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L'été des vins (belges) : les ambitions du Vignoble du Château de Bousval

  • Rédigé par Martin Boonen
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L'été des vins (belges) : les ambitions du Vignoble du Château de Bousval © Vignoble du Château de Bousval

Quand Michel Verhaeghe de Naeyer reprend le château familial de Bousval, au cœur du Brabant wallon, son projet est très clair : produire des grands vins tout en prenant soin de l'environnement. C'est à dire utiliser ces cépages nobles, les cultiver le plus naturellement possible et vinifier soigneusement.

Le respect d'un terroir

Amoureux de la nature, Michel Verhaeghe de Naeyer sait qu'il ne fera pas les grands vins dont il rêve sans respecter l'environnement dans lequel ses raisins vont pousser. C'est pourquoi il fait un choix exigeant (et contraignant) pour la viticulture : la biodynamie et la permaculture.

 

Le château de Bousval, propriété familiale de Michel Verhaeghe de Nayer © Vignoble du Château de Bousval 


Problème : le domaine familial qu'il reprend sort de plus de cinquante ans d'agriculture intensive, pour ne pas dire industrielle. Ses sols sont meurtris. Pour envisager une nouvelle vie à travers la viticulture, un géologue-expert consulté par Michel Verhaeghe exige la mise au repos du sol durant deux années, préalable obligé pour une parfaite conversion, permettant à la terre d'évacuer des décennies de pesticides.

 

© Vignoble du Château de Bousval 


Aujourd'hui, les résultats sont probants : la vigne bordée de champs fleuris et de haies champêtres évolue librement avec ses micro-organismes, ses prédateurs naturels (en s'y baladant, on observe d'impressionnants perchoirs à rapaces pour lutter contre les campagnols qui se nourrissent des racines des ceps de vignes), ses légumineuses et un enherbement contrôlé dans une démarche d'agriculture durable et biologique.

 

© Vignoble du Château de Bousval 

 

De grands cépages pour de grands vins

Nous l'avons vu avec le Domaine du Chenoy au début de notre série, quand on a l'ambition de faire de la viticulture bio en Belgique, le plus logique est de se tourner vers les cépages interspécifiques (voir notre article à ce sujet ici), plus adaptés à notre climat, plus résistants aux maladies et qui nécessitent donc moins de traitements, notamment chimiques.

 

Michel Verhaeghe de Naeyer © Vignoble du Château de Bousval 


Pourtant, sur ses cinq hectares, Pascal Marchand, célèbre œnologue et vigneron travaillant à Nuits-Saint-Georges en Bourgogne (venu apporter son expertise au Vignoble du Château de Bousval), n'hésite pas à planter du Chardonnay (3,8 hectares), du Pinot noir (1,16 hectares) et même 35 ares de pinot gris. Des cépages nobles qui font la fierté et la richesse de vignobles comme la Champagne ou la Bourgogne et dont sont issus des vins racés et élégants. Alors, pari risqué ? Vincent Dienst, jeune maitre de chai du domaine nuance : « En Belgique, on mesure 900 ml de précipitation par an. C'est en fait le même niveau qu'à Bordeaux où ils font des choses magnifiques avec ces cépages très traditionnels ». Mais alors, où est le loup ? « L'utilisation de cépages classiques en Belgique complique juste le travail en bio, puisque ce sont des cépages moins résistants. Mais c'est un choix que nous assumons. Nous n'avons pas opté pour la facilité afin de nous laisser l'opportunité de faire des vins d'une très grande qualité. Nous verrons d'ici quelques années si nous avons eu raison. »

 

Michel Verhaeghe de Naeyer et Vincent Dienst dans le vignoble du Château de Bousval, du côté de la parcelle réservée au Pinot noir. On reconnait à l'horizon la silhouette de la jolie et emblématique chapelle du Try-au-Chêne © Vignobles du Château de Bousval  


Pinot noir, Chardonnay, un œnologue de Nuit-Saint-Georges... ça commence à faire beaucoup de références à la Bourgogne. Avec ce réchauffement climatique, Michel Verhaeghe a-t-il l'intention de faire du bourgogne à Bousval ? « Nous voulons faire du bousval, à Bousval » coupe-t-il en souriant. Il précise : « nous n'avons pas les mêmes sols, ni le même climat qu'en Bourgogne, il nous serait impossible de faire un vin qui ressemble aux meilleurs crus de cette région. En revanche, nous visons la qualité de ces vins-là, oui. »

Se donner le temps pour durer

Les ambitions sont donc clairement affichées, mais sont-elles réalistes ? Vincent Dienst botte humblement en touche : « La première centaine de bouteilles de notre Pinot noir en 2017, et les quelques 2000 en 2018 sont très réussies. Cela conforte notre conviction qu'il y a un beau potentiel dans ce terroir. Il faudra voir, sur des années un peu plus froides, un peu moins favorables, si on arrive à atteindre la même maturité. Ce sera notre défi. Mais nous ne pourrons répondre à cette question que dans une dizaine d'années. »

 

Vincent Dienst © Vignoble du Château de Bousval


Le bon vin se bonifie avec le temps, patiemment. Il en va de même pour la vigne. Michel Verhaeghe et son équipe le savent et ils sont prêts à se donner les moyens d'attendre. « J'investis ici pour mes enfants, voir mes petits enfants » explique le propriétaire. « La clé du succès d'un tel projet, c'est la patience. Si nous voulons aller trop vite, nous proposerons à nos amateurs de bon vin, un mauvais vin. Il n'en achèteront plus jamais » explique-t-il lors de l'inauguration du chai.

Un chai qui symbolise tout un projet

La vigne est une chose, le chai en est une autre. Mais force est de constater que le travaille de l'une n'empêche pas de soigner l'exercice de l'autre. Pour arriver à son objectif, Michel Verhaeghe a doté le Vignoble du Château de Bousval d'un outil extraordinaire : un chai ultra-moderne, au dessin contemporain, parfaitement intégré à son environnement, à quelques pas seulement des vignes. Pour cette réalisation, il a fait appel à Charly Wittock du bureau d'architecture AWAA (les bâtiments Caméléon, la brasserie Duvel-Mortgat...).

 

 

Le mot d'ordre, une approche éco-responsable, peu de déchets, peu d'énergie grise, des matières renouvelables et recyclables. Tout en courbe, une toiture verte intensive faisant écho à la faune et la flore de la prairie d'origine, de hautes fenêtres reflétant les raies de lumière, il se fond idéalement dans son environnement, prêt à recevoir derrière ses grandes portes d'accès le raisin vendangé à quelques mètres seulement et à assurer la prolongation du travail accompli dans la vigne. Depuis la grande cuverie jusqu'aux ateliers adjacents, tout a été dessiné pour construire le plus naturellement possible le processus de vinification en évitant l'installation de systèmes artificiels de pompes, d'éclairage, d'air conditionnée...

 

 
© Vignoble du Château de Bousval

 


Si Michel Verhaeghe aime les bonnes choses, il aime aussi les belles choses. Une passion d'esthète qu'il partage avec son épouse, Esther, qui tient une galerie (Gallery Space) place du Chatelain, à Bruxelles. La réunion de leurs deux passions (l'art et le vin) donnera lieu à un événement artistique annuel au chai et à la vigne sous forme d'une exposition. Les œuvres de l'artiste franco-israélien Daniel Enkaoua ouvrent le bal en habillant les tout frais murs de béton brut du chai du Domaine du Château de Bousval.

 

Esther Verhaeghe de Naeyer, devant le petit alambique du chai, à côté des œuvres de Daniel Enkaoua exposées sur place © Vignoble du Château de Bousval 

 

Les promesses des premières vendanges...

Les premières cuvées : « les premières gouttes » en 2016 et « la petite récolte » de 2017, ne seront pas commercialisées. Vincent Dienst et Michel Verhaeghe sont tombés d'accord pour se concentrer sur le millésime 2018 qui s'annonce fabuleux. La commercialisation est prévue pour 2020. Quatre cuvées sont au programme : un Chardonnay « 1er cru », un Chardonnay « second vin », le Pinot noir et le Pinot gris.

 

La récolte de 2017 a permis de produire quelques 2 000 bouteilles d'une cuvées qui ne sera pas commercialisées. Le premier millésime sur le marché sera le 2018, attendu au premier trimestre 2020 © Vignoble du Château de Bousval


Nous avons tout de même eu l'occasion de déguster « la petite récolte ». Derrière sa très grande jeunesse, son immaturité, il a été possible de dégager une belle tension et des jolis fruits (encore un peu verts). Il annonce un vin frais mais structuré ! Bref, rien que du bon. 
Si les paris des grands cépages prestigieux, de la biodynamie et de la permaculture de Michel Verhaeghe de Naeyer et de son équipe se révèlent payant, les vins du Vignoble du Château de Bousval auront les arguments pour se tailler une place de choix parmi les tous meilleurs du pays... et au-delà ?

 

Vignoble du Château de Bousval
www.chateaudebousval.be
www.facebook.com/chateaudebousval

 

Rédigé par Martin Boonen

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