Le projet avait été amorcé, il y a quelques années, avant le décès de l’artiste (1957-2024), mais la sélection finale des oeuvres a été réalisée sans sa participation. La présentation de ses dessins, facette inconnue de son travail, renforce la richesse de cette présentation pluridisciplinaire. Depuis 2001, le travail de Michel Couturier interroge l’espace construit, parfois détérioré et abandonné, la ruine contemporaine, mais aussi la persistance du paysage en établissant un lien avec la mythologie gréco-romaine. Ses travaux récents concernent les zones portuaires, les structures et les systèmes de contrôle des flux humains et de marchandises, notamment en Italie. Et ses recherches tissent un lien avec les textes des auteurs Italo Calvino (1923- 1985) et Pier Paolo Pasolini (1922-1975).
Béton, feuille d’argent sur papier, 2023. © PHILIPPE DE GOBERT
L’exposition dévoile une nouvelle série de photos numériques, des vidéos et une quarantaine de dessins évoquant la culture, l’architecture, le béton, la mythologie ou l’eau. Les thématiques évoquées sont renforcées par une installation de Làzara Rosell Albear (°1971), d’origine cubaine, créée spécialement in situ pour cet événement, les photos et oeuvres de Grégoire Motte (°1976), artiste français résidant à Bruxelles, ou celles d’Elias Cafmeyer (°1990), qui capture les images tragi-comiques du développement urbain.
Michel Couturier avait l’habitude de partir de la photographie pour développer son travail, où l’on retrouve les éléments récurrents du lampadaire d’autoroute, du panneau publicitaire “arbre du monde urbain”, de signalisation et de caméra de surveillance… un environnement où l’homme est relégué au second plan. Son intérêt pour les zones périurbaines, les abords des villes et les immenses centres commerciaux a débuté au moment de son installation dans la métropole lilloise. Mais il n’est pas rare de voir dans les ciels bleus de ses paysages inhospitaliers, des nuées d’oiseaux, des chiens errants, des champs de fleurs et des cours d’eau qui apportent un soupçon de vitalité.
Le nom de l’exposition provient du titre de l’une de ses vidéos réalisées sur des zones en cours de construction, appelées “nonlieux” mais aussi sur la dimension cosmique presque et abstraite qui s’inscrit dans l’horizon lointain. La grande hauteur sous plafond du lieu d’exposition a permis de renforcer la verticalité de certains éléments, en contraste avec d’autres pièces plus horizontales, avec les vidéos et certains paysages.
Photo de couverture : L’Enlèvement de Proserpine, vidéo, 2018. © Michel Couturier
Exposition
Michel Couturier
la friche la galaxie
Dates
Du 9 octobre 2025 au 22 février 2026
Adresse
Centrale for contemporary art
Place Sainte-Catherine 45
1000 Bruxelles
Horaires
Mercredi – Dimanche : 10h30 – 18h00
Site & Billetterie
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