Patrick Weber
25 March 2026
Par un vendredi soir d’hiver, la foule se presse devant les portes de l’hôtel Plaza à Bruxelles. Chaque année, la Fondation Reine Paola organise une soirée placée sous le signe de la solidarité et de l’enfance. Une cause chère au cœur de l’épouse d’Albert II et qui a, depuis plusieurs éditions, été reprise avec brio par la princesse Claire. L’occasion de mettre en lumière la Princesse la plus discrète de la famille royale quelques semaines après son 52e anniversaire (c’était le 18 janvier dernier – NDLR).
Parfois rudement confrontée aux médias, l’épouse du prince Laurent s’est ouvertement indignée de leur comportement. Dès lors, Claire a choisi de vivre en retrait de la scène royale en dosant précisément ses présences et ses absences. Ne dit-on pas qu’il vaut parfois mieux vivre caché pour vivre heureux ? La Princesse avait d’autres priorités, au premier rang d’entre elles, sa famille.
Donnons la parole à la reine Paola qui a raconté comment est née sa Fondation : “Tout a commencé lors d’un dîner au château de Laeken. J’étais assise à côté d’un professeur qui était très pessimiste sur l’avenir des jeunes. J’ai compris qu’il fallait faire quelque chose de positif pour aider ces jeunes, principalement ceux qui sont en situation de précarité. Je suis heureuse d’apporter, grâce à la Fondation, ma petite pierre à l’édifice pour les aider à trouver leur place dans la société.”
L’histoire de cette Fondation créée en 1992 est bien ancrée dans la société belge. Elle agit pour que chaque jeune en Belgique puisse bénéficier de chances équitables de réussite dans la vie. Un noble objectif resté cher au cœur de la Reine, même si elle a pris de la distance de son action quotidienne. Aujourd’hui, le temps a fait son œuvre et la relève a pris le visage de Claire. La Princesse s’investit avec enthousiasme et authenticité dans cette cause. Il suffit de regarder les images de ses rencontres avec les enfants pour s’en convaincre. Sans oublier les échos des Belges, qui permettent de mesurer la belle cote de popularité dont jouit la Princesse. Les mêmes mots reviennent souvent : on la juge digne, discrète et efficace. Claire est une mère attentive et une épouse présente aux côtés de son époux. Et si ces qualités paraissent parfois surannées, elle arrive à les transformer en un atout contemporain. Bref, elle assume une forme de classicisme assumé, mais aussi teinté de modernité. C’est peut-être là que réside le secret de la “recette Claire”.
Pour autant, cela nous explique-t-il la popularité d’une princesse aussi peu présente dans les manifestations royales ? Depuis quelques années, son action au sein de la Fondation Reine Paola a révélé ses qualités. En représentant sa belle-mère, Claire a trouvé une place bien à elle, d’autant qu’elle met au service de ses causes une intelligence du cœur qui lui permet de trouver les mots justes et les gestes adéquats. Avec ce qu’il faut d’aura princière, mais aussi une solide dose de proximité et de spontanéité non feintes. Sans trace de ce glamour excessif qui caractérise parfois les altesses du gotha international. Pas besoin d’une tiare pour mettre en avant la noblesse du comportement, n’est-ce pas ?
La princesse Claire suit donc son chemin avec un mélange inédit de proximité et de distance. À la fois impliquée et soucieuse de protéger sa vie privée et familiale. Loin du fracas des réseaux sociaux et des magazines people, elle a réussi à trouver un ton original et apparaît comme un atout au sein de la monarchique en Belgique. Ce portrait de la “méthode” Claire est-il trop enthousiaste ? Je ne le pense pas. Il souligne, selon moi, que le rôle de princesse est surtout ce que l’on en fait. Par-delà le titre qui peut faire rêver, on trouve avant tout des actes. Sans quoi, la vie de princesse se limiterait aux plus belles pages d’un conte pour enfants sages.
Photo de couverture : © Didier Lebrun, Photo News
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