à mon logement sur Likoma Island, au centre du lac Malawi. Suivirent un atterrissage dans la brume à Lilongwe, la capitale du Malawi qui se trouve dans une cuvette, puis la Zambie qui fut aussi un coup de coeur. Je logeais au bord de la rivière remplie d'hippopotames et pendant la nuit, un éléphant est venu élaguer les branches d'un arbre à la porte de ma hutte, un moment intense.

 

 
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Après la capitale Lusaka qui se caractérise par sa modernité, j'ai pris la direction de Livingstone afin de survoler les chutes Victoria, moment mémorable, puis ce fut Kasane, porte d'entrée du Bostwana. J'ai été étonnée de découvrir une Afrique verdoyante et couverte d'eau, près du Kilimandjaro, et le delta de l'Okavango sont des moments d'exception lors de ce voyage quittant l'Okavango via Maun. J'ai poursuivi vers Francistown où un ciel bouché m'a bloquée quelques jours et ensuite à Gabarone puis j'ai rejoint l'Afrique du Sud où mon avion m'attend à Springs (à l'est de Johannesburg). De nombreuses haltes m'ont aussi permis d'aller à la rencontre des gens et de parcourir la nature au fil de safaris inoubliables où vous côtoyez zèbres, girafes ou éléphants en liberté.

www.ladybushpilot.com

 

Rédigé par Christophe Vachaudez

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