Janvier-Février 2025
L'art en majesté à la BRAFA
Camille Misson de Saint-Gilles
L’art comme boussole
À L’Éventail, les débuts d’année ont une saveur particulière: ils s’ouvrent avec notre numéro de janvier-février, dédié à l’Art avec une majuscule. Historienne de l’art, formée aux primitifs flamands et à la Renaissance italienne, ayant pourtant débuté ma carrière dans les sphères de l’art moderne et contemporain chez Gagosian et Tornabuoni à Paris, je savoure la pluralité qu’offre Bruxelles. Peu de villes parviennent à conjuguer avec autant d’aisance les temporalités et les sensibilités, tout en gardant un cap d’excellence sans jamais se perdre. BRAFA, Civilisations, Ceramic Brussels, Affordable Art Fair, Brussels Photo Festival… En quelques jours seulement, les disciplines, les cultures et les millénaires s’entrecroisent, dialoguent, se répondent.
Il faut rappeler que l’art, qu’on l’aime passionnément ou qu’il nous déroute, demeure avant tout un vecteur de mœurs, de cultures et de messages. Il nous raconte d’où nous venons, ce que nous avons tenté, ce que nous avons réussi… et parfois ce qu’il serait bon de ne plus jamais refaire. “Si ce n’est pour la culture, pourquoi nous battons-nous alors ?”, interrogeait Winston Churchill. Cette question résonne d’autant plus fort aujourd’hui que Bruxelles voit s’éteindre certaines de ses lumières culturelles: la fermeture du MIMA début 2025, musée pionnier dans l’art actuel et les esthétiques urbaines, et l’annonce de la fermeture de La Centrale for Contemporary Art prévue le 22 février prochain (voir en page 79). Deux lieux emblématiques où s’expérimentaient, se rêvaient et se discutaient les formes du monde.
Ces disparitions nous rappellent que la culture n’est jamais acquise, qu’elle demande un engagement, une vigilance, une volonté collective de la préserver et de la transmettre. L’art est un espace de questionnement et de respiration, un lieu où l’on peut se confronter, s’émouvoir, se former et parfois se transformer. Il façonne notre regard sur le présent, éclaire le passé et ouvre des portes vers l’avenir. S’en priver, ou l’affaiblir, reviendrait à renoncer à une part essentielle de ce qui nous relie les uns aux autres.
À ce numéro dédié à l’art s’ajoute, enfin, notre traditionnel dossier mariage qui offre un aperçu des possibilités infinies qu’imaginent, année après année, les planners, couturiers, artisans, agences de voyages et créateurs. Une parenthèse enchantée, entre rêverie et inspiration.
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