Stéphanie Dulout
15 April 2026
“Mélanger le connu et l’inconnu, je pense que c’est ce qui fait le charme de cette foire qui, au-delà de sa dimension financière est aussi un lieu qui met en avant des tendances à travers ses parcours thématiques et son secteur Promesses comptant pas moins de cinq jeunes galeries belges * cette année”, explique son commissaire Guillaume Piens.
Placée sous le signe du langage et de la réparation, à travers deux parcours thématiques “curatés” par deux historiens de l’art, Loïc Le Gall (directeur du centre d’art contemporain Passerelle à Brest) et Alexia Fabre (directrice déléguée du Centre Pompidou francilien à Massy), cette nouvelle édition promet de nous offrir de belles découvertes. Intitulé Babel – Art et langage en France, le premier parcours réunit vingt-et-un artistes dont le travail explore l’énigme des systèmes de signes et des structures langagières dans l’art contemporain, certains interrogeant la matérialité de la lettre ; d’autres, la tension entre le texte et l’image ; d’autres encore, la manière dont les mots circulent aujourd’hui dans les réseaux. C’est aussi à travers une sélection d’une vingtaine d’artistes internationaux qu’Alexia Fabre explore la création contemporaine sous le prisme de “la réparation” convoquant “les blessures, les guerres, les absences, les souffrances et l’oubli”.
© CAMILLE SIMON, GALERIE LA FOREST DIVONNE
© A2Z ART GALLER
© CAMILLE SIMON, GALERIE LA FOREST DIVONNE | A2Z ART GALLER | GALERIE LA FOREST DIVONNE ©
Évoquant la violence faite aux femmes, les blessures et les injustices de l’histoire, les œuvres d’artistes femmes sélectionnées pour le prix Her Art – entre autres artistes engagées, notamment dans l’écologie ou le monde du vivant – font curieusement écho à cette thématique. Citons les œuvres étranges de l’artiste australienne Juanita McLauchlan représentée par la galerie Cassandra Bird (Sydney-Paris), des sculptures en suspension prenant la forme de colliers géants mêlant fibres naturelles et peaux d’opossum, et fonctionnant comme autant de reliques réparatrices. Autres propositions fortes, celles de Rachel Labastie représentée par la galerie La Forest Divonne (Bruxelles-Paris), visibles dans le parcours Réparation : une série de bas-reliefs en argile crue, enclos dans des caisses en bois, dont la forme modelée évoque tout à la fois une cicatrice et une vulve. Placés en regard de ce Cœur du corps, les Forces mises en tension dans des avant-bras de verre sculpté, qui se serrent et se retiennent, interrogent la complexité de nos liens oscillant souvent entre protection et contrainte… Dans la même veine, citons enfin l’œuvre en céramique de l’artiste birmane Nge Lay (A2Z Gallery) évoquant, à travers un fémur colonisé par des champignons, une forme de régénérescence.
Exposition
Art Paris
Dates
Du 09 avril au 12 avril 2026
Adresse
Grand-Palais
9 avenue du Général
Eisenhower, 8e
Site
Advertentie