Rédaction
30 October 2026
Dans le monde de la communication belge, Gauthier Van Reepinghen a toujours été une sorte de balle magique. Rebondissant d’un projet à l’autre avec une créativité débordante, une énergie communicative et cette capacité rare à embarquer les autres dans ses idées. Puis, parfois, il disparaissait. Longtemps, beaucoup se sont demandé pourquoi sa vie semblait prendre des allures de montagnes russes.
Aujourd’hui, à 50 ans, il choisit de raconter son histoire. Depuis ses 26 ans, il vit avec une bipolarité, alternant périodes d’hypermanie et d’hypomanie. Il souffre également de dysmorphophobie, une maladie mentale caractérisée par une préoccupation persistante et envahissante concernant l’apparence physique. Dans son cas, cette préoccupation s’est focalisée sur l’ensemble de son visage. À cela s’ajoutent des hallucinations visuelles qui peuvent lui sembler totalement réelles.
« Lorsque je suis au fond du trou, il n’y a plus de vie. Et lorsque je vais bien, la vie peut me sembler fabuleuse », confie celui qui signe ses deux livres, Catharsis et La Loi 2.73, sous le pseudonyme de Charles Pennec. Les pensées et les visions deviennent parfois si envahissantes qu’il a connu des moments où la souffrance était si forte qu’il ne voulait plus vivre, alors même qu’il aime profondément la vie.
Ces handicaps lourds l’ont parfois empêché de vivre. Mais ils lui ont aussi permis, lorsqu’il était apaisé, de connaître des moments extraordinaires : créer des sociétés, écrire, embarquer des gens dans ses projets. Il raconte cette histoire dans une vidéo réalisée chez Legend, à l’invitation du docteur Caroline Depuydt, qui le suit depuis des années.
Aujourd’hui, Gauthier Van Reepinghen est à nouveau capable de construire. Il porte notamment Reflet, une ASBL. Le message qu’il souhaite transmettre tient en quelques mots : on ne guérit pas nécessairement totalement, mais avec l’aide de son entourage, avec des repères que l’on apprend à construire au fil des rechutes et des retours à la vie, on peut avancer. « Et parfois, cette suite peut être belle. »