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Charlotte Englebert, la panthère en or

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Camille Misson de Saint-Gilles

02 November 2026

Charlotte Englebert

Cela fait quelques années maintenant que la Belgique est également célèbre pour ses sportifs. Et s’il est un terrain sur lequel ils semblent particulièrement à leur aise, c’est bien le gazon. Après les exploits des Red Lions, longtemps sous les projecteurs, c’est désormais au tour de leurs homologues féminines de rugir. Et parmi elles, une Panthère s’est particulièrement illustrée cet été : Charlotte Englebert.

Il faut croire que les Belges ont du gazon dans le sang. En vingt-cinq ans, le hockey est passé du statut de sport relativement peu répandu à celui de phénomène national. En 2000, la Fédération comptait environ 13 000 affiliés ; ils sont aujourd’hui plus de 63 000, répartis dans 113 clubs à travers le pays. Une progression spectaculaire, portée par le développement des infrastructures, la professionnalisation de la discipline et, forcément, les performances de nos équipes nationales.

Les victoires suscitent des vocations, et en la matière, la Belgique a été plutôt bien servie. Les Red Lions ont ouvert la voie avec un incroyable palmarès : champions du monde en 2018, champions d’Europe en 2019, puis champions olympiques à Tokyo en 2021. Trois titres majeurs qui ont définitivement installé les hockeyeurs belges parmi les meilleurs au monde.

Dans leur sillage, les Red Panthers ont patiemment gravi les échelons, jusqu’à cet été, avec une Coupe du monde organisée à domicile, à Wavre et aux Pays-Bas, à Amstelveen. Le 29 août, les Belges battaient 1-0 l’Australie dans la petite finale et décrochaient le bronze mondial. Historique ! Et celle qui inscrit l’unique but de cette rencontre décisive n’est autre que Charlotte Englebert.

Comme si cela ne suffisait pas, la Belge, co-capitaine de l’équipe, termine la compétition sur quatre buts et est couronnée, à l’issue du tournoi, meilleure joueuse de la Coupe du monde. Une récompense individuelle au milieu d’une aventure profondément collective, mais qui vient consacrer l’une des figures les plus incisives de cette nouvelle génération de Panthers.

Une enfant du hockey

Charlotte Englebert naît le 20 mai 2001 en Angleterre. Elle n’y réside que peu de temps et, rentrée en Belgique, le hockey entre très tôt dans sa vie. Elle fait notamment ses classes au Hockey Club Namur, avant de poursuivre sa formation au Royal Racing Club de Bruxelles. Milieu de terrain capable de se projeter vers l’avant et de marquer, elle possède déjà ce mélange de vitesse, de technique et d’instinct qui deviendra sa signature.

Très vite, la jeune joueuse est repérée. Elle passe par les sélections belges U18, puis U21 et intègre les Red Panthers alors qu’elle est encore adolescente. À mesure que l’équipe nationale féminine monte en puissance, Charlotte grandit avec elle. Les résultats suivent, les ambitions aussi.

En 2021, elle remporte le Stick d’Or, prestigieuse récompense belge du hockey sur gazon décernée par l’ARBH (Association Royale Belge de Hockey), dans la catégorie Espoirs. Un an plus tard, elle franchit un nouveau cap en décrochant le Stick d’Or féminin, récompensant la meilleure joueuse du championnat belge. Elle n’a alors que 21 ans.

Depuis 2023, l’aventure s’écrit également de l’autre côté de la frontière, sous les couleurs du HC ’s-Hertogenbosch, aux Pays-Bas, l’un des grands clubs de hockey mondiaux. Une expérience supplémentaire pour celle qui s’est progressivement imposée comme une pièce essentielle de la discipline.

Une médaille à la maison

Restait peut-être à transformer la progression collective des Panthers en médaille mondiale. C’est désormais chose faite. Difficile d’imaginer scénario plus symbolique : une Coupe du monde organisée conjointement par la Belgique et les Pays-Bas, les deux pays qui rythment aujourd’hui la vie sportive de Charlotte, et un but décisif inscrit par la Belge lors du match pour le bronze.

Quatre buts sur l’ensemble du tournoi, une médaille autour du cou et le trophée de meilleure joueuse de la compétition : l’été 2026 restera de fait un temps fort dans sa carrière.

Mais derrière les trophées, les statistiques et les distinctions, Charlotte Englebert semble surtout avoir conservé l’essentiel : le plaisir de jouer. Une philosophie finalement assez simple pour une sportive qui évolue désormais au plus haut niveau mondial.

Malgré les médailles et les compétitions internationales, Charlotte n’a pas oublié ses débuts. Depuis un an, tous les mercredis après-midi à Namur, elle encadre les jeunes des catégories U14, U16, U18 et U21, filles comme garçons, en partageant notamment ce qui fait sa force : le jeu offensif et le travail dans le cercle. Une manière de “revenir au bercail”, mais surtout de transmettre aux nouvelles générations une conviction qui lui est chère : travailler et s’entraîner, oui, mais jamais au détriment du plaisir de jouer.

À voir son sourire sur le podium et le chemin parcouru par les Red Panthers, on se dit que l’amusement n’est pas près de s’arrêter.

Tant que je m’amuse, le hockey sera une partie importante de ma vie.

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