Christophe Vachaudez
17 January 2026
Par cette distinction, la BRAFA souhaitait reconnaître l’incroyable travail accompli par la Fondation, mais aussi l’engagement des philanthropes qui la soutiennent depuis toutes ces années afin d’œuvrer sans relâche à la préservation du patrimoine belge. Depuis 1976, la Fondation s’engage à renforcer la solidarité dans le but de construire une société meilleure. Parmi ses nombreux engagements – justice sociale et lutte contre la pauvreté, domaine de la santé, défense de la démocratie, protection de l’environnement et de la biodiversité, promotion de l’éducation et du développement des talents – le patrimoine et la culture occupent une place de choix. Ce domaine en particulier peut compter sur cinquante-quatre fonds de mécénat !
Willem Key, Déploration du Christ avec donateurs, 1553, huile sur panneau, 171,5 x 131,5 cm.
La générosité des mécènes a ainsi pu contribuer à l’achat de trente-et-un fonds d’archives et de 29 000 œuvres, de la pièce archéologique à l’art moderne, du bijou à la peinture en passant par la céramique, l’orfèvrerie ou le design. La Fondation protège et met en valeur ces documents et objets d’exception. Ils sont restaurés et confiés en prêt à long terme à plus de cent musées et institutions publiques belges, afin de les rendre accessibles à tous.
Pol Bury, bracelet Boules des deux côtes d’un carré, 1968. Un bijou d’artiste emblématique et un chef-d’oeuvre de l’art cinétique. ©
Au cœur de son stand, la Fondation présentera une sélection de chefs-d’œuvre acquis par le passé, mais aussi les pièces qui sont rentrées récemment dans son giron. Une façon d’illustrer un intérêt éclectique des plus avisés, tant au niveau des périodes que des disciplines concernées. Parmi les pièces phares, déjà bien connues de certains, les visiteurs auront le plaisir de revoir la spectaculaire Vue de Bruxelles due à Jean-Baptiste Bonnecroy, un survol topographique unique réalisé en 1664-1665 et montrant la ville trente ans avant le tragique bombardement des troupes de Louis XIV. On ne manquera pas la chouette en argent et noix de coco au poinçon d’Anvers, chef-d’œuvre du Siècle d’Or entré dans la collection en 2002 et exposé depuis au Musée du diamant, l’Enseigne du Saint-Sang, une sculpture exceptionnelle du gothique tardif datée de 1529, ou encore un portrait de Jan Vekemans par Cornelis de Vos (1624), désormais réuni avec les autres portraits de famille au musée Mayer van den Bergh.

Elisabeth De Saedeleer, tapis de style Art déco d’après un dessin d’Albert Van huffel, 1924, laine et chanvre, 219 x 104 cm. © Vrouyr
Mais on découvrira avec curiosité les surprises dévoilées à la BRAFA, notamment un bracelet iconique de Pol Bury exécuté en 1968. Ce pionnier de l’art cinétique considéré comme l’un des artistes belges les plus marquants du XXe siècle, a mis le mouvement et le temps au centre de son processus créatif. Dans ses bijoux, le porteur devient le moteur de ce mouvement, et l’acier de ses sculptures cède la place à l’or. Le bracelet « Boules des deux côtes d’un carré » est le premier né d’une série de variantes mais celui-ci a appartenu à Velma Bury, la veuve de Pol. De même, cette année, grâce au Fonds Raphaël et Françoise Haeven, la Fondation Roi Baudouin s’est enrichie d’un tapis de style Art déco créé par Élisabeth De Saedeleer (1902-1972). Cette artiste qui s’est nourrie du mouvement Arts & Crafts, a joué un rôle clé dans le renouveau de la tapisserie en Belgique dans les années 1920 et 1930, à travers, notamment, ses collaborations artistiques et son implication au sein de l’École de La Cambre. Cette fois, c’est le Fonds Marie-Jeanne Dauchy qui a permis l’achat d’une pièce remarquable au point de gaze, miracle de finesse et parangon de la production dentellière de Bruxelles. L’œuvre textile aux dimensions imposantes se distingue par ses mailles aériennes qui relient des motifs floraux d’un réalisme saisissant, somptueux mariage de feuilles de marronniers, de dahlias, de guirlandes de vignes et de grappes de raisins, de pivoines épanouies, de roses, de digitales, de campanules ou encore d’hortensias. Les époques se télescopent car nous voici en présence de L’Egocentrique, une oeuvre de l’artiste namuroise du Pop Art, Evelyne Axell (1935-1972). Cette image féminine libératrice, née du dialogue avec Le Galet du surréaliste René Magritte révèle son goût pour une approche expérimentale et libre de matériaux contemporains. Grand écart chronologique pour cette ultime acquisition puisqu’il s’agit d’une déposition due au pinceau de Willem Key (1515/20 – 1568), représentant illustre de la renaissance dans nos contrées. Cet élève de Pieter Coecke van Aelst et de Lambert Lombard travailla pour les commanditaires les plus prestigieux de son temps et évolua au cœur de la vie artistique foisonnante d’Anvers du XVIᵉ siècle. Ses portraits et ses peintures d’histoire témoignent d’une maîtrise technique exceptionnelle et d’une profonde acuité psychologique. Voilà bien l’occasion de redécouvrir un artiste remarquable à travers le parcours unique que nous offre la Fondation Roi Baudouin à l’occasion de son jubilé !
Photo de couverture : Cornelis de Vos, Portrait de Jan Vekemans, 1624, huile sur toile, 122 x 79 cm. © Ans Brys – Fonds du Patrimoine Fondation Roi Baudouin
Foire
BRAFA
Dates
Du 25 janvier au 1er février 2026
Adresse
Brussels Expo
Place de Belgique 1
1020 Bruxelles
Site
Billetterie
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