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Matisse comme un roman

  • Rédigé par Rédaction
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Henri Matisse, Porte-fenêtre à Collioure (Fenêtre ouverte ;  Le Balcon ouvert), 1983, huile sur toile. Henri Matisse, Porte-fenêtre à Collioure (Fenêtre ouverte ; Le Balcon ouvert), 1983, huile sur toile. © DR

À l'occasion du 150e anniversaire de la naissance d'Henri Matisse (1869-1954), le Centre Pompidou rend hommage au "peintre du bonheur" au travers d'une exposition de grande envergure réunissant, autour des pièces maîtresses du musée national d'Art moderne, celles des musées Matisse du Cateau-Cambrésis (ville natale de l'artiste) et de Nice, ainsi que de prêts internationaux d'importance.

"Matisse, peintre du bonheur : c'est l'une des légendes les plus vraies qui soit", lançait, non sans malice, Aurélie Verdier, commissaire de l'exposition, lors de son inauguration le 20 octobre dernier. Et d'ajouter : son but a toujours été de "donner la joie". Cette joie, dont il a fait profession avec l'une de ses toiles les plus iconiques, La Joie de vivre ou Le Bonheur de vivre (1905-1906), ne la voit-on pas, en effet, se répandre dans tout son œuvre ? Depuis l'explosion des couleurs de la période fauve jusqu'aux derniers grands papiers gouachés, découpés et marouflés sur toile – dont le très célèbre Roi triste (réalisé en 1952) qui clôt l'exposition. Rien de moins triste, en effet, que cette Tristesse du roi : un roi aux allures de Barbapapa grattant une guitare sous une pluie de feuilles jaunes dansant sur une partition abstraite aux couleurs vives découpant géométriquement le fond de la toile...

"Ce qui est beau est une joie en toute saison, une jouissance éternelle." Cet aphorisme d'Oscar Wilde va si bien à la peinture de Matisse qu'on pourrait croire qu'elle en est une illustration... Chez ce chantre de la volupté et de l'éblouissement, la joie s'affiche "en toute saison" : depuis les frémissements des petits formats traditionnels des débuts jusqu'aux derniers panneaux décoratifs monumentaux, de son "livre-fleur", Jazz (1943-1946) ou de ses grands Nu bleu composés en gouaches découpées à l'"orchestre de couleurs" des vitraux de la chapelle de Vence réalisés à près de quatre-vingts ans, en passant par son $Intérieur aux aubergines$ "outrageusement décoratives" (Dominique Fourcade, $sic$), à ses dernières peintures de chevalet, dont l'extraordinaire Blouse romaine (1940) "haussant le ton de la surface picturale jusqu'à le porter à son point extrême d'incandescence".


Si l'intensité des couleurs, y compris du noir, que Matisse utilise "comme une lumière" (comme une couleur-lumière), participe de cette sensation de plénitude et de volupté, cette "densité colorée" résulte aussi d'une quête que le peintre mena durant cinq décennies : tenter de résoudre le conflit entre dessin et peinture perdurant depuis des siècles. S'il y parviendra magistralement avec ses papiers découpés, on le voit dès avant la substitution des ciseaux aux pinceaux, inciser la couleur de traits fins et tranchants. Ainsi, dans Le Rêve (peint à Nice en 1935), où la délinéation très pure du trait détourant la figure rose dormant fait apparaître l'arabesque découpant la figure sur un fond presque unifié qu'utilisera Matisse plus tard pour inventer cet espace plat si particulier où le fond et la forme, la couleur et la ligne, l'espace plastique et l'espace réel... semblent fusionner.


"[...] L'importance d'un artiste se mesure à la quantité de nouveaux signes qu'il aura introduits dans le langage plastique", disait ce peintre et sculpteur pionnier dont l'œuvre, par-delà la joliesse, apparaîtra ici au "regardeur" actif (qu'il voulait que nous soyons), dans toute sa radicalité.

Matisse, comme un roman
Centre Pompidou, Paris 4e
www.centrepompidou.fr

Informations supplémentaires

  • Du: mercredi, 02 décembre 2020
  • Au: lundi, 22 février 2021
  • Location: Paris
Rédigé par Rédaction

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