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Le tout nouveau retour de Jaco Van Dormael

Rédaction Eventail

02 September 2015

© Climax Film

Vingt-quatre ans après Toto le Héros, Jaco Van Dormael revient avec Le tout nouveau testament, son quatrième long-métrage. Une fable loufoque, délirante où le cinéaste belge s'est visiblement beaucoup amusé. Rencontre pour Eventail.be.

Eventail.be - C'est la première fois que vous coécrivez un scénario. Comment s'est fait le duo avec Thomas Gunzig pour Le tout nouveau Testament?

Jaco Van Dormael - J'avais lu ses livres avant de le rencontrer. Son écriture tendre et cruelle me plaît beaucoup. Il y a quinze ans, nous avions failli monter la BD Silence de Comès. Thomas Gunzig était présent dans le spectacle Kiss & Cry avec tout le talent qu'il a pour écrire la musique des mots de la voix off. Tout s'est décidé dans mon jardin à Bruxelles. On a essayé de se faire rire et c'est ainsi que le film est devenu une comédie. Thomas est prolixe, je suis plutôt lent. Il a mis une dose de vinaigre dans mon sucre. La complémentarité a fonctionné. A deux, on est à peu près sûr de passer un bon après-midi. Nous avons trouvé un style ni à moi ni à lui, tout est mélangé. Quand mes enfants étaient à l'école, je pouvais écrire à mon rythme. Maintenant que je suis grand père, j'ai plus envie que tout aille plus vite (rire). Je suis plus enclin à collaborer dans l'écriture qu'auparavant. 


- Dieu peut-il faire rire?
- La comédie était sous-jacente dans mes films précédents, une sorte de politesse du désespoir. Très vite, Thomas et moi avons mis la comédie comme fil conducteur, avec quelque chose de poétique, décalé, dramatique. Pour un incroyant comme moi, Dieu est un bon prétexte pour faire une comédie. Bien que j'aie été éduqué dans la religion catholique, je ne crois pas en Dieu. Je trouve que la Bible est vachement bien écrite. Avec de beaux personnages. Dieu existe, il habite à Bruxelles, aïe! Il a une femme, une fille, bigre! On ne l'avait jamais dit !

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Jaco Van Dormael a co-écrit, avec Thomas Gunzig, un scénario où humour et pointes d'absurde ponctuent le récit © Fabrizio Maltese


- Catherine Deneuve fut-elle facile à convaincre?
- Je ne la connaissais pas du tout. L'idée m'est venue en la voyant lors manifestations contre le mariage pour tous, elle n'a pas sa langue en poche. Elle dit ce qu'elle pense. Elle a été la première actrice à qui j'ai envoyé le scénario. Elle a répondu oui dans les deux jours. Je n'ai pas écrit le rôle pour Catherine Deneuve. Mais une fois qu'elle a accepté, je ne voyais qu'elle, Il y a le désir puis l'union. J'ai retaillé le costume à sa mesure. Elle est arrivée sur le plateau sans préparation. Elle connaissait son rôle. Elle a beaucoup d'humour et elle rit beaucoup. Elle servait aussi d'interprète auprès de l'acteur espagnol qui incarne le gorille...



Le tout nouveau testament de Jaco Van Dormael. Avec Benoît Poelvoorde, Catherine Deneuve, Yolande Moreau, François Damiens, Pili Groyne. En salle le 2 septembre.

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