Bertrand Leleu
04 March 2026
© Horta
Camille Claudel (1864-1943)
La Petite Châtelaine, bronze
Vente Horta du 26 janvier, Bruxelles
C’est en 1892 que Camille Claudel commence à travailler sur ce buste de jeune fille. Il représente Madeleine Boyer, la petite-fille de la propriétaire du château de L’Islette, à Azay-le-Rideau, où Camille Claudel séjourne quelques temps aux côtes d’Auguste Rodin après une interruption de grossesse. À travers l’expression de l’intériorité du modèle, l’œuvre marque un détachement progressif de l’influence de Rodin pour se rapprocher du style des bustes reliquaires de la Renaissance alors en vogue chez les symbolistes. Après plus de 72 heures de pose (!), la petite fille sera figurée dans plusieurs versions, développées jusqu’en 1900. Présentée dans sa première version en 1893 au salon de La Libre Esthétique à Bruxelles sous le titre La Contemplation, cette sculpture connaîtra maintes modifications de coiffure et de nom : on connait ainsi les ver-sions Jeanne enfant, La Petite d’Islette, Petite folle, L’Inspirée, Petite Fille, Aurore et la plus connue, La Petite Châtelaine.
Giquello
Le XVIe siècle voit se développer un art et un artisanat religieux de luxe répondant à une clientèle très restreinte et extrêmement exigeante. Les meilleurs artistes et artisans rivalisent de spectaculaires réalisations, à l’image des micro-sculptures de dévotion réalisées en buis aux Pays-Bas. Monstrances, retables, rosaires et coffrets révèlent le talent minutieux de sculpteurs de génie. Un site canadien recense même les spécimens connus et souvent conservés dans les plus grands musées du monde. On y découvre une centaine de manches de couteaux, des diptyques ou triptyques plus exceptionnels les uns que les autres. Le tryptique proposé fin janvier à l’encan présentait les portraits de ses commanditaires, Jean Caulier et son épouse Hélène le Tailleur, et développait l’iconographie du Jugement dernier, un sujet largement apprécié des collectionneurs d’art religieux.
Elle ne manquait déjà pas de superlatifs, sa vente marquera de surcroît cette robe comme l’une des créations haute couture les plus chères jamais proposées aux enchères. Issue du talent du très controversé couturier John Galliano, elle fut présentée dans la collection Clochards (homeless) lors du défilé printemps/été 2000. Habitué des polémiques, le Britannique avait déclaré s’inspirer des sans domicile fixe pour ses créations. Provenant de l’immense collection de la femme d’affaires Mouna Ayoub, celle-ci n’aura quasi jamais été portée en dehors du catwalk de Dior. Présentée à l’hôtel Bristol de Paris, la vente, exclusivement consacrée à la maison Dior, a ameuté plus d’un millier de personnes lors de son exposition et récolté pas moins de 6 197 610 euros pour 95 lots ! De quoi reconsidérer la haute couture comme une section des arts à part entière.
RR Veilingen
À l’occasion des cinquante ans de la “marque à la pomme”, la maison de vente RR Auctions a réuni 142 lots ayant trait à l’aventure Apple et, surtout, à sa création. Des effets personnels de Steve Jobs, comme ses douze nœuds papillons, ont ainsi trouvé preneur pour plus de 113 000 dollars ! Mais ce sont bien sûr les éléments plus propres à l’histoire de la marque qui ont déchainé les passions des collectionneurs. Ainsi, le premier chèque d’Apple Computer signé par Jobs et Wozniak pour payer la conception du circuit imprimé de l’Apple-1 a été adjugé plus de 2,4 millions de dollars, légèrement en dessous de ce tout premier prototype Apple-1 en fibre de verre assemblé avant la première série produite par Byte Shop. Symbole de la genèse de l’aventure Apple, l’objet, inutilisable, est la première carte corrigée utilisée par Jobs et Wozniak pour valider la conception de l’Apple-1 avant de lancer la production commerciale.
Brede Pijl
Benetton
Formule 1 B192-05
Vente du 30 janvier, Broad Arrow Auctions, en ligne (Suisse)
Si vous additionnez un lieu mythique, Spa-Francorchamps, une marque iconique, Benetton, et un pilote hors du commun, Michael Schumacher, vous obtenez… une formule 1 à plus de 5 millions d’euros ! Passée pour la première fois sous le marteau, la légendaire Benetton B192 a fait rêver plus d’un amateur. C’est en effet avec cet engin que Schumacher remporte son premier grand prix, avant d’en gagner 90 autres et de contrer son grand rival de l’époque, Ayrton Senna. Conservée par Benetton et intégrée plus tard à la collection Renault Classic, la voiture présente un moteur moins puissant que les V10 ou V12 des leaders comme Williams ou Ferrari, mais possède un châssis très équilibré qui lui donne une excellente maniabilité. Sur piste humide, Belgique oblige, la fiabilité de la Benetton était supérieure et a permis à “Schumi” de dépasser des modèles plus rapides, à l’instar de la McLaren MP4/7A !
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