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Malte sur la scène de l'art contemporain

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Christophe Vachaudez

14 April 2026

Initiée en 2024, la Biennale de Malte revient en force cette année, jusqu’au 29 mai, avec quantité d’événements qui vont transformer l’archipel en plateforme artistique. Ou quand l’expression contemporaine rencontre un patrimoine culturel d’une richesse unique.

Durant onze semaines, des artistes venus de Grande-Bretagne, de France, d’Argentine, de Suède, du Chili, d’Italie, de Cuba, d’Équateur, du Portugal, du Pérou, du Maroc, de Colombie, des Pays-Bas, des États-Unis, d’Égypte, de Palestine, de Chypre, d’Espagne, d’Allemagne, du Japon, du Costa Rica, de Malte, bien entendu, mais aussi de Belgique avec Griet Dobbels, vont décliner le thème Clean | Clear | Cut (“Purifier/éclairer/couper”) choisi par Rosa Martínez, la commissaire de la manifestation. D’une portée résolument universelle, la Biennale propose vingt-sept pavillons, dont dix-neuf thématiques et huit nationaux, représentant la Pologne, la Finlande, l’Espagne, la France, la Chine, l’Arménie, la Serbie et Malte.

De Levensboom van de Portugese kunstenaar Joana Vasconcelos in Micas. © VISITMALTA

Une fois encore, les artistes auront l’opportunité d’investir des lieux d’exception situés autant à La Valette qu’à Ċittadella, Birgu, Xaghra ou Gozo. L’un d’eux, le Micas ou Malta International Contemporary Art Space a ouvert ses portes en 2024. Il combine une architecture résolument contemporaine avec un site historique d’importance situé à Floriana. Ce faubourg stratégique, non loin de l’entrée du promontoire de La Valette, s’est développé grâce à un puissant réseau de fortifications conçu par des ingénieurs militaires de renom aux XVIIe et XVIIIe siècles. Ce projet a notamment permis la restauration du bastion et de la contre-garde San Salvatore, du rideau de Polverista ou encore de l’arche oblique Barbara, afin de créer un campus pluridisciplinaire d’espaces d’exposition couverts. Au total, 6000 m2 d’espaces ont été dégagés, unifié par l’emblématique charpente métallique de l’architecte Carlo Terpolilli, une intervention contemporaine audacieuse qui instaure un dialogue exemplaire entre la modernité du Micas, les fortifications et, notamment, l’ancien hospice des Chevaliers, autrefois dépôt de poudre, aujourd’hui lieu d’exposition.

Door hedendaagse architectuur te combineren met het historische weefsel van de 17e-eeuwse vestingwerken van Floriana, heeft Micas Malta in staat gesteld een nieuwe culturele ambitie te laten gelden. MICAS - INTERNATIONALE HEDENDAAGSE KUNSTRUIMTE VAN MALTA

L’art investit les fortifications

Le Micas a pour mission de sensibiliser le public à l’importance des arts visuels dans la vie contemporaine. Au cœur de La Valette, un autre lieu symbolique prêtera ses locaux à la Biennale. Il s’agit de la plus ancienne institution de l’archipel dédiée à la promotion des arts et de l’artisanat : la Malta Society of Arts (MSA). Fondée sous protectorat britannique le 4 novembre 1852, elle a une histoire intimement liée à celle de nombreux artistes maltais et gozitains de renom, qui bénéficièrent de son soutien par le biais d’expositions ou de bourses. Depuis 1923, elle a pris ses quartiers dans le palais de La Salle, un bâtiment historique qui fut la résidence, pendant plus de 200 ans, des Chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean. Passé entre les mains de nombreux propriétaires par la suite, il fut classé et réhabilité par l’État. Il conserve quelques salons d’apparat, dont la célèbre Salle des chevaliers aux précieux lambris peints qui vaut assurément le détour.

Autre écrin incontournable de la scène artistique maltaise, le MUŻA – National Museum of Art, installé dans l’Auberge d’Italie au cœur de La Valette, participe lui aussi au rayonnement culturel de l’archipel. Ce palais du XVIe siècle, autrefois siège des chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean, abrite depuis 2018 le musée national des Beaux-Arts.

De Sala dei Cavalieri, een 18e-eeuwse zaal in het Palazzo de La Salle van de Malta Society of Arts, , pas gerestaureerd. MALTA VERENIGING VAN KUNSTEN

Autre pôle d’exposition, la Fondation Gabriel Caruana a été créée en 2016 pour promouvoir et préserver l’héritage des figures de l’art moderne et contemporain. Elle concentre ses efforts à l’archivage et à la numérisation, sert de tremplin à des artistes modernes et contemporains, et soutient des initiatives visant à la préservation du patrimoine. Elle a investi The Mill, un centre culturel contemporain géré par des artistes, où la culture et l’artisanat modernes peuvent être partagés avec les visiteurs. L’édifice borde l’une des artères les plus fréquentées de l’île, à Birkirkara (ou B’Kara). Cet ancien moulin à vent, construit en 1724 à l’époque des Chevaliers de Malte, a servi à la production de farine pendant plus de deux siècles. Il cessa ses activités en 1929, abandonné comme les autres à la suite de l’introduction des moulins à vapeur au début du XXe siècle. Après la Seconde Guerre mondiale, le moulin fut utilisé par un forgeron, puis délaissé avant sa restauration au milieu des années 1980.

Cap sur Birgu pour découvrir l’ancienne armurerie de la forteresse maritime qui, elle aussi, sert de base à la Biennale. Ses hauts bastions sauvèrent la ville lors du siège de 1565. Connue depuis sous le nom de Citta Vittoriosa, Birgu fut pourtant supplantée par La Valette comme capitale de l’île. Le bâtiment d’un seul étage, jadis siège d’un véritable arsenal, a été construit entre 1533 et 1537. Il propose un vaste espace au cœur de cet impressionnant site militaire. Autre système défensif collaborant avec la Biennale, le Fort Saint-Elme fut pensé à l’origine comme une véritable machine de guerre pour contrer la fureur de l’armada ottomane. Il occupe la pointe de la péninsule de Sceberras et offre une vue panoramique imprenable sur les ports, les villes et les villages environnants. On y trouve le Musée national de la guerre, divisé en sept sections, qui retrace 7000 ans d’histoire militaire maltaise, de l’âge du bronze à l’adhésion de Malte à l’Union européenne. Autant d’écrins pour un événement qui s’impose déjà sur l’échiquier international !

À retenir

Les diadèmes d’Amalia

Chroniques royales

Dans une biographie écrite par Claudia de Breij en 2021, Catarina-Amalia s’est ainsi confiée : « J’adore les diadèmes…Montrez-moi un diadème, et je sais d’où il vient. Je reconnais tous les diadèmes d’Europe. » Elle a alors ajouté : « Je les portais, ceux de ma mère. Il y en avait un sur sa coiffeuse, et puis je l’ai mis directement sur ma tête » et une photo inédite confirmait cette passion naissante alors que la fille aînée des souverains néerlandais n’avait que huit ans ! Et si les jeunes filles ont coutume de se parer de bijoux en strass pour devenir princesse d’un jour, Amalia, elle, pouvait admirer les plus belles parures versées au fil des ans par les reines successives à l’un des plus précieux ensembles au monde. Toutefois, afin de respecter les us et coutumes, elle a dû attendre de fêter ses 18 ans pour coiffer un diadème en public de façon on ne peut plus officielle. Et pour cette première, elle a choisi celui que sa mère, la reine Maxima, avait arboré le jour de son mariage.

Advertentie

Marc Bankowsky l'alchimiste du bronze

Foires & Expositions

Du 8 avril au 23 mai, la Maison Rapin consacre une rétrospective à Marc Bankowsky, figure singulière du paysage artistique français, dont l’œuvre traverse plus de quarante-cinq ans de création. Cette exposition, intitulée L’Âge de bronze, propose une immersion dans un univers où sculpture, mobilier et objets dialoguent avec la nature et la matière.

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