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Les perles du littoral

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Christophe Vachaudez

14 August 2026

Architecturales ou naturelles, elles jalonnent le cordon côtier comme autant de buts d’excursion. Et si le littoral ne compte que 67 kilomètres, les merveilles de la côte s’égrènent par dizaines, éveillant l’intérêt des curieux et des touristes.

À la frontière française, le Westhoek et ses 340 hectares d’espace dunaire permettent de retrouver une nature préservée où l’on a recensé pas moins de 400 plantes différentes. On pourrait penser à une promenade monotone, pourtant il n’en est rien grâce aux sentiers pittoresques et aux étangs envahis par l’eau salée à la marée montante. Du haut des trois belvédères en bois, on embrasse un panorama unique et grâce aux cartels explicatifs, on pourra tenter de distinguer les dunes en bande marine, les dunes marchantes, les dunes paraboliques, les dunes grises ou encore les dunes blondes… Et dire qu’on pensait qu’une dune n’était qu’une dune !

© Westhoek toerism

Furnes, réputée pour son architecture gothique remarquable du XIIIe au XVIIe siècle, notamment autour de la Grand-Place. © Milosk50

À quelques kilomètres de la côte, Furnes mérite assurément un détour avec sa coquette place que dominent un charmant hôtel de ville à la façade renaissante et une antique église au riche mobilier dédiée à sainte Walburge. N’oublions pas les fameuses babeluttes nées ici : un caramel long aromatisé au miel et à la cassonade. Les uns pousseront jusqu’au château de Beauvoorde dont les pignons rudentés se reflètent dans d’anciennes douves, les autres rallieront Saint-Idesbald pour découvrir le musée consacré à Paul Delvaux qui résidait ici. Les lieux possèdent et exposent la plus grande collection d’œuvres de cet artiste internationalement reconnu. Mais la nature reprend ses droits à la limite entre Coxyde et Oostduinkerque avec deux réserves naturelles, rares témoins du cordon dunaire, de part et d’autre de l’avenue du littoral.

© DR

Côté mer, on trouve le Schipgatduinen, et côté terre, le Hoge Blekker. De ses trente-trois mètres de haut, la dune la plus élevée du pays toise les trente-trois hectares de ce havre de paix propice à la détente. On peut même voir, au loin, les quelques rares pêcheurs de crevettes à cheval filtrant les vagues de leurs filets. L’histoire nous rattrape à Nieuport, à l’approche de l’imposant monument érigé à la mémoire du roi Albert Ier. Sa statue équestre, qui trône au milieu d’une impressionnante rotonde ouverte, renvoie à d’autres sculptures similaires jalonnant un trajet entre la côte et Namur, façon symbolique de marquer la progression de l’invasion allemande en 1914. Le Westfront, un centre de visite, a été installé sous la terrasse de 2500 m² de l’édifice. Un jeu vidéo interactif permet de contrôler les anciennes écluses dont l’utilisation réfléchie, à l’époque, a stoppé l’avancée allemande au détriment de la ville qui fut durement touchée. Une baie vitrée de vingt-trois mètres s’ouvre d’ailleurs sur le fameux système éclusier. Mais Nieuport est aussi connue pour sa colonie de phoques qui paressent à l’embouchure de l’Yser, le seul fleuve de Belgique qui se jette dans la mer. L’eau douce et l’onde salée se mélangent, créant un biotope unique attirant nombre d’oiseaux limicoles et d’ornithologues patentés.

Au large, les pêcheurs de crevettes à cheval perpétuent un savoir-faire unique, classé à l’Unesco. Silhouettes lentes et puissantes, ils avancent dans les vagues, filtrant la mer du Nord dans un ballet hors du temps.

© Pierre Cloquet

Dominant la côte belge du haut de ses 33 mètres, le Hoge Blekker est la plus haute dune du pays, sculptée par les vents. © DR

La côte belge, destination phare de la Belle-Époque

Et bientôt, la Warandetoren annonce Middelkerke. Interprétation en acier de l’herbe qui croît dans les dunes, elle déploie ses courbes aériennes sur l’ancien château d’eau. Qui monte au sommet peut scruter l’horizon à 360°, des polders aux confins de la mer du Nord. Et, comme de bien entendu, on aperçoit la silhouette singulière du nouveau casino, une merveille architecturale dont s’enorgueillit désormais le littoral belge. En route vers Ostende, le domaine de Raversyde concentre soixante bunkers, des passages souterrains et à ciel ouvert, des postes d’observation et de l’artillerie, l’un des vestiges les mieux préservés de l’Atlantikwall, la ligne de défense allemande. Une reconstitution en 3D vous plonge au cœur de la mystérieuse guerre en mer et de la défense côtière, une expérience unique pour petits et grands.

Au Domaine de Raversyde, les bunkers de l’Atlantikwall, remarquablement préservés, témoignent de la puissance de la défense côtière.

L’univers change du tout au tout quand on atteint Ostende, la reine des plages. Sa longue colonnade qui préservait la bourgeoisie des frimas, sa gare monumentale, son fort Napoléon, son musée des Beaux-arts, le seul sur la côte, et sa maison hommage à James Ensor donnent le ton et apportent une touche culturelle bienvenue. Quant à l’église dédiée aux saints Pierre et Paul, elle renferme le tombeau de la reine Louise, première souveraine des Belges, décédée à Ostende en 1850. Le monument sculpté par Guillaume s’impose comme un véritable chef-d’œuvre. Non loin, le Mercator, 5e navire-école de la marine marchande belge, est amarré, ouvert à la visite, profitant d’une retraite méritée après une carrière de trente ans entre 1932 et 1961.

Mais déjà se profile Le Coq, apprécié pour ses quartiers verdoyants où fleurissent une myriade de villas de la Belle-Époque, période phare où le littoral belge attirait la crème de l’Europe et d’ailleurs. À Bredene, les étendues de sable de couleur isabelle semblent infinies. Certaines plages sont encore bordées de dunes qui, peu à peu, se sont végétalisées, avec, en apothéose le ‘t Paelsteenveld, un parc où s’épanouissent l’onagre géante, la garance jaune et l’angélique bleue. La prochaine station, Blankenberge, préserve le seul pier de Belgique. Construit en pleine mer et relié à la terre ferme par une estacade de 350 mètres de long, il a été restauré et s’anime au fil des événements qu’il abrite. Autre témoignage d’un âge d’or, le Paravang (pare-vent) de 1908 mêle allègrement tous les styles et représente fièrement le meilleur de l’architecture balnéaire. Il fédère les touristes qui, d’ici, ont vue à la fois sur le port et sur le parc Léopold. Le musée de la Belle-Époque achève de nous replonger dans ce temps béni qui a laissé de nombreux vitraux et céramiques sur les façades, prétexte d’un amusant circuit découverte.

Le Palace Hotel de Zeebrugge incarne l’élégance balnéaire du début du XXe siècle. Inauguré en 1914 à la veille de la guerre, il traversa les conflits et les époques sans perdre sa prestance. Aujourd’hui transformé en résidence, ce monument classé conserve toute la grandeur de son passé. © DR

Face à l’horizon, à Zeebrugge, L’homme qui a vu le bateau, en l’air de Jean Bilquin capte un instant suspendu entre rêve et réalité. © DR

Maison de James Ensor, à Ostende. © Arne Deboosere

Surtout connu pour son port, le village de Zeebrugge mérite pourtant une visite pour sa cité-jardin de style anglais qui ceint la place de l’amiral Keyes, pour le monument-sculpture de Jean Bilquin (L’homme qui a vu le bateau, en l’air), incontournable sur la plage, et pour son front de mer qui conserve l’ancien Palace Hotel, un prestigieux établissement qui fut bâti à partir de 1913 et qui connut son heure de gloire entre les deux guerres. Knokke-Heist et le Zwin clôturent en beauté un littoral certes modeste mais qui est loin de manquer d’attraits, tant les richesses historiques et actuelles s’y bousculent !

Photo de couverture : Le Belgium Pier à Blankenberge est un symbole iconique du littoral belge, Il s’avance sur 350 mètres dans la mer du Nord et dévoile un spectacle apaisant. © Ikumaru

La côte belge met les petits plats dans les grands

Gastronomie & Oenologie

À Knokke-Heist, la gastronomie n’est plus un simple plaisir de vacances. Entre tables étoilées, adresses de plage, brunchs nouvelle génération et concepts food ultra-lifestyle, la station confirme son statut de destination gourmande à part entière. Avec six étoiles à Knokke-Heist et une scène culinaire qui rayonne jusqu’à Ostende, Damme ou Cadzand, la côte belge n’a décidément plus rien à envier aux grandes “destinations food” européennes.

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Il est rare de vivre une expérience où chaque détail semble avoir été pensé avec autant de soin. À La Réserve Genève, le luxe ne se mesure pas seulement à la beauté du décor ou à la qualité du service, mais à cette sensation immédiate d’être attendu, accueilli et déjà un peu chez soi. Une adresse pensée pour que chaque membre de la famille profite pleinement de l’instant.

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