• HLCÉ

Exigeons un renouveau moral et politique

Bruno ColmantEuropeRetour vers le futurSociété

Bruno Colmant

09 December 2023

Face aux menaces écologiques et aux guerres qui se déploient, il ne faudrait pas devoir écrire, comme dans le traité moral de Charles de Gaulle le fil de l’épée, publié en 1932, que « toute l’espérance du siècle est dévorée ». C’est peut-être le moment de redresser la tête vers l’horizon des temps nouveaux et de constater l’univers moderne qui s’érige devant nous sans qu’on ait pressenti ni conjuré.

Dans cette tentative de rallumer la lumière de l’avenir, où seront les sentinelles de l’histoire ? Quelle sera la violence du prochain choc que certaines vigies, précocement au pied du mur, entreverront ? Seront-elles entendues dans la cohue générale ? Et sommes-nous encore capables de les entendre ? Certes, le capitalisme semble avoir comme secret de concentrer la violence des hommes sur la monnaie. Sa ruse est de récupérer, au travers d’une promesse d’enrichissement individuel, la brutalité collective qu’il suscite. Mais est-ce certain et pérenne ?

La prospérité des générations suivantes en est incertaine. Plus, même : le continent est triste, comme si la légèreté aérienne et insouciante dans lequel il flottait s’affaissait. Profitant de l’aubaine de quelques années de mondialisation heureuse, il croyait échapper à la confrontation avec l’économie de marché, mais c’est raté. Ou plutôt, c’est trop tard. L’Europe espérait aborder la mondialisation en oblique : elle aura percuté l’économie de marché de manière frontale. Et puis, aussi, le continent est fatigué. Découragé de son immobilisme d’après-guerre, désespéré de son éloignement des Trente Glorieuses et amer de ses déchirements internes.

Dans ce cadre, d’aucuns diraient que l’Europe commence à se détester, un peu comme ces violences dont on afflige autrui lorsque ses propres côtés sombres sont révélés. Bien évidemment, la crise ne saurait durer qu’un temps. Si l’économie chancelle sur des fondements ébranlés, l’équilibre cyclique des choses générera de nouvelles disciplines. Mais, dans l’entre-temps, le danger serait de banaliser l’attentisme. Or, en termes sociologiques, l’Europe manque de confiance. Elle oscille entre l’attachement à des traditions industrielles disparues et des besoins de transformations radicales. Elle espère une alchimie providentielle et miraculeuse, mais cela ne correspond à aucun projet.

Ne serait-il pas temps que des voix politiques s’élèvent pour formuler ou restaurer des valeurs morales qui guideraient la gestion de nos pays ? Partout, en Europe, des rémanences des temps odieux sont rappelées. Mais savent-ils, tous ceux qui adhèrent en toute bonhomie à des idées répressives que chaque homme commence l’humanité et que chaque homme la termine, comme le disait Albert Camus ? Savent-ils que la liberté et la tolérance sont des combats ? Savent-ils que, pendant des milliers d’années, des hommes ont relevé la tête plutôt que des fusils, des bras et des mentons ?

À moins que l’exclusion et l’ostracisme soient des choix démocratiquement partagés et que la pensée choisisse d’être enlisée, la question se pose de savoir ce que nous souhaitons aujourd’hui. Une communauté d’ouverture dans l’intelligence de la justice et de la sécurité ? Ou une société apeurée qui fragmente les classes sociales, les attachements territoriaux et les affinités linguistiques et culturelles ? J’ai la conviction que les individualismes doivent être rassemblés dans un projet collectif articulé par un État au service de la bienveillance sociale, résolument tourné vers la prévalence du bien-être harmonieux des générations futures.
Des défis sociétaux d’une envergure tectonique nous attendent. Nous avons, en grande partie, échoué à intégrer des populations immigrées ou de confessions religieuses différentes, alors que des vagues de migrations successives, d’origine politique, économique, climatique, alimentaire ou hydraulique, sans compter la pression démographique, sont certaines. Quelle sera l’envie du futur, alors qu’un torrent de défis sociétaux va déferler avec une singulière convergence de leurs paroxysmes dans moins de dix ans ? C’est endéans cet horizon que l’État doit resserrer sa vision stratégique : les défis sociétaux dépassent de loin tout ce qui a dû être traversé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Memlinc Palace à Knokke-Heist : un chantier de reconversion à l'arrêt

Patrimoine

Institution de la côte belge depuis 1923, le Memlinc Palace a fermé ses portes en 2025 après cent deux ans d’histoire familiale. Vendu à un promoteur gantois pour être transformé en résidences de luxe, le bâtiment classé fait l’objet d’un arrêt de chantier après des démolitions non autorisées. Un dossier qui cristallise les tensions entre patrimoine et spéculation immobilière.

Gala au musée de l’Afrique

Vie mondaine

Le 5 février dernier, un dîner de gala de soutien au média 21News a réuni plus de 320 invités venus du Nord comme du Sud du pays. Lancé il y a un peu plus d’un an, ce média digital consacré à l’actualité économique et politique vient d’inaugurer une version néerlandophone afin de proposer une plateforme bilingue. La soirée a été ponctuée d’interventions, notamment de la ministre flamande des Médias, Cieltje Van Achter, du président du MR Georges-Louis Bouchez et de Louis Sarkozy. © Gauthier Sepulchre

05/02/2026

Advertentie

Golf Against Trafficking 2026 : la Samilia Fun Cup & Garden Party s'invite au Royal Golf Club du Hainaut

Vie Associative

Le vendredi 29 mai 2026, l’ASBL Samilia convie golfeurs et sympathisants à la sixième édition de son tournoi caritatif annuel, Golf Against Trafficking. Organisé à l’invitation du Prince Guillaume de Croÿ sur les parcours du Royal Golf Club du Hainaut, l’événement conjugue compétition sportive et mobilisation contre la traite des êtres humains. La soirée se prolongera au Domaine du Chant d’Éole, pour une Garden Party placée sous le signe de la gastronomie et des vins effervescents hennuyers.

Alle artikels