Thomas de Bergeyck
06 May 2026
Avant d’être l’époux flamboyant de la princesse Margaret, Antony Armstrong-Jones est un jeune homme fragile. Né en 1930 à Londres, il grandit entre deux mondes. Son père, avocat, appartient à la bonne société ; sa mère, issue d’une famille galloise aisée, cultive un goût certain pour l’esthétique et les arts. Le divorce de ses parents, alors qu’il n’a que cinq ans, le blesse profondément. Envoyé en pension, il développe un caractère indépendant, parfois ombrageux. À seize ans, la poliomyélite l’immobilise de longs mois. Il en gardera une jambe affaiblie et une conscience aiguë de la vulnérabilité humaine.
Cette épreuve, loin de le freiner, aiguise son regard : Lord Snowdon photographiera toute sa vie les corps avec une acuité particulière. Sans fard. Il entame des études d’architecture sans les terminer, puis s’oriente vers la photographie presque par instinct. Il devient l’assistant du photographe Baron Sterling Henry Nahum. Très vite, son talent le distingue. Dans les années 1950, Londres bouillonne : culture pop naissante, théâtre, mode… Snowdon capte cette effervescence avec une modernité rare. Il travaille pour les magazines The Observer, Vogue, Vanity Fair. Son portrait de la jeune reine Elizabeth II, réalisé en 1957, frappe par sa sobriété. Loin de l’apparat, il montre une souveraine concentrée, presque méditative. Plus tard, il photographiera aussi Laurence Olivier, Katharine Hepburn, Rudolf Noureev, Elizabeth Taylor ou David Bowie. Il aime révéler l’ombre derrière la lumière.
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