• HLCÉ

Toutes voiles dehors !

CroisièreCroisièresÉvasionLifestyleLune de mielMariageVoyage

Pierre Lecomte

22 January 2026

Une croisière à bord d’un voilier est une expérience très différente de ce que l’on peut vivre sur un autre navire. Surtout quand il est construit à la manière des légendaires clippers du XIXe siècle. Confirmation sur le Star Flyer, entre Malaga et Gran Canaria.

On annonçait un retard pour le départ, mais cela n’a pas refroidi grand monde : avec un navire comme le Star Flyer, le but de la croisière… c’est le Star Flyer, passagers et équipage s’accordent sur ce point. On est à bord d’un imposant clipper (lire ci-contre) qui déploie sa voilure en quittant le port, dans une mise en scène grandiose. Tradition respectée ce soir, en larguant les amarres à Malaga. Encore à quai, avec les mâts arborant des centaines de points lumineux dans la nuit, le voilier est un régal visuel pour tous. L’étape suivante sera pour les yeux et les oreilles des seuls passagers. C’est au son de Conquest of Paradise, le thème principal du film 1492, Christophe Colomb, composé par Vangelis, que les voiles se déploient progressivement en quittant le port. Presque tous les passagers sont sur le pont, en dépit d’une heure fort tardive, partageant une franche émotion.

Avec ou sans Éole

Les moteurs électriques ne sont pas seuls à l’ouvrage pour déployer une voilure de plus de 6000 m2 : l’équipage est également à la manœuvre, ajustant les balancines, drisses et autres cordages, pour fixer la position des voiles. Certains jours, les passagers sont invités à tirer, eux aussi, sur un épais cordage entraînant la voile principale. Après les triangulaires du grand-mât et du mât d’artimon, le mât de misaine arbore à son tour ses cinq voiles l’une après l’autre, du petit perroquet volant à la (grande) misaine. Le Star Flyer entame sa croisière, toutes voiles dehors.

Éole n’est pas toujours de bonne volonté : il est très rare que la voile suffise, même à allure réduite. C’est l’occasion d’apprécier une qualité rarement évoquée de ce type de navire : comme c’est un mât très haut qui fait office de cheminée, les passagers sont toujours à l’abri des gaz d’échappement. Ce n’est absolument pas le cas de la plupart des navires de croisière !

Cadix, la méconnue

Le lendemain à l’aube, Gibraltar est en vue. Le célèbre rocher se rapproche sous le soleil levant, avant de pointer en pleine lumière. Le Star Flyer accoste à distance de marche de la ville. À Cadix, l’escale suivante, c’est carrément face au centre-ville qu’il est amarré, privilège fréquent des navires de taille réduite. On flâne avec bonheur dans cette cité – pourtant pas vraiment présentée comme une star des villes touristiques – qui occupe une presque-île et aurait été fondée par les Phéniciens voici 3000 ans. Les remparts et la porte de Tierra, la cathédrale (ne pas manquer non plus sa petite voisine datant de 1602), le château San Sebastián sur son îlot, l’étrange Casa de las Cinco Torres (maison des Cinq Tours), sans oublier la commerçante Calle Ancha, flanquée de superbes immeubles.

Tanger en anglais

On change de continent un jour plus tard, pour la visite de Tanger. Un guide habillé en costume traditionnel nous fait déambuler dans la casbah, puis dans la médina. Il maîtrise remarquablement la langue de… Shakespeare. Elle est en effet dominante parmi les clients de Star Clippers, Britanniques comme Américains. Nombreux sont également les Allemands, les francophones étant très minoritaires. Si Peter, le directeur de croisière, communique surtout en anglais et en allemand, que les non-polyglottes se rassurent : le journal de bord distribué chaque soir est toujours trilingue.

Le changement de programme a pour conséquence deux journées en mer consécutives, ce qui est fort rare. Par-delà quelques animations et conférences, c’est l’occasion de flâner sur le pont en teck, d’admirer la bibliothèque de style edwardien ou encore de passer davantage de temps dans sa cabine, pour s’imprégner de l’atmosphère d’un clipper et de ses riches boiseries.

Cap sur l’archipel

Deux jours plus tard, le Star Flyer aborde les îles Canaries à Lanzarote, avec la visite du parc national de Timanfaya, incontournable pour ses paysages lunaires comme pour sa démonstration de l’activité volcanique. Le lendemain, c’est au tour de Fuerteventura, une terre encore plus désertique. Son climat convient parfaitement à la culture de l’aloe vera, dont on ne peut manquer de visiter une exploitation.

À l’issue d’une dernière nuit en mer, accostage à Las Palmas, capitale de Gran Canaria, une ville de 400 000 habitants, la plus importante de l’archipel, ce dont témoigne le port. On a changé de dimension ! Demain, le Star Flyer se lancera dans la traversée de l’Atlantique, après une dernière escale européenne à La Gomera, la petite voisine de Tenerife. Comme Christophe Colomb en avait montré la voie le 9 août 1492.

Un clipper made in Belgium !

Clipper
La flotte de la compagnie Star Clippers compte trois voiliers, dont les sisterships Star Clipper et Star Flyer, lancés en 1991. Apparu aux États-Unis vers 1820, le clipper est un voilier qui connut son heure de gloire au milieu du XIXe• siècle. Effilé et léger, il était conçu pour effectuer de longs trajets, et rapidement. Certains affichaient à peine 1000 tonnes et quelques dizaines de mètres de long. Les Star Clipper et Star Flyer se targuent de 8770 tonnes et 115 mètres de long, mais plus de 160 en comptant l’immense mât de beaupré, l’appendice situé à la proue. Ces navires totalisent 6350 m2• de voile et accueillent 166 passagers maximum.

Ces clippers sont sortis d’un chantier naval belge fermé en 1995 : Scheepswerf van Langerbrugge, situé au nord de Gand. Le Suédois Mikael Krafft, fondateur de la compagnie aujourd’hui basée à Monaco, résidait alors en Belgique. Plus grand, plus spacieux et plus luxueux, le Royal Clipper, troisième navire de la flotte, est fort prisé… mais les puristes considèrent que ce n’est dès lors plus un vrai clipper, plutôt un navire de croisière qui en a pris les apparences. À chacun de choisir…

starclippers.com

Photos : © Sylvie Bresson

Le bon goût comme langage : dégustons la mode !

Gastronomie & Oenologie

Entre mode et gastronomie, nous vous proposons d’explorer quelques lieux emblématiques en Europe, où le savoir-faire dépasse l’objet. Ici, c’est tout un univers fashion qui se raconte, se savoure et se partage.

Advertentie

Domaine de La Klauss, la perle mosellane

Voyage, Évasion & Escapade

Il vient d’être élu hôtel de luxe le plus romantique du monde ! Une nouvelle consécration pour cet hôtel qui fait briller la Moselle depuis son ouverture en 2016, offrant une expérience d’envergure entre gastronomie étoilée et bien-être.

Alle artikels

Advertentie

Alle artikels