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Dans la Cour des Grands : 21 juillet, un défilé de héros !

Dans la Cour des Grands

Thomas de Bergeyck

20 July 2020

© Christophe Licoppe/Photo News

Toutes les occasions sont belles pour réfléchir à ces actes et ritournelles qui font le lit de nos existences. Une année ronde, c'est 365 jours, un anniversaire, une fête de Pâques, une autre de Noël et une cérémonie, celle de la nation reconnaissante, le 21 juillet.

Bien ancrés dans notre inconscient plus que jamais populaire, le défilé, le message royal et la fête au parc surgissent tel des « Madeleine de Proust ». Pour les uns, c'est bon-papa qu'il ne fallait pas déranger devant son poste à galène ou son téléviseur a tube cathodique. Pour les autres, c'est l'excursion d'un jour à Bruxelles, avec jus de fruits et sandwiches dès l'aube, pour être au premier rang des festivités place des Palais, derrière les barrières Nadar. On vient y épier le passage d'un blindé clinquant orné des couleurs du royaume, des F16 fumants passant pile au-dessus du palais ou encore des gradés, pli à la couture, défilant dignement, le nez haut et la mine grave. Pour quelques minutes, on se croirait acteurs de ce grand raout un brin chauvin mais si réconfortant.

Défilé de chars à Bruxelles pour la fête nationale en Belgique
© Christophe Licoppe/Photo News

Mon image d'Epinal, c'est Baudouin, lunettes fumées à la tribune avec à ses côtés Fabiola, qui me faisait tant penser à ma grand-mère. Les voir me rassurait, me laissait penser qu'il y avait un gardien au fort, que le peuple était en de bonnes mains. Qu'il s'agisse d'Albert, Léopold ou Philippe, la figure tutélaire était l'essieu central de cette fête. Le pilier qu'accompagnait un discours martial télévisé, riche en constats, conseils et encouragements pour le restant de l'année à venir.

Le roi Baudouin et la reine Fabiola de Belgique défilent à l'occasion de la fête nationale belge
© RTBF

Cette fois, le paradigme s'est déplacé. La covid est passée par là et, si elle s'éternise sur notre pays, elle a au moins eu le mérite de faire émerger ceux et celles qui, chaque jour, veillent sur nos destins. Ils sont médecins, infirmiers, aides-soignants ou auxiliaires de vie. Des héros du quotidien, toujours disponibles, sans horloge autre que celle de l'urgence. Ces hommes et ces femmes qui, plus que tout, ont été exposés au virus, y ont fait front et, parfois, y ont laissé leur vie.

Le roi Philippe et la reine Mathilde de Belgique rencontre le personnel médical lors de la crise sanitaire COVID-19
Ce 21 juillet 2020, les véritables héros de la nation ne seront pas les militaires et les représentants des forces armées © Daina Le Lardic/Pool/Photo News

Cet été, les pavés de Bruxelles vibreront sous leurs sandales immaculées. Ils seront nos soldats. Le Roi et la Reine ? Présents, bien sûr, avec toute la famille. Mais comme nous, ils seront les témoins d'une solidarité sans précédent. Et l'on se souviendra de ce 21 juillet 2020 où les Belges ont remisé chopes à bière, escargots et feux de Bengale pour redéfinir leur fierté nationale. Où le souverain a cédé le passage à ces anonymes à qui nous dédions notre fête, sobre certes, mais ou le terme national prend vraiment tout son sens.


 

Retrouvez un siècle d'indiscrétions dans les coulisses des cours du monde entier dans Chroniques royales
Thomas de Bergeyck
Éditions Jourdan
2018

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Cinéma

Dans « L’amour qu’il nous reste », son dernier film, le cinéaste islandais Hlynur Pálmason propose une ode à la nature, à la famille et à l’amour. Comme dans « Godland » (sorti en 2022), Hlynur Pálmason place la famille au cœur de son récit. La séparation du couple est vécue comme une lente érosion. Si ce film peut paraître longuet, c’est parce qu’Hlynur Pálmason observe cette famille en déliquescence sur le mode délibérément minimaliste, contemplatif. « L’Amour qu’il nous reste », présenté à Cannes Première au Festival de Cannes 2025, est une chronique sentimentale, froide, empreinte de tendresse et de douceur. Rencontre avec Hlynur Pálmason.

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