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Dermatoporose : quand la peau perd sa structure

BeautéDermatologieDermatoporosePeauSanté

Martin Boonen

12 March 2026

La dermatoporose, ce vieillissement profond du derme qui fragilise la peau bien au-delà de la simple ride, demeure largement méconnue. Les laboratoires belges Dyna+ proposent avec Cytoderme une approche fondée sur deux actifs – acide hyaluronique et acide bosvélique. Rencontre avec leur fondateur, François Motte.

Le terme « dermatoporose » désigne un amincissement progressif et une fragilisation structurelle de la peau, liés à la dégradation de la matrice extracellulaire du derme. Contrairement aux rides, le phénomène touche les couches profondes et peut, dans ses formes avancées, engendrer des lésions cutanées spontanées. François Motte, ingénieur chimiste formé à l’UCLouvain, compare : « C’est un peu comme un ballon gonflé qui se dégonfle : il devient fripé, il n’est plus élastique, il n’est plus tendu. » Selon ses données, 30% de la population au-delà de 60 ans serait concernée, principalement aux avant-bras (75% des cas).

Le vase percé de l’acide hyaluronique

Le rôle de l’acide hyaluronique dans le maintien de l’élasticité cutanée est bien établi. Mais selon le fondateur de Dyna+, le problème n’est pas tant un déficit de production que la rapidité de la dégradation : « Remettre de l’acide hyaluronique seul revient, d’un point de vue technique, à remplir un vase percé : on remplit, cela fonctionne un peu, mais c’est dégradé très rapidement ». Ce sont les hyaluronidases (des enzymes dont l’activité s’accélère à la ménopause) qui détruisent l’acide hyaluronique appliqué en 48 heures, selon François Motte.

L’acide bosvélique, garde du corps moléculaire

© Cytoderme

C’est ici qu’intervient l’acide bosvélique, molécule extraite de la résine de Boswellia serrata, utilisée depuis des siècles en médecine ayurvédique. Son rôle revendiqué : inhiber les enzymes responsables de la dégradation. Dyna+ dose ses formules à 3,5% d’acides bosvéliques et présente cette combinaison comme une « double action anti-âge brevetée ». Le laboratoire avance une efficacité 3 à 3,5 fois supérieure à celle de l’acide hyaluronique seul, sur la base d’une étude prospective menée avec une quinzaine de dermatologues et une centaine de patients. La méthode repose sur une auto-évaluation par échelle visuelle analogique à J0, J30 et J60.

Ce qu’il convient de relativiser

François Motte lui-même pose les limites : « Il ne faut pas s’attendre à des miracles définitifs. Si l’on arrête le traitement, l’acide hyaluronique va progressivement redisparaître. » Par ailleurs, la littérature indépendante sur l’acide bosvélique topique, bien qu’encourageante (quelques essais positifs sur psoriasis, eczéma, photovieillissement), reste limitée à de petits échantillons et des durées courtes. Aucune étude n’évalue directement les produits Cytoderme. Le laboratoire annonce vouloir franchir une étape avec une étude universitaire par échographie cutanée, dont les résultats ne sont pas encore disponibles.

Un pari sur la durée

© Cytoderme

Il n’en demeure pas moins que la démarche de Dyna+ répond à un besoin réel et largement sous-adressé. La dermatoporose reste peu connue du grand public comme des circuits cosmétiques classiques, et rares sont les acteurs à proposer une approche spécifiquement formulée pour y répondre. Le rationnel scientifique qui sous-tend la combinaison acide hyaluronique-acide bosvélique est jugé crédible par la littérature, et le choix d’une distribution en pharmacie confère à la gamme une légitimité que le marché du soin anti-âge, souvent encombré de promesses creuses, peine à offrir. Si les résultats de l’étude universitaire annoncée par François Motte confirment les observations recueillies en cabinet, Cytoderme pourrait bien s’imposer comme une référence dans un segment encore naissant.

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