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Coraline Gaye - La chanson en douce

Belgian Band

Maxime Delcourt

20 May 2026

« La couverture des choses ». Tel est le joli titre du premier album de Coraline Gaye, qui, depuis les forêts des Ardennes belges, a imaginé onze chansons d’une grande délicatesse, propices à la contemplation et aux réflexions intimes. Une idée en tête : aller au-delà des faux-semblants.

[Eventail.be](http://Eventail.be) – Les onze morceaux rassemblés sur La couverture des choses ont été composés au piano avant d’être réarrangés par la suite. Est-ce instinctif pour vous de procéder de cette façon ?
Coraline Gaye –
Disons que le piano est l’unique instrument dont je sais jouer. J’ai une formation de solfège, mais l’apprentissage a été assez laborieux, je n’étais pas très douée. À 15 ans, j’ai même arrêté de le pratiquer pendant une bonne dizaine d’années, avant d’y revenir avec l’envie de composer. Je vivais alors seule pour la première fois seule, et sans réellement en avoir conscience, j’ai commencé à créer derrière mon piano. J’étais curieuse d’entendre ce qui pouvait en ressortir.

– Combien de temps vous a-t-il fallu pour parvenir à donner une forme finale aux ébauches de ces onze nouveaux morceaux ?
Je dirais qu’il a fallu à peu près deux ans pour être pleinement satisfaite. J’avais évidemment une vision d’ensemble, mais la rencontre avec Claire Vailler (Midget!, Transbluency) a été déterminante. Je voulais qu’elle m’accompagne sur le disque, qu’elle assure les chœurs, qu’elle puisse me dire ce qui pouvait manquer ou non aux différentes chansons. Les collaborations avec Thomas Van Cottom (Cabane), Sacha Toorop (Dominique A, Emily Loizeau) ou Nicolas Arnould entrent dans la même logique : je ne voulais pas dénaturer la base de mes morceaux, mais j’avais très envie de faire intervenir d’autres instruments. Thomas, par exemple, m’a aidé à supprimer ce qui était en trop, quitte à ne conserver que trente secondes d’une piste de batterie qui, à l’origine, parcourait tout le morceau. L’idée était de ne rien ajouter qui pourrait détourner l’attention de la mélodie et du texte.

– À propos du texte, comment approchez-vous l’écriture ?
Les paroles naissent avec la mélodie, d’une improvisation au piano ou d’une suite d’accords. C’est en procédant de cette manière que les mots se révèlent à moi. Pour La couverture des choses, il s’agissait avant tout de plonger sous la surface des sentiments pour saisir leur nature réelle. « Les mots », par exemple, commence de façon hyper dure avec cette phrase : « Je ne t’aime pas beaucoup, c’est peut-être pire que ne pas aimer du tout »… On pourrait trouver ça triste, et pourtant, au fur et à mesure de la chanson, on comprend qu’il s’agit d’un texte de réconciliation, que la personne qui s’exprime ainsi le fait moins par mépris que par peur d’être rejetée.

– Le mix de Mike Lindsay (Tuung, LUMP,…) permet à La couverture des choses d’être bien plus qu’un album de chansons traditionnelles. Comment est née cette rencontre ?
Je lui ai tout simplement écrit pour lui envoyer mes démos, et j’ai évidemment été ravie du travail qu’il a pu réaliser sur cet album. Il m’avait prévenu qu’il ne faisait pas de mix traditionnel, mais bien ce qu’il nomme des mix créatifs, c’est-à-dire qu’il ajoute des textures, des boîtes à rythmes, etc. En fin de compte, il m’a proposé une version augmentée des morceaux que j’avais en tête. On sent qu’il n’est pas habitué à mixer de la chanson française, et c’est tant mieux : ma voix est ici traitée comme un instrument à part entière, et pas simplement mise en avant ou détachée de la mélodie.

– D’où cette impression d’entendre des chansons flirtant avec la grammaire de l’indie-pop ?
Je ne suis pas très élitiste musicalement parlant, mais c’est vrai que mes textes peuvent parfois le laisser penser. Tout l’enjeu de cet album était donc de rendre ces chansons accessibles et immédiates. Grâce à Mike, Claire, Thomas et les autres, je pense avoir réussi

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