Martin Boonen
29 January 2026
Mustraus est le fruit d’une collaboration fraternelle. Melvin Ceinos Dumont, 21 ans, s’est initié au travail du métal à 15 ans dans un atelier bruxellois et a poursuivi sa formation jusqu’à obtenir une certification de gradueur de diamant. Son frère aîné Marvin, 24 ans, doctorant en communication entre Montréal et Genève, porte quant à lui la voix de la marque.
© Mustraus/DR
C’est dans les rues de Bruxelles que leur sensibilité esthétique s’est forgée. « Lorsque j’étais très jeune, nous nous arrêtions devant des maisons, devant des façades Art déco. C’est la première chose qui m’a marqué », confie Marvin Ceinos Dumont lors d’une présentation à la Villa Empain.
La première collection de Mustraus, baptisée “Cos”, puise directement dans le répertoire de l’Art déco. La Villa Empain figure parmi les références explicitement citées par les fondateurs. « Cette marque s’inscrit dans l’Art Déco. […] Elle représente l’Art déco de la manière la plus pure possible et s’inspire de différentes façades emblématiques de ce mouvement », précise Marvin Ceinos Dumont.
© Mustraus/DR
Ce qui retient l’attention des créateurs dans ce mouvement, ce sont avant tout les lignes et la géométrie. « Notre objectif est de préserver ces lignes. Il s’agit de garder l’essence épurée de l’Art déco, de conserver ce qui dessine, ce qui marque, pour l’extraire et en faire quelque chose de plus léger », explique Marvin. Le logo de la marque illustre cette démarche : une forme simplifiée qui, selon les fondateurs, conserve toute sa force visuelle.
La collection “Cos” se compose de quatre modèles de bagues : Bauns, Looms, Quaus et Korf’s. Toutes sont réalisées en argent, un choix qui revêt une dimension symbolique pour les créateurs. « Pour cette première collection, nous avons choisi l’argent. Lorsque l’on s’initie à la joaillerie, lorsque l’on crée sa première pièce, on commence généralement par travailler ce métal. Symboliquement, il nous semblait donc naturel que cette collection inaugurale soit entièrement réalisée en argent », indique Melvin Ceinos Dumont. Les collections suivantes exploreront d’autres métaux, précise-t-il.
Les pièces, aux dimensions sculpturales, sont pensées pour être portées au quotidien. Les fondateurs insistent sur leur caractère unisexe. « La bijouterie doit parler à chacun. Elle n’est pas réservée à certaines personnes, mais ouverte à tous ceux qui le désirent », affirme Marvin.
L’ensemble de la production est réalisé en Belgique, entre Bruxelles et Anvers, haut lieu du savoir-faire joaillier. « Tout est fabriqué en Belgique. C’est un attachement profond pour nous. Il nous tient à cœur de mettre en avant les artisans belges avec lesquels nous collaborons », souligne Melvin.
Le processus de création associe techniques traditionnelles et technologies contemporaines. Les fondateurs décrivent un cheminement qui part du dessin, passe par la technique de la cire perdue et la modélisation 3D pour aboutir aux prototypes. Cette méthode permet, selon eux, de réduire le nombre de coulées nécessaires et de maintenir la production sur le territoire belge. « Nous voulions que Mustraus rayonne à partir de la Belgique, en valorisant son héritage et ses artisans », résume Marvin Ceinos Dumont.
Chaque modèle est limité à cent exemplaires. Les bagues sont ensuite réalisées sur mesure, adaptées au doigt de leur futur propriétaire. Le principe de la cire perdue implique que les moules sont fondus après utilisation et ne sont pas conservés, ce que les fondateurs présentent comme un gage d’unicité.
© Mustraus/DR
La marque propose une expérience de commande exclusivement en ligne. Le client indique sa taille avec précision pour garantir l’ajustement. Le délai de production annoncé est de trois semaines.
La collection « Cos » est présentée par ses créateurs comme une porte d’entrée, un premier chapitre appelé à évoluer. Marvin Ceinos Dumont évoque notamment l’influence de la sculptrice Barbara Hepworth sur l’une des pièces, signalant des inspirations qui débordent le strict cadre de l’Art déco pour s’inscrire dans une continuité artistique plus large. Cette première collection constitue, selon les termes des fondateurs, un manifeste qui préfigure les développements à venir de la jeune maison bruxelloise.
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