Rédaction
29 June 2026
Longtemps, le dernier étage du Musée des Instruments de Musique a compté parmi les belvédères les plus courus de Bruxelles. Son restaurant, sa terrasse et sa vue plongeante sur le centre historique en faisaient un rendez-vous prisé, bien au-delà du cercle des seuls mélomanes. L’espace est aujourd’hui fermé, le temps d’un chantier qui doit lui rendre son lustre. Le 15 juin 2026, la Régie des Bâtiments a obtenu le permis d’urbanisme indispensable à la rénovation de la toiture, première étape d’un projet dont l’aboutissement est fixé à 2028.
© DR/Shutterstock.com
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Le MIM occupe l’ancien grand magasin Old England, signé Paul Saintenoy en 1899 et considéré comme l’un des plus beaux fleurons Art nouveau de la capitale. Façade en fonte et fer forgé, verrières, frises en faïence : l’édifice, classé monument protégé, forme avec l’hôtel néoclassique de Spangen, dû à Barnabé Guimard, et une aile plus récente rue Villa Hermosa, un quadrilatère d’environ 31 mètres sur 47. Acquis par l’État en 1978 puis longuement réaménagé, le bâtiment a ouvert ses portes au public en 2000. Le musée, rattaché aux Musées royaux d’Art et d’Histoire, y conserve une collection de réputation mondiale de plus de 8.000 instruments, dont quelque 1.200 exposés. De son sommet, le regard embrasse la Grand-Place, le Palais royal et la tour de l’Hôtel de Ville, l’un des plus beaux panoramas du Mont des Arts.
Le restaurant du dernier étage, exploité par le groupe Restauration Nouvelle, a baissé le rideau. À ce jour, aucun nouvel exploitant n’a pris le relais : le site officiel du musée signale simplement que la table panoramique est fermée pour cause de travaux. La raison se situe sur le toit. Toiture plate, menuiseries et vitrages du sixième étage souffrent d’une étanchéité fortement dégradée, d’infiltrations et d’une isolation devenue insuffisante. Autant de désordres qui compliquaient l’exploitation et appelaient une intervention en profondeur.
L'ancienne salle du restaurant © DR/Shutterstock.com
Propriété de l’État belge, le complexe est géré par la Régie des Bâtiments pour le bâti et occupé par le MIM. C’est donc la Régie qui finance, sur budget fédéral, la remise aux normes de la toiture. Le permis délivré le 15 juin 2026 autorise la rénovation des toitures plates et des menuiseries en bois, le remplacement des vitrages et une remise en peinture à l’identique. Les façades qui bordent la place Royale étant protégées, les travaux se dérouleront sans modifier l’aspect extérieur et resteront invisibles depuis l’espace public. La suite du calendrier passe par la publication du marché public courant 2026, avant une désignation de l’entrepreneur et des travaux programmés dès le printemps 2027, hors période hivernale.
Bruxelles la nuit/ Brussel sÕnachts Mont des Arts et MIM/Kunstberg en instrumentenmuseum PICTURE NOT INCLUDED IN THE CONTRACT
L’objectif est désormais posé : ouvrir, dans le courant de 2028, une brasserie dans l’espace horeca du rooftop, avec accès à la grande terrasse et à la vue sur la ville. Déjà partiellement aménagé pour cette fonction, le lieu attend surtout que l’étanchéité et l’isolation soient reprises afin de garantir une exploitation durable et confortable. Comme pour le restaurant précédent, la gestion reposera sur une concession accordée à un opérateur privé. Une inconnue demeure : on ignore encore si l’enseigne historique sera reconduite ou si un nouvel acteur sera retenu au terme de l’appel d’offres.
Le projet dépasse le seul cadre du musée. Depuis quelques années, la capitale redécouvre ses toits et les institutions culturelles s’affirment comme des lieux de vie à part entière, entre concerts, brunchs et afterworks. En misant sur son rooftop, le MIM ne se cantonne plus à son statut de musée de niche : il revendique une place parmi les adresses urbaines qui comptent. À sa réouverture, sa terrasse Art nouveau devrait retrouver sans peine les classements des plus beaux toits de la capitale.