Christophe Vachaudez
15 April 2026
Point de départ de tout circuit découverte, La Valette et ses trésors se découvrent au fil des rues aux façades dorées. La co-cathédrale Saint-Jean réserve le plus incroyable des spectacles. Derrière sa sobre façade, un plafond en berceau savamment peint couronne une nef à la décoration profuse : des chapelles au programme sculpté et stuqué vertigineux et un sol tapissé de tombes illustres, chef-d’œuvre de la cosmatesque baroque. Point d’orgue de la visite, La Décollation de saint Jean-Baptiste par Le Caravage (1608) témoigne du séjour de l’artiste sur l’île. Non loin, le Palais magistral (ou des Grands Maîtres) déploie ses somptueux salons et ses innombrables objets d’art, dont une série de tapisseries unique au monde. Troisième plus ancien d’Europe, le théâtre Manoel, un bijou du XVIIIe siècle, compte parmi les innombrables lieux d’intérêt de la capitale, au même titre que le MUŻA, nouveau musée des Beaux-Arts.
Classique mais prestigieux, l’hôtel The Phoenicia a vu le jour en 1939. Son style Art déco intemporel, ses suites luxueuses, ses jardins et sa piscine panoramique ont de quoi combler les plus blasés. Le glamour et la décoration soignée de la Casa Ellul, au cœur du bâti ancien, séduira les amateurs de boutiques-hôtels qui rêveront de séjourner à l’Iniala Harbour House. L’établissement a investi des maisons anciennes et jouit d’une vue exceptionnelle sur le port et les fortifications de Birgu, autre destination incontournable. En effet, outre des points de vue uniques sur La Valette, l’ancienne Citta Vittoriosa conserve un important patrimoine hérité de l’époque qui vit les chevaliers en faire leur première capitale. Des auberges associées à l’Auvergne, à la Provence ou à l’Angleterre rythment les ruelles que l’on parcourt en karrozin, un petit fiacre décapotable très populaire sur l’île. Elles mènent à l’austère Palais de l’Inquisiteur ou descendent lentement jusqu’au port dont les quais suivent l’ancienne boulangerie royale de la marine britannique devenue le Musée maritime.
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Ancien quartier de la Royal Navy, le Fort Saint-Ange surveille l’eau céruléenne où mouillent quelques dghajsas. Ces gondoles maltaises emmènent les curieux à l’assaut du complexe fortifié qui occupe les languettes de terre s’avançant vers le flanc méridional de La Valette. Plus au sud, le village bien connu de Marsaxlokk invite à la dégustation de poissons et crustacés en terrasse. Protégé au fond d’une anse, le port de pêche accueille yachts de luxe et quantité de luzzus, petites embarcations traditionnelles aux tons vifs et à la proue dotée de deux yeux protecteurs.
En suivant la côte vers l’ouest, on rejoint la Grotte bleue, là où la mer s’enfonce de quarante mètres dans la roche, une anfractuosité qui fait face à l’île protégée de Filfla, le refuge du lézard “à trois queues” (selon la légende). La vue plongeante sur le rocher perdu est tout aussi spectaculaire du haut du temple de Hagar Qim, un site préhistorique unique au monde dont la blancheur des blocs cyclopéens a comme toile de fond les flots bleutés de la Méditerranée. À l’horizon, côté terre ferme, le dôme baroque de l’église Saint-Nicolas domine Siggiewi d’où l’on peut prendre la route menant à la vallée du cochon dont les pierres géantes guident les promeneurs en quête des falaises de Dingli, le point culminant de l’île. Pourtant peu éloignée de la civilisation, cette partie de Malte a des airs de bout du monde. Au loin, le palais de Verdala, résidence d’été des présidents maltais, surplombe les jardins de Buskett, paradis où croissent chênes, cyprès, citronniers et orangers.
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Datant de 3000 av. J.-C., le temple Hagar Qim est construit en pierre calcaire.
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Luzzus colorés aux yeux protecteurs veillant sur l’horizon.
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Traversons maintenant le chenal où l’on pêche grondins, rascasses et mérous pour rallier l’île sœur de Gozo, véritable éden nature. On frôle le lagon bleu de Comino avant d’apercevoir Mgarr et son fort Chambray reconverti en domaine touristique. L’antique Ogygie où Calypso retint Ulysse prisonnier dans une grotte proche de Ramla est couverte d’acacias, d’hibiscus, d’eucalyptus, d’oliviers, de caroubiers, d’oléandres et de bougainvillées. Des murets, dont certains datent de l’époque arabe, délimitent les champs plantés de figuiers de Barbarie. Au centre de l’île, l’ancienne Victoria se blottit au pied de son impérieuse citadelle. Mais la mer, les criques et les longues plages demeurent des attraits majeurs de Gozo, base idéale pour vacanciers en mal de détente ou pour sportifs de tout poil.
Parmi les sites emblématiques de Gozo, on ne ratera sous aucun prétexte la baie sablonneuse de Ramla, les marais salants de Xwejni ou la baie isolée de Dwejra dont le seul accès à la mer n’est autre qu’une anfractuosité dans la falaise. Le canyon de Ghasri, une gorge spectaculaire longue de 300 mètres, invite baigneurs et plongeurs dans ses eaux cristallines riches en pieuvres et hippocampes, l’occasion de découvrir la grotte Cathedral Cave. Les alentours, tapissés de bruyères et de fenouil sauvage, se prêtent aux marches vivifiantes. Plus au sud, près de la plage de Xlendi, le Cesca’s Boutique Hotel bénéficie d’un cadre unique, en pleine nature. Idéal pour se ressourcer et visiter Gozo la méconnue, une destination de choix au cœur de la Méditerranée !
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