• HLCÉ

Alex Vizorek : « le suppositoire est un tube »

scèneSpectacleUccleVizorek

Bernard Roisin

12 February 2026

Consécration (?) pour Alex Vizorek qui voit son « Histoire du suppositoire qui voulait échapper à sa destinée » débarquer sur les planches sous forme de comédie musicale par le Théâtre de la Toison d’Or, mettant à l’affiche notamment les artistes Alice On The Roof et Mustii. À découvrir en première mondiale au Centre Culturel d’Uccle du 14 février au 1er mars, un spectacle pour petits et grands, une version boite à pharmacie de Toy Story, l’histoire du suppositoire… s’annonce déjà comme un événement culte qui fera date dans les annales du théâtre

Eventail.be – Cette comédie musicale, c’est une sorte de d’Émilie Jolie, version stade anal ?
Alex Vizorek – Oui, Émilie Jolie à la sauce Théâtre de la Toison d’Or : la comédie musicale comporte des chansons de création originale, d’autres qui sont des tubes qui viennent agrémenter le spectacle : le public sera content lorsqu’Alice On The Roof chantera Résiste. Aldebert a écrit une superbe chanson tout comme Alex Beaupain, que je tiens pour être un des plus grands auteurs-compositeurs français et qui n’avait pas l’habitude d’écrire des chansons comiques. Et tout cela au départ en vue d’amadouer les petits pour leur mettre le suppositoire… (rires). C’est la première fois que je confie mon travail : quand Nathalie Uffner m’a approché afin de faire de ce livre pour enfants une comédie musicale, j’ai failli tombé de ma chaise. Il n’y a vraiment qu’un théâtre belge pour me proposer des projets de genre ! Je lui ai donné l’autorisation et le droit de le faire, parce que personne d’autre ne me le demandera (rires). J’ai ajouté quelques vannes et idées avec ma coautrice, Caroline Allan : nous avons étiré certains dialogues, modifié quelque peu les pavés de narration en prose pour en faire des répliques sans changer l’histoire ou la morale. Mais la metteuse en scène nous a inclus puisque ma coautrice a assisté aux répétitions. Je trouve cela formidable qu’un autre artiste s’empare de mon travail. Normalement, s’il l’a aimé, il va le sublimer et faire ressortir des aspects que je n’avais pas envisagés. J’aime le travail de Nathalie Uffner, qui met constamment en scène des personnages exubérants et fait appel à une costumière très talentueuse, qui s’échine à faire des costumes de suppositoire pour les acteurs.

– Le sujet n’est pas banal…
Tout cela est fascinant, parce que au départ cela partait d’une grande blague. Mais, très vite, j’ai compris que c’était drôle et que le propos amusait les gens de tous âges. Raison pour laquelle que je suis allé voir un éditeur avec les dessins de Karo Pauwels. Et comme ce sont les adultes qui vont acheter les livres pour enfants, autant les faire d’abord rigoler ! Nous avons connu, ma coautrice, la dessinatrice et moi-même, un succès inimaginable. Plus de 100 000 exemplaires pour les trois volumes sortis et publiés chez Michel Lafon… Tout en étant très contents que le premier sorte ! Elsa Lafon m’a demandé d’en imaginer un deuxième. Donc nous en avons fait un sur la Lune, et ensuite avec le Père Noël. Mais lorsque Nathalie m’a appelé pour en faire une comédie musicale, je me suis demandé où cela allait s’arrêter ? Imaginez que l’on ne retienne plus tard de moi que le suppositoire ? (rires)

– Oui, il restera dans vos annales, ce suppositoire qui est vraiment un tube….
En effet ! (rires)

– Le fait d’avoir récité l’histoire du soldat de Stravinsky dans le cadre de “La musique à portée des enfants” par exemple vous a-t-il donné l’envie d’écrire des histoires pour eux ?
Oui. Le fait d’avoir interprété Pierre et le Loup et le Carnaval des Animaux me légitimait quelque peu : j’ai compris ce qu’était le public enfants et surtout les adultes qui les accompagnaient. Je ne suis pas papa, mais tonton ; j’adore aller voir des spectacles avec mes neveux et leur en donner le goût, mais… sans m’emmerder. Raison pour laquelle, dans Pierre et le loup ou dans Le carnaval des animaux, je glissais quelques blagues pour les adultes que les enfants ne comprenaient pas. Cela a toujours été ma marque de fabrique, et en écrivant ce livre, je me suis dit il fallait que ce soit pareil : que cela amuse l’adulte, qu’il rigole le premier.

-C’est tour même étonnant que vous voir écrire un récit pour enfants vous qui…
En effet, je suis pédophobe… Mais c’est pour rire, hein? Je n’ai jamais noyé un enfant ! (se marre) Je m’intéresse à la parentalité comme je m’intéresse à l’espace : à priori, je n’irais pas, mais j’aime bien avoir des retours d’expérience. (rires)

– Et tant qu’auteur, vous n’êtes pas intervenu dans la distribution? 
J’étais présent à la première lecture, parce que je voulais entendre le texte lu : j’ai pris des notes et il y a des moments où je me suis dit « ah tiens, là je m’ennuie, ou tiens, ceci on peut l’étirer parce que les comédiens sont drôles ». À les entendant lire, je me suis dit que nous allions gagner quelques rires de-ci de-là…

– Vous pensez que L’histoire du suppositoire pourrait être transposée en film ?
– J’aurai trouvé plus logique que (Vincent) Patar et (Stéphane) Aubier, auteurs de Panique au village, m’appellent. Je m’attendais davantage à un film d’animation plutôt qu’à une d’incarnation sur scène, et surtout pas à voir un suppôt en train de chanter. Je le voyais potentiellement comme un joli dessin animé, sauf que… Comme les dessins animés ont une économie mondiale, que les Anglo-saxons sont terrorisés par l’idée d’un médicament qui rentre par le derrière et qu’ils sont très fermés à l’idée des suppositoires en tant que médicaments, le livre a été traduit en plusieurs langues, mais pas en anglais. J’ai notamment chez moi la version italienne : La merveillosa storia de la Supposta… De tout temps, l’anal a fasciné. (rires)

© DR

– L’histoire du suppositoire, cela reste d’ailleurs au départ une blague de “cul”…
Certes, mais il fallait quand même l’emmener vers les enfants sans entrer dans le domaine scatologique… Mon exemple et mon idole, c’est un conte pour enfants allemand : De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête…. J’ai ri comme un bossu quand je l’ai lu à 30 ans cette histoire de vengeance : cela parlait de caca, et en même temps le dessin il était mignon. Et comme j’avais cette idée de suppositoire, j’ai demandé à Karo Pauwels avec qui j’avais collaboré sur les spectacles de Pierre et le loup d’en réaliser les dessins, car son style est très enfantin et doux. Et cela correspondait bien à l’esprit décalé, entre le propos et la poésie dans le dessin, que je souhaitais créer.

– À Paris, soutenez-vous des collègues belges, comédiens qui débarquent ?
Je n’ai jamais eu l’esprit de diaspora. J’ai tout fait pour m’intégrer en France : je suis un exemple. Le Rassemblement National pourrait me mettre sur les affiches… bien que cela me poserait problème et que je le vivrais très moyennement. (rires) J’ai volontairement un peu perdu mon accent afin de ne pas être jugé sur les trois premiers mots qui sortaient de ma bouche. Mais j’ai toujours revendiqué le fait d’être belge. Je suis belge en France, ce qui ne me paraît pas être un problème. Il y a d’ailleurs énormément de comédiens belges à Paris, jusqu’à la Comédie française : le jeune Julien Grison, Françoise Gillard notamment…. Et le doyen des comédiens du Français est aussi belge : Thierry Hancisse ! Lorsqu’on nous nous croisons entre Belges, on parle de notre friterie préférée à Bruxelles mais lorsque des personnes m’écrivent « je suis belge à Paris, pouvez m’aider », dans ma tête, je me dis : il n’y a pas de raison que je l’aide plus qu’un autre humoriste qui serait débutant à Paris et qui aurait plus de talent. En revanche, j’ai une affection particulière quand on discute de la vie, parce qu’il y a une façon de vivre belge, une légèreté, une approche de l’existence. Par exemple, j’ai croisé un jour l’artiste plasticien Wim Delvoye à qui j’ai dit: “Bonjour Monsieur, je suis humoriste...” Il m’a répondu ”moi aussi, mais j’ai moins bien réussi que vous.(rires)

L’histoire du suppositoire qui voulait échapper à sa destinée, du 14 février au 1er mars, au Centre Culturel d’Uccle. Réservations:
02/510.05.10 | www.ttotheatre.be

Photo de couverture : © Gilles Coulon

Big Meals : après la mode des sharing plates, Christophe Hardiquest réinvente la cuisine à partager

Gastronomie & Oenologie

Au Petit Bon Bon, installée dans l’écrin du Corinthia Grand Hotel Astoria, Christophe Hardiquest, chef étoilé chez Menssa, lance les Big Meals : un concept qui oppose à l’émiettement des sharing plates la générosité d’une cocotte fumante posée au centre de la table. En partenariat avec Le Creuset, cette initiative renoue avec les racines même du repas partagé. Un retour aux sources qui conjugue la mémoire familiale commune et le savoir-faire gastronomique d’un des plus grands chefs de la capitale.

Extra informatie

Spectacle

L’histoire du suppositoire qui voulait échapper à sa destinée, d’Alex Vizorek, mis en scène par Nathalie Uffner, avec Emmanuel Dell’Erba, Julie Duroisin, Jérôme Louis, Mustii et Alice on the Roof

Dates

Du 14 février au 1er mars

Adresse

Centre Culturel d’Uccle (CCU)
Rue Rouge, 47
1180 Uccle

Billeterie

Advertentie

Alle artikels

Advertentie

Alle artikels