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Un merveilleux cadeau qui fête 50 ans d’engagement !

Fondation Roi BaudouinInterviewSociétéVie Associative

Viviane Eeman

24 August 2026

Dans “un monde aussi complexe que le temps des monstres” – comme l’appelait Gramsci – on pourrait perdre espoir. Mais de nombreuses personnes travaillent à une société meilleure, et leur engagement, leurs idées et leur détermination ont des effets remarquables, rappelle Brieuc Van Damme, CEO de la Fondation Roi Baudouin. Rencontre.

L’Éventail – Pouvez-vous rappeler en quelques mots quelles sont les missions de la Fondation Roi Baudouin ?

Brieuc Van Damme – Nous avons une double mission. D’une part, créer des changements positifs dans la société, avec une attention toute particulière aux plus démunis, aux causes perdues et aux personnes oubliées. Deuxièmement, promouvoir la générosité et la philanthropie. Conseiller et accompagner les particuliers et les entreprises qui souhaitent mettre des moyens privés au service de l’intérêt général. Pour cela, nous avons conçu une plateforme philanthropique active dans presque tous les domaines de l’intérêt général. Celle-ci est structurée autour de six programmes : justice sociale & pauvreté, climat, santé, démocratie, éducation et talents, patrimoine & culture.

HR qualité print et social media Portraits BVD au BELvue réalisés par Jo Exelmans (TVN)

– Que peut-on retenir de l’impact de la Fondation en cinquante années d’existence ?

Je la vois vraiment comme un laboratoire d’innovations sociétales, avec une capacité unique de rassembler le nord et le sud du pays, la gauche et la droite, le Belge et l’Européen. C’est l’une des seules plateformes existantes où autant d’experts avec des conditions, des vécus et des sensibilités différentes se retrouvent, toujours avec bienveillance, pour essayer de trouver des solutions communes aux grands défis de notre temps.

– Quelques initiatives marquantes ?

Nous éditerons justement un livre, cet automne, avec cinquante histoires emblématiques. Certaines sont largement connues du grand public, qui ne sait pas toujours que la Fondation est l’une des forces derrière ces initiatives. Je pense à Child Focus, créé suite aux marches blanches ; aux Titres-Services, un instrument très utilisé ; aux Journées du Patrimoine ; à Tubbe, un modèle de gestion participative des maisons de repos et de soins inspiré de la Suède ; à l’Observatoire wallon du sans-abrisme, qui a vu le jour à la suite des dénombrements organisés par la Fondation. Les exemples sont nombreux et très diversifiés.

– Quel est le rôle de la Fondation dans le développement d’une philanthropie accessible en Belgique et à l’international ?

Nous voulons être alignés avec les préoccupations du moment et de toute la population. Notre modèle, assez unique, permet la création de petites fondations à partir de 75 000 euros. Toutes les expériences et idées des philanthropes sont pour nous une source d’inspiration et d’innovation incroyables. Aujourd’hui, nous gérons plus de 1700 Fonds et nous disposerons encore d’un nombre identique lorsqu’ils seront activés par testament. Chacun des Fonds a toujours une gouvernance tripartite, à savoir le fondateur ou son représentant, la Fondation et un ou plusieurs experts indépendants, afin d’orienter les décisions vers les domaines les plus impactants dans leur projet. Ce qui veut dire que chaque année, nous travaillons avec plus de 4300 membres de comité et de jury bénévoles !

– Quel est le rôle de la Fondation dans le développement d’une philanthropie accessible en Belgique et à l’international ? – Nous voulons être alignés avec les préoccupations du moment et de toute la population. Notre modèle, assez unique, permet la création de petites fondations à partir de 75 000 euros. Toutes les expériences et idées des philanthropes sont pour nous une source d’inspiration et d’innovation incroyables. Aujourd’hui, nous gérons plus de 1700 Fonds et nous disposerons encore d’un nombre identique lorsqu’ils seront activés par testament. Chacun des Fonds a toujours une gouvernance tripartite, à savoir le fondateur ou son représentant, la Fondation et un ou plusieurs experts indépendants, afin d’orienter les décisions vers les domaines les plus impactants dans leur projet. Ce qui veut dire que chaque année, nous travaillons avec plus de 4300 membres de comité et de jury bénévoles ! – Quelles sont les évolutions du secteur, notamment avec l’émergence de nouveaux profils de philanthrope ? – Je vois du très bon et je vois des risques. Du très bon, parce que la philanthropie est de moins en moins réservée aux personnes plus âgées, ou activée par testament. De plus en plus de gens veulent s’investir de leur vivant et impliquent souvent les générations suivantes dans leur projet. Je pense à Louis Jonckheere, un investisseur de la tech, CEO de Winter Circus à Gand, qui a réinvesti une partie de ses gains dans un écosystème gantois. La ville est devenue l’une des plus dynamiques de toute l’Europe dans ce secteur. Ce nouveau type de philanthropie est très important et illustre le fait qu’il y a plus d’exigences et une volonté d’inscrire les financements dans la continuité. En revanche, et c’est là où il y a des risques, on voit aussi des gens extrêmement fortunés qui instrumentalisent la philanthropie pour pousser un agenda idéologique. Ce n’est pas encore le cas en Belgique, mais on l’a vu avec Project 2025 de Heritage Foundation, qui a façonné le programme du gouvernement Trump. – Quels sont les défis et les priorités pour l’avenir ? – Le défi, c’est d’être toujours là, mais nous avons tous les atouts en main : une réputation impeccable, un capital important, un réseau de personnes sur lesquelles on peut compter. Fin 2026, nous lancerons une nouvelle vision stratégique pour les dix prochaines années, parce que le temps long est ce qui nous distingue des autres secteurs sociétaux. Le cœur du projet repose sur les relations qui façonnent le monde aujourd’hui : la relation entre l’humain et la machine ; entre l’humain et la nature ; entre l’humain et les institutions ; et celle d’humain à humain. Nous allons notamment rassembler tous les Fonds de la Fondation qui travaillent sur la cohésion sociale au niveau des quartiers. Deuxième axe d’activité, l’impact de l’IA sur nos sociétés et la façon dont elle peut être utilisée intelligemment. Troisième cap, celui de la nourriture, qui est un vecteur très important de développement pour les enfants. Quatrièmement, nous chercherons à réunir les forces vives de la société civile pour réfléchir ensemble à un nouveau projet européen, plus aligné avec les préoccupations des populations – aujourd’hui, l’Europe apparaît trop sur la défensive ; or, nous avons besoin qu’elle soit basée sur des valeurs fortes qui nous protègent des excès du capitalisme et des dérives autoritaires. Comme vous le voyez, à la Fondation Roi Baudouin, nous sommes dans une bulle de positivité, d’espoir et de conviction que demain sera meilleur qu’aujourd’hui. ©

Ateliers de danse pour personnes âgées organisés par le Groupe santé CHC et la Mosa Ballet School dans des maisons de repos et de soins à Liège, soutenus par le Fonds Houillogne-Hanne, géré par la Fondation Roi Baudouin. © Valentin Bianchi

– Quelles sont les évolutions du secteur, notamment avec l’émergence de nouveaux profils de philanthrope ?

Je vois du très bon et je vois des risques. Du très bon, parce que la philanthropie est de moins en moins réservée aux personnes plus âgées, ou activée par testament. De plus en plus de gens veulent s’investir de leur vivant et impliquent souvent les générations suivantes dans leur projet. Je pense à Louis Jonckheere, un investisseur de la tech, CEO de Winter Circus à Gand, qui a réinvesti une partie de ses gains dans un écosystème gantois. La ville est devenue l’une des plus dynamiques de toute l’Europe dans ce secteur. Ce nouveau type de philanthropie est très important et illustre le fait qu’il y a plus d’exigences et une volonté d’inscrire les financements dans la continuité. En revanche, et c’est là où il y a des risques, on voit aussi des gens extrêmement fortunés qui instrumentalisent la philanthropie pour pousser un agenda idéologique. Ce n’est pas encore le cas en Belgique, mais on l’a vu avec Project 2025 de Heritage Foundation, qui a façonné le programme du gouvernement Trump.

– Quels sont les défis et les priorités pour l’avenir ?

Le défi, c’est d’être toujours là, mais nous avons tous les atouts en main : une réputation impeccable, un capital important, un réseau de personnes sur lesquelles on peut compter. Fin 2026, nous lancerons une nouvelle vision stratégique pour les dix prochaines années, parce que le temps long est ce qui nous distingue des autres secteurs sociétaux. Le cœur du projet repose sur les relations qui façonnent le monde aujourd’hui : la relation entre l’humain et la machine ; entre l’humain et la nature ; entre l’humain et les institutions ; et celle d’humain à humain. Nous allons notamment rassembler tous les Fonds de la Fondation qui travaillent sur la cohésion sociale au niveau des quartiers. Deuxième axe d’activité, l’impact de l’IA sur nos sociétés et la façon dont elle peut être utilisée intelligemment. Troisième cap, celui de la nourriture, qui est un vecteur très important de développement pour les enfants. Quatrièmement, nous chercherons à réunir les forces vives de la société civile pour réfléchir ensemble à un nouveau projet européen, plus aligné avec les préoccupations des populations – aujourd’hui, l’Europe apparaît trop sur la défensive ; or, nous avons besoin qu’elle soit basée sur des valeurs fortes qui nous protègent des excès du capitalisme et des dérives autoritaires. Comme vous le voyez, à la Fondation Roi Baudouin, nous sommes dans une bulle de positivité, d’espoir et de conviction que demain sera meilleur qu’aujourd’hui.

Photo de couverture : L’organisation zimbabwéenne Friendship Bench Global a reçu le Prix Afrique 2026 (doté de 200 000 euros) pour son approche communautaire innovante de la santé mentale. © Bart Dewaele

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