Bertrand Leleu
23 September 2026
© Artcurial
Mercedes-Benz 600 Pullman Landaulet, 1971
Vente du 3 juillet, Artcurial, Le Mans (circuit des 24 Heures)
La Mercedes-Benz 600 Pullman Landaulet figure parmi les automobiles de représentation les plus luxueuses jamais construites. Dessinée par le Français Paul Bracq dans les années 1960, elle répondait à une demande d’usage protocolaire exigeant pour des chefs d’États et des familles royales, principalement africaines. Tout comme une montre de collection, un yacht ou un avion réalisé sur mesure, chacun des vingt-et-un exemplaires produits dans cette configuration était entièrement réalisé à la main et faisait donc de chaque modèle une pièce unique. En plus de sa performance motrice d’environ 250 chevaux, cette automobile raffinée offre un réel confort de roulage grâce à sa suspension hydropneumatique autonivelante qui garantit une stabilité parfaite en toutes circonstances. Un luxe pour ses commanditaires !
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Charles Catteau (1880-1966) & Keramis
Vase aux aigles, grès
Vente du 21 juillet, MJV Soudant, Gerpinnes
Toujours recherchés, les grès Art déco de Charles Catteau sont rares, à l’instar de ce vase aux aigles stylisés, haut de 47 centimètres. Dès son arrivée en 1907 à La Louvière, Catteau innove au sein de ce qu’il nommait son “atelier des fantaisies”. Ses créations se feront remarquer à l’Exposition internationale des Arts décoratifs de 1925, où il obtiendra une médaille d’or pour ses céramiques. Dès lors, des musées comme le MET de New York, le Victoria & Albert de Londres ou le Museum of Fine Arts de Boston collectionneront ses créations. Les grands magasins parisiens, comme les Galeries Lafayette, le Printemps ou le Bon marché, lui commanderont de nombreuses créations. Cette reconnaissance est toujours d’actualité au vu des résultats en vente, aussi bien en Belgique qu’à l’étranger.
© Valoir - Pousse Cornet
Seconde moitié du XVIe siècle
Projet d’élévation d’un remplage gothique, encre sur parchemin
Vente du 23 juillet, Valoir – Pousse Cornet, Orléans
Quel plaisir de savoir qu’il existe encore des trésors à découvrir en vente aux enchères ! Et quelle surprise pour les vendeurs, car cette feuille était estimée (sans expertise) au prix de 600 euros ! Figurant un projet architectural gothique flamboyant, elle porte deux mentions de date : “1513”, ainsi que plusieurs annotations. Figurant soufflets, mouchettes, pinacles et gargouilles en partie haute, et croisée d’ogives sexpartites à liernes et tiercerons en partie basse, ce parchemin relève sans doute d’une provenance prestigieuse : cathédrale, château… ? Au vu des nombreux enchérisseurs et du beau résultat obtenu, nul doute que certains auront repéré le bâtiment pour lequel ce projet était destiné…
© Armor Enchères
JAR (Joël Arthur Rosenthal)
Paire de clips d’oreilles, or, tourmaline, agate
Vente du 25 juillet, Armor enchères, Perros-Guirec
Le passage d’une création du joaillier JAR est toujours un petit événement pour les spécialistes en bijoux. En effet, la maison, créée par l’Américain Joël Arthur Rosenthal au 7 de la place Vendôme en 1978, est la plus secrète et discrète de toutes les adresses de la célèbre place parisienne. Pas de vitrine, pas de service de commande ni même de marketing. L’unique moyen de s’offrir une de leurs créations est la vente aux enchères ou la recommandation. Pour s’assurer une clientèle ultra exclusive, le bijoutier ne fonctionne qu’au bouche-à-oreille : Elizabeth Taylor, Madonna ou Maryvonne Pinault figurent parmi les femmes que Rosenthal a jugées dignes de porter ses créations. Il n’était pas fait mention d’une provenance pour cette paire de clips, mais sachant que la famille Pinault est originaire des Côtes-d’Armor… l’enquête est ouverte !

© Aurora & Athena
Hector Hyppolite (1894-1948)
Paysans à la moisson, huile sur panneau
Vente du 25 juillet, Aurora & Athena, Barcelone
Largement sous-médiatisé, l’art haïtien continue pourtant de séduire les collectionneurs du monde entier. Mis en lumière par une importante rétrospective au Grand Palais à Paris en 2014 et grâce aux différents achats de musées internationaux tels que le MoMA depuis la fin des années 1940, les peintres naïfs comme Hector Hyppolite, Dewitt Peters ou Robert Saint-Brice ont vu leur cote monter régulièrement depuis le milieu du XXe siècle. Figurant scènes de marché, paysages luxuriants ou symboles vaudous, le style caribéen, joyeux et coloré, contraste fortement avec celui des contemporains européens, bien plus sombres. Cette célébration poétique de la terre et de son peuple entre en résonance avec la tendance actuelle dans les foires d’art contemporain, de plus en plus colorées, et devrait promettre de beaux jours à l’art naïf.