Christophe Vachaudez
04 May 2026
Iinfiniment discret, le Prince a pourtant été bombardé à onze ans chef de la maison impériale, une décision de son grand-père, le prince Louis, entérinée le 3 mai 1997. Conscient du rôle de mémoire qui lui incombe, il a présidé très tôt la cérémonie de commémoration de la mort de Napoléon, le 5 mai, en la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides. Il fut aussi l’invité d’honneur des nombreux événements liés au 250e anniversaire de la naissance de Bonaparte, en 2019, en Corse, tout comme l’anniversaire de la bataille de Waterloo, pourtant de triste mémoire pour le clan impérial.
Mais qui est ce prince à la silhouette élancée, longtemps l’un des meilleurs partis du gotha ? Jean-Christophe Alberic Ferdinand Napoléon Bonaparte est le fils du prince Charles et de la princesse Béatrice de Bourbon-Siciles. Il voit le jour dans le sud de la France, à Saint-Raphaël, le 11 juillet 1986, là où habitent ses grands-parents maternels, le prince Ferdinand et la princesse, née Chantal de Chevron-Villette. Le bébé descend aussi bien de Léopold II, roi des Belges, que des monarques espagnols, des empereurs d’Autriche ou des rois de Wurtemberg. Sa sœur aînée, Caroline, est née six ans plus tôt. Elle a épousé en 2009 Éric Querenet-Onfroy de Bréville. Malgré l’arrivée d’un deuxième enfant, la mésentente couve et Jean-Christophe est haut comme trois pommes quand ses parents se séparent. Son père aspire à retrouver une certaine liberté, loin du carcan dans lequel ses parents l’ont enfermé. Comme son frère Jérôme et ses sœurs Catherine et Laure, Charles a reçu une éducation extrêmement stricte avec un sens du devoir chevillé au corps. Son divorce marquera le point de rupture au point que son père, le prince Louis, le déshérite officiellement. L’héritier essaiera bien de contester cette prise de position qui sonne comme un anathème, mais il doit finalement capituler et accepter, résigné, le choix paternel. Il finit par couper les ponts avec les siens.
La princesse Béatrice se retrouve seule pour élever ses enfants sous la houlette de la princesse Alix Napoléon, une aïeule attentive mais qui ne laisse rien passer. Jean-Christophe se partage entre Neuilly, où vit sa mère et où il est scolarisé, et Prangins, la résidence des princes Napoléon en Suisse. Il sort diplômé de HEC en 2011 et traverse l’Atlantique pour travailler à New York. L’appel de l’Europe se fait sentir et le prince revient à Londres. Pourtant, il décide bientôt de reprendre ses études à la Harvard Business School, à Cambridge, dans le Massachusetts où il décroche un MBA, de quoi regagner la capitale britannique la tête haute et entamer une brillante carrière dans le milieu bancaire. Il y réside toujours mais désormais aux côtés de son épouse, la comtesse Olympia d’Arco-Zinneberg.
Prins Albert II van Monaco opent de tentoonstelling "Monaco en de Napoleon(s) - kruisbestemmingen" in het Grimaldi Forum in Monaco © BESTIMAGE, FOTO NEWS
Prins Albert II van Monaco bij de onthulling van de buste ter ere van keizerin Eugénie in de tuinen van de Rocher © BESTIMAGE, FOTO NEWS
Les jeunes gens se sont mariés le 19 octobre 2019 en la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides en présence de tout le gotha. Il est vrai que l’heureuse élue a pour mère l’archiduchesse Marie-Béatrice d’Autriche-Este et compte parmi ses ancêtres les rois d’Italie et de Bavière, mais aussi des empereurs d’Autriche. Les tourtereaux cousinent ainsi, à plusieurs reprises, par les Orléans, les Savoie ou les Habsbourg. On ne pouvait certes rêver d’union plus assortie. La princesse Alix jubile ! En 2022, le couple a un fils, Louis, prénommé ainsi en hommage à l’arrière-grand-père défunt. Il a été baptisé à l’abbaye Saint-Michel de Farnborough, lieu symbolique s’il en est : dernière demeure de Napoléon III, de l’impératrice Eugénie et du Prince impérial qui fut tué en 1879 en pays zoulou.
Gardienne du temple et des trésors de Prangins, la princesse Alix Napoléon, qui vient de passer le cap des cent ans, semble avoir quelque peu délégué la gestion du patrimoine impérial à Jean-Christophe mais de nombreuses questions se posent quant à la pérennité d’un héritage d’une richesse plutôt conséquente. Si le Prince est considéré comme légataire, nul doute que son père, son oncle et ses tantes souhaiteront des compensations. Et si l’appartement parisien de la Princesse a été vidé, la demeure estivale du cap Camarat, au sud de la presqu’île de Saint-Tropez, l’accueille toujours en villégiature. Quant à la villa de Prangins, elle conserve toujours des œuvres d’art faisant partie d’une dation qui rejoindra un jour les musées français, mais aussi une collection inestimable d’objets et de portraits contant l’histoire d’une dynastie étroitement liée à l’histoire européenne. Dépositaire de cet héritage fascinant, Jean-Christophe devra sans doute le réinventer et peut-être envisager, un jour, de le faire connaître au grand public. Voilà peut-être l’une des missions dont il se sentira investi !
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