• HLCÉ

Sarah Bernhardt au Volter

Comédie Royale Claude VolterscèneSpectacleThéâtre

JC Darman

11 March 2026

Au crépuscule de son existence prodigieuse, la Diva se souvient. Avec l’aide de son secrétaire, Georges Pitou, le seul homme qui l’a accompagnée toute sa vie et aimée d’un amour désintéressé.

C’est le thème de Sarah et le Cri de la Langouste, la pièce de l’auteur canadien John Murrell donnée en ce moment à la Comédie Royale Claude Volter. Écrite en 1977, sans doute son œuvre la plus connue, traduite en 15 langues et jouée dans 26 pays. Il faut dire que le personnage clé est d’une incroyable richesse. Quelques-unes des originalités de cette grandiose personnalité : ses origines (née de père incertain et d’une mère courtisane juive hollandaise). Son génie d’actrice adulée par tous les publics dont le style évoluera au fil des années. Première star mondiale (célèbre notamment aux États-Unis où elle fit plusieurs tournées dans son train privé). Femme d’une incroyable modernité, féministe avant la lettre, tolérante (ardemment opposée à la peine de mort), courageuse (elle visite les poilus dans les tranchées à plus de 70 ans), Dreyfusarde convaincue (thuriféraire du J’accuse de Zola). Son fils Maurice (dont le père serait un prince belge, mais il n’est pas exclu que Sarah elle-même n’était pas certaine de cette paternité). Son mari, Jacques Damala, grec, beau, débauché, sans aucun talent mais dont elle veut néanmoins faire un comédien (opiomane, il meurt d’une overdose à 34 ans, elle en avait alors 45). La poursuite de sa carrière après son amputation (qu’elle exigea tout en sachant que l’issue risquait d’être fatale). Ses excentricités (elle dort dans un cercueil), ses amants (Victor Hugo, Mounet Sully, Jean Richepin, Lucien Guitry, le Prince de Galles, futur roi Édouard VII et bien d’autres encore). Son aspect physique (sa minceur qui lui permit d’interpréter de célèbres rôles masculins sans pour autant les féminiser, notamment l’Aiglon et Hamlet). Sa mégalomanie (dans ses mémoires, elle laisse entendre que sa personne constitua un facteur de l’entrée des États-Unis dans la Grande Guerre). Ses illustres qualificatifs (« Dame d’énergie » comme l’appelait Edmond Rostand, la « voix d’or » pour Victor Hugo, « la Divine » pour les journalistes et le public et enfin « monstre sacré » selon le terme institué tout exprès pour elle par Jean Cocteau). Alors, quelle gageure de transposer à la scène une telle vie fabuleuse.

DR

DR

Pari réussi à la Comédie Volter. Grâce aux talents réunis et complémentaires des interprètes, Stéphanie Moriau et Michel de Warzée, du metteur en scène, Michel Wright, du scénographe, Serge Daems et de l’éclairagiste, Bruno Smit. Tous concourent à adoucir, à humaniser la représentation d’une destinée surhumaine. C’est au son des violons que s’évoquent ce soir des évènements qui étaient hier des faits d’armes tonitruants et claironnants. Stéphanie Moriau parvient à faire d’une déesse olympienne autoritaire une femme vieillissante, lucide et émouvante. En outre, elle atteint une étonnante ressemblance physique avec la Divine. Michel de Warzée en vieux secrétaire-admirateur touchant dans sa lucidité désabusée et drôle dans ses égarements et ses exaspérations. Tout se passe dans une pièce du castel (un ancien fortin militaire) que Sarah possédait à Bele-Île-en-Mer.

Impressionnant dans sa sobriété un décor blanc dont la plus grande partie est occupée par une très large baie où les bleus de la mer et du ciel muent au gré des moments où se déroulent la pièce (dans la journée, au crépuscule, la nuit et enfin l’aurore). Une immense lune surplombe cette baie dont les tons varieront aussi au fil des heures pour finalement disparaître au lever du jour. Très beau travail du scénographe et de l’éclairagiste.

Excellent spectacle à voir à la Comédie Royale Claude Volter jusqu’au 29 mars.

Hlynur Pálmason : « Il y a beaucoup de beauté dans des petites choses. »

Cinéma

Dans « L’amour qu’il nous reste », son dernier film, le cinéaste islandais Hlynur Pálmason propose une ode à la nature, à la famille et à l’amour. Comme dans « Godland » (sorti en 2022), Hlynur Pálmason place la famille au cœur de son récit. La séparation du couple est vécue comme une lente érosion. Si ce film peut paraître longuet, c’est parce qu’Hlynur Pálmason observe cette famille en déliquescence sur le mode délibérément minimaliste, contemplatif. « L’Amour qu’il nous reste », présenté à Cannes Première au Festival de Cannes 2025, est une chronique sentimentale, froide, empreinte de tendresse et de douceur. Rencontre avec Hlynur Pálmason.

A Protea Is Not a Flower

Arts & Culture

Exposition multigénérationnelle réunissant Lerato Shadi et Robin Rhode en dialogue avec Gerard Sekoto, Bessie Head et Don Mattera, le sujet s’inspire du poème Protea… pour explorer l’exil, la résilience et l’identité.

Le Cap

Van 16/10/2025 tot 15/11/2026

Extra informatie

Pièce

Sarah et le Cri de la Langouste, deJohn Murrell

Dates

Jusqu’au 29 mars

Adresse

Comédie Royale Claude Volter
Avenue des Frères Legrain, 98
1150 Woluwé-Saint-Pierre

Billetterie

Advertentie

Love Love Love - Barbara Cartland, pièce de théâtre au TTO

Love, Love, Love au TTO - Barbara Cartland au vitriol

Scène & Spectacles

Le Théâtre de la Toison d’Or présente du 11 décembre au 15 janvier une création originale qui revisite l’univers de la reine du roman sentimental mais sous les paillettes se dévoile une critique mordante. Emmanuel Dell’Erba et Aurelio Mergola signent un spectacle qui interroge les codes de l’amour romanesque.

Alle artikels

Advertentie

Alle artikels