François Didisheim
30 June 2026
Pendant des décennies, l’immobilier de bureau s’est résumé à une équation simple : combien de mètres carrés louer ou acheter ? Aujourd’hui, la question a changé de nature. Il s’agit désormais de comprendre pourquoi les collaborateurs auraient envie de s’y rendre. C’est précisément sur ce terrain que se positionne Pierre Colaiacovo, intervenant du récent Forum LOBBY Immobilier consacré à la recherche du mètre carré perdu.
Ingénieur commercial de formation, l’entrepreneur a exercé les fonctions de CFO puis de COO chez Profirst, acteur reconnu de l’événementiel premium. Une partie de sa carrière s’est ainsi construite autour d’une compétence particulière : imaginer des expériences capables de rassembler les gens. Un savoir-faire qui trouve aujourd’hui une application inattendue dans l’immobilier.
Car un bureau vide n’est pas tant un problème de bâti qu’un problème d’usage. Le télétravail a profondément modifié les habitudes professionnelles, laissant des milliers de mètres carrés sous-utilisés. Là où beaucoup perçoivent une crise, le fondateur de (re)space identifie une opportunité. Son constat se veut pragmatique : le bureau n’a pas disparu, il a changé de fonction. On ne s’y rend plus par obligation, mais pour collaborer, créer, décider, apprendre ou rencontrer.
La réponse de (re)space consiste à transformer des immeubles parfois délaissés en véritables lieux de vie professionnelle. L’entreprise ne se contente pas de louer des espaces : elle les opère, les anime et les adapte à ceux qui les occupent. Accueil soigné, salles de réunion, événements, restauration, services, bien-être… tout est pensé pour donner envie de franchir la porte.
Le rez-de chaussée de (re)space EU Quarter accueille le coworking café SUN afin d’offrir un espace de restauration et de détente. © DR
L’originalité du modèle réside dans son caractère profondément personnalisé. Là où de nombreuses solutions de coworking proposent un produit standardisé, (re)space part du bâtiment, du propriétaire et des besoins réels des utilisateurs pour concevoir une réponse unique. Le résultat dessine une logique où chacun trouve son compte : le propriétaire valorise un actif sous-exploité, les entreprises bénéficient d’une flexibilité devenue indispensable, et les collaborateurs retrouvent des espaces qui justifient de quitter leur domicile.
Le premier projet de (re)space, situé dans le quartier européen de Bruxelles, occupe 5.000 m² sur sept étages dans un ancien immeuble de la Commission européenne. Il affiche déjà un taux d’occupation supérieur à 80 %. Un second site s’est développé près de l’aéroport de Bruxelles, où la start-up technologique Wonka AI a notamment installé ses bureaux dans l’ancien siège d’Ernst & Young. Un troisième espace est annoncé avenue Louise. Et Paris figure désormais dans le viseur pour 2027.
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À écouter Pierre Colaiacovo, l’avenir du bureau ne se jouera pas dans les plans d’étage mais dans l’expérience vécue. Personne ne raconte avec enthousiasme la superficie de son espace de travail. En revanche, il arrive encore que l’on évoque avec plaisir un endroit où l’on a passé une excellente journée. C’est peut-être là que commence la véritable révolution de l’immobilier tertiaire.
Sur le même sujet, découvrez le dernier podcast de François Didisheim, CEO de High Level Communication & L’Eventail, sur BXFM Radio :
Article inspiré par la newsletter de Lobby du 26 juin écrite par Françoise Wallyn et François Didisheim, fondateur de Lobby. Retrouvez la revue des cercles du pouvoir, ici
Photo de couverture : Pierre Colaiacovo est le fondateur et CEO de la start-up bruxelloise (re)space, spécialisée dans la transformation de bureaux vacants en tiers-lieux. © DR