Agnès Zamboni
24 September 2026
Alors que la manifestation s’égrenait habituellement tout au long du mois de septembre, cette année elle adopte le rythme des “design weeks” des capitales, Milan, Paris, Londres, Copenhague… sans empiéter sur d’autres événements comme ceux de Paris (Maison & Objet du 10 au 14 septembre et Design Week jusqu’au 19 septembre). “De plus, avec les quatre jours supplémentaires en octobre, nous ne sommes plus coincés dans ce mois de la rentrée. Cela nous a permis d’intégrer les activités du MAD qui organise notamment une grande exposition rétrospective sur les vingt ans du Designer de l’année. 2026 est une année zéro, un test pour faire grandir l’événement”, se réjouit Elizabeth Djamjiev, organisatrice et coordinatrice.
Les Samares, mobile textile inspiré par le mouvement et la silhouette des graines d’érable en spirale, création Juliette Berthonneau. © Juliette Berthonneau
Les Samares, mobile textile inspiré par le mouvement et la silhouette des graines d’érable en spirale, création Juliette Berthonneau. © Juliette Berthonneau
C’en est fini du grand “D” en guise de signalétique, enseigne et charte graphique, pour tous les participants. Les lieux du parcours seront désormais signalés par le macaron et le nouveau logo BDW conçu par Jade Vijt et O’nonto Zaman du studio bruxellois Rond Carré. “Notre volonté est de rassembler tous les amoureux du design – institutions, étudiants, professionnels ou non. Dès le 24 septembre au soir, à partir de 18 heures, le grand public (et plus seulement les professionnels) sont invités au vernissage et à la grande soirée d’ouverture. La création récente de la boutique de l’éditeur italien Kartell, Porte de Namur, a permis d’organiser un événement international. Un nouveau point central, façon conciergerie, le Hub, chez Ame, un espace de coworking qui héberge Womade 2.0, reçoit tous les visiteurs pour les aiguiller vers les différents lieux du programme et leur proposer des parcours personnalisés.”
Situé du côté de la place Stéphanie, cet espace de 900 m2 accueille une exposition sur le designer Alain Gilles et des conférences, dont deux éditions du cycle “Celles qui font le design” consacrées aux voix féminines et non-binaires dans les métiers de la création. D’autres conférences sont également organisées à la Materiotek de Molenbeek. Plusieurs institutions de formation et de fabrication participent également à cette édition, dont l’école de La Cambre avec la présentation Changement de voie/Spoorverandering à Track Brussels (gare du Nord), la LUCA School of Arts, les trois city fab bruxellois, le Green Fabriquer (fablab textile de Forest), la Micro Factory (Circular Design d’Anderlecht) et le Circularium.
Projet de bas-relief en papier recyclé, création Papier Boulettes.
Panneau mural en papier recyclé offrant une composition végétale, création Papier Boulettes.
BDW met en relief la création belge dans toute sa diversité – designers, artisans, galeries, commerces –avec les lauréats du Commerce Design Brussels Awards 2026 dont le premier prix a été attribué à l’hôtel The Standard, aménagé par Bernard Dubois. Mais aussi et surtout les designers qui vivent et travaillent à Bruxelles. L’accent est mis sur l’ouverture d’ateliers (Open Doors, plus de vingt lieux différents, cette année) comme Open Structures, Au Charbon, Recyclart, les espaces des créateurs situées dans les anciennes casernes d’Ixelles et plusieurs studios d’architecture. Des lieux où l’on peut découvrir le cœur de la création, notamment le travail du cuir et de la céramique. Sans oublier la Prague House, UR Square, The Dominican et The Mix Hôtel (avec Curated), une manifestation regroupant quarante designers et présentée sur deux jours, encore quatre lieux toujours intégrés à la programmation.
Composé de plusieurs morceaux de marbre, Circle Bench, création Ariane van Dievoet. © Oksana Tkachuk
Le premier week-end permet de participer aux portes ouvertes et aux vernissages festifs. L’exposition The Secular Chapel organisée à l’hôtel The Dominican, avec la collaboration de la galerie Rempart44 fondée par Nicole Brock, architecte d’intérieur, réunit des créateurs qui développent des objets, matériaux et récits, invitant à une réflexion sur les nouvelles valeurs du design contemporain. À Ixelles, 57 rue Van Eyck, la présentation “Les Jardiniers du vide”, initiée par Zélie Boulestreau et Maud Bocquet, dévoile les œuvres de Papier Boulettes. Leurs travaux développent un art de la fresque monumentale, à partir de papier recyclé, un procédé associant de riches ornementations et des propriétés écologiques d’isolation.
Une visite au Design Museum, près de l’Atomium, qui collabore avec Kartell, est préconisée pour découvrir aussi l’évocation des années les plus créatives de la Cristallerie du Val Saint-Lambert. “Beaucoup de designers participent, sans l’intervention de galeries, ce qui nous a entraînés à aménager nombre de vitrines dans la ville, présentant un objet attribué à un créateur, avec un QR code pour obtenir toutes les informations.” Un passage rue de Namur et dans les treize galeries participantes, comme Imaginair, rue du Prévôt, sera garant d’un programme diversifié. “Le second week-end, il ne faut pas rater les deux expositions du MAD. Encore à Ixelles, une jeune galerie brésilienne présente dans un appartement d’exception des pièces vintage et des créations contemporaines en verre”.
Table roulante de Sergio Rodrigues et pièces en verre de Patricia Faragone, Galleria BS. © BS Galleria inventory 2026
Vannerie d’osier, création Amandine David et Esmé Hofman. © Sam Gilbert
La seconde édition de Shifting Ground à UR Square, avenue de la Couronne, propose A Garden Party, une exposition construite autour de l’idée de la fête comme espace de rencontre, de création et de réflexion collective. Elle réunit les œuvres d’une quarantaine de designers belges et européens et s’ancre dans un paradoxe : organiser une célébration à une époque où les liens sociaux, les équilibres économiques et les formes d’expression créative se révèlent de plus en plus fragiles. “Chaque designer est invité à concevoir, en parallèle des objets qu’il expose, une lanterne spécialement créée pour l’exposition. Objet à la fois simple et universel, la lanterne est une lumière que l’on porte avec soi : elle éclaire les chemins, révèle les zones d’ombre et accompagne le mouvement. En tant qu’œuvre collective composée d’interventions individuelles, elle incarne un geste à la fois personnel et partagé. Réunies, ces lanternes forment une constellation lumineuse qui guidera les visiteurs dès l’entrée de l’exposition”, explique Ariane van Dievoet, qui participe à cet événement, avec également une exposition dans la galerie Augusta.
Photo de couverture : Projet Bouncing Patterns mettant en valeur la relation complexe entre les surfaces tissées 3D et les formes dynamiques, création Juliette Berthonneau. © Juliette Berthonneau