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L’Italie et son syndrome de Stendhal

Le billet d'humeur d'Alexis

Alexis de Limburg Stirum

21 June 2023

Le syndrome de Stendhal, aussi appelé “syndrome de Florence”, est un ensemble de troubles psychosomatiques qui apparaissent chez certains voyageurs exposés à une profusion de chefs-d’œuvre, en un même lieu et dans un même temps, ou à une seule œuvre d’art qui prend une signification particulière pour eux.

Détail de la fresque des Sibylles, de Volterrano à la Basilique Santa Croce, Florence, 1653–1661. © DR

Le nom de ce syndrome renvoie à l’expérience vécue par l’écrivain français Henri Beyle, plus connu sous le nom de Stendhal (1783-1842), lors de son voyage en Italie, à l’étape de Florence, en 1817. Lors de la visite de la basilique Santa Croce, il s’agenouille sur un prie-Dieu, la tête renversée en arrière, pour contempler les fresques de la coupole de la chapelle Niccolini : les Sibylles de Volterrano. Pris de vertiges, il ressent un moment sublime de proximité du paradis. Il écrit alors : “J’étais arrivé à ce point d’émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les beaux-arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j’avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber”.

Le facteur déclenchant de la crise a lieu le plus souvent lors de la visite de l’un des cinquante musées de la ville. Le visiteur est subitement saisi par le sens profond que l’artiste a donné à son œuvre et perçoit toute l’émotion qui s’en dégage d’une façon exceptionnellement vive qui transcende les images et le sujet de la peinture. Les réactions des victimes subjuguées sont très variables : des délires, des hallucinations, une perte du sentiment d’identité, des tentatives de destruction du tableau ou des crises d’hystérie ont été observées. En effet, le regard d’un autre pourrait, à leurs yeux, mettre en danger leur propre perception de l’œuvre.

D’autres victimes de cette affection sont exposées à une surcharge de chefs-d’œuvre sur une courte période. Florence – d’où l’autre nom du syndrome – abrite la plus grande concentration mondiale d’art de la Renaissance, un art compréhensible par tous, à la différence de l’art abstrait ou conceptuel, dont il faut connaître les codes de compréhension.

Le David de Michelangelo à la Galleria dell'Accademia de Florence. © DR

Par la suite, la psychiatre italienne Graziella Magherini a proposé une variante du syndrome, le “syndrome du David” lié au David de Michel-Ange dont la perfection esthétique serait susceptible de toucher la libido du spectateur jusqu’à la syncope. Ceci plairait à Oscar Wilde qui aimait dire que “le public ne s’intéresse en rien à une œuvre d’art, jusqu’au jour où il apprend que l’œuvre en question est immorale”.

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