Thomas de Bergeyck
08 April 2026
Car rien n’est pareil lorsque l’on appartient à une famille vouée à régner, où tout semble écrit très tôt : le rôle, la fonction, l’image. Décider de bifurquer, c’est déjà affirmer quelque chose de rare : sa liberté. Le plus jeune fils du roi Philippe et de la reine Mathilde a quitté Louvain et dit “bye bye” à son programme en anglais pour rejoindre Bruxelles et l’ISTEC, l’Ecole supérieure de commerce et de marketing. C’est bien, car il y a une rentrée “décalée” pour ceux qui arrivent en cours de route. Une formation de chargé d’affaires commerciales, axée sur le développement d’entreprise. Après les examens de janvier déjà, on ne voyait plus le jeune Prince et ses gardes du corps qui faisaient partie du décor. Pour Emmanuel, cette formation est plus concrète. Il se dit que ses soucis de dyslexie seraient mieux encadrés à Bruxelles, c’est ce que croit savoir le Laatste Nieuws.
Jacovides-Perusseau/Bestimage
Il faut quand même du courage pour reconnaître qu’un chemin ne vous correspond pas. Il en faut davantage encore lorsque ce chemin est observé, commenté, parfois jugé. Dans les monarchies contemporaines, tout est question de ligne. Ligne de succession, ligne de conduite, d’image. Et dans cette ligne, chacun occupe une place plus ou moins tracée. Sa sœur aînée, la princesse héritière Elisabeth, incarne cette trajectoire rectiligne, presque irréprochable. Son frère n’a pas ce souci. Suffisamment éloigné du trône, il peut s’offrir des “essais et erreurs”.
Didier Lebrun/Photonews
Et puis, il y a tout le reste. Car Emmanuel c’est un jeune homme de son époque. Récemment il s’est illustré derrière des platines, sous le pseudonyme de DJ Vyntrix. Un Felix de Laet à la royale sous les lambris centenaires du Palais. Avant cela, Emmanuel s’était offert une parenthèse sportive en Espagne, dans une académie de football. Il expérimente, il tente, il s’autorise des détours là où, longtemps, les trajectoires royales ne toléraient que des lignes droites. Depuis son enfance, le prince Emmanuel suit un parcours singulier marqué, on l’a dit, par sa dyslexie. Et tous les parents d’enfants qui en souffrent vous diront que ce n’est pas un détail. C’est un combat, un apprentissage différent, qui demande davantage de soin et de temps.
Didier Lebrun/Photonews
Choisir aujourd’hui une voie plus adaptée, c’est aussi s’écouter et assumer pleinement ce que l’on est. Dans une monarchie qui s’efforce d’être plus proche, plus contemporaine, plus incarnée, ce type de décision compte. Pour ce qu’elle raconte d’une génération qui ne veut plus seulement hériter. Mais comprendre, expérimenter, et choisir.
Photo de couverture : © Xavier Piron/Photonews
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