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Isabelle de Borchgrave : petits papiers devenus grandes œuvres

HLCLobby Awards

François Didisheim

11 April 2023

Le Leader n’est pas seulement un capitaine d’industrie, grand financier ou même philanthrope. D’autres profils, qui ont fait le choix de travailler seul et en toute indépendance, peuvent également être considérés comme de vrais têtes d’affiche. C’est le cas de notre leader artistique des Lobby Awards de l’année dernière, Isabelle de Borchgrave.

Plus connue sous le nom de Bebelle (à ne pas confondre avec Bébel !), Isabelle Jacobs (son nom de jeune fille) est née à Etterbeek d’un père consul honoraire de Tunisie. Elle a commencé sa carrière en tant que décoratrice. Elle surnomme d’ailleurs ses collègues-concurrentes, non sans humour, les décoratroces. Mais Isabelle, c’est bien plus que ça. Ce qu’elle aime avant tout depuis toujours, c’est… l’art ! Et c’est grâce à ses multiples talents qu’elle va très vite obtenir une vraie reconnaissance, non seulement en Belgique, mais aussi à l’étranger.

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Le coup de foudre date des années 90, à New York, où le Metropolitan combinait la rétrospective Saint-Laurent et une expo de vêtements du XVIIIe siècle. « J’aurais bien volé une de ces robes anciennes », avoue notre interlocutrice qui, de retour au pays, décide de les faire revivre chez elle… Et en papier ! Le nom d’Isabelle de Borchgrave est désormais associé à jamais à ces splendides robes en papier. New York, Boston, Londres, Canada, Japon… Elles ont fait le tour du monde. Et si cette collection-là a été baptisée  Papiers à la mode, c’est sans doute ironique.

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Le succès sera d’ailleurs tel que l’expérience sera réitérée trois fois avec Mariano Fortuny (exposée pour la première fois en 2008 à Venise), I Medici (2009 à Florence) et Les Ballets Russes (collection dévoilée pour la première fois au Théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, le 10 octobre 2010). Plus récemment (en 2022), Isabelle a proposé une splendide collection de plissés en papier – sa marque de fabrique, on l’aura compris – sur le thème de l’Egypte et du Nil, qui fût exposée à la Galerie Berko du Zoute. Il faut dire que les voyages en général, et le pays des Pharaons en particulier, fascinent l’artiste : « J’ai une armoire entière de carnets de voyage, c’est personnel, intime, on n’oublie rien quand on peint. J’essaie de traduire un ressenti que j’ai éprouvé en regardant un paysage. L’Egypte m’inspire et m’aspire énormément, on s’y sent vite immergé, on a l’impression qu’on va voir Moïse surgir au bord du Nil. Tout y est pictural, la lumière et les couleurs changent tout le temps, pour une coloriste, c’est magique. » Mais ce qui a fait l’événement l’année dernière, c’est l’exposition sur Frida Kahlo, la célèbre peintre mexicaine, qu’elle a complètement revisitée.

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La force, le courage, l’authenticité avec laquelle la Mexicaine a symbolisé culturellement son pays et défendu les valeurs féministes avant l’heure, ont inspiré Isabelle de Borchgrave. Ce qui l’a conduit à proposer, dans les prestigieux Musées des Beaux-Arts de Bruxelles, une exposition intitulée, Miradas de Mujeres (Regards de Femme). Isabelle a mis près de trois ans pour réaliser ce travail titanesque, peint à la main, qui a nécessité plus de 4 kilomètres de papier et de carton pour réaliser robes, tapis, meubles, arbres et autres éléments reconstituant l’univers si particulier de Frida Kahlo et de sa maison, la célèbre Casa Azul.

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Isabelle de Borchgrave est décidément une artiste bien de son temps, contemporaine, mais sans oublier de rendre hommage à ses glorieux aînées et ainés. Oui, nous avons de grands talents en Belgique, mais nous l’oublions ou le sous-estimons trop souvent. Prenons la leçon !

Newsletter Lobby du 31 mars 2023, rédigée par François Didisheim, fondateur de Lobby. Retrouvez Lobby, la revue des cercles du Pouvoir, ici

Les diadèmes d’Amalia

Chroniques royales

Dans une biographie écrite par Claudia de Breij en 2021, Catarina-Amalia s’est ainsi confiée : « J’adore les diadèmes…Montrez-moi un diadème, et je sais d’où il vient. Je reconnais tous les diadèmes d’Europe. » Elle a alors ajouté : « Je les portais, ceux de ma mère. Il y en avait un sur sa coiffeuse, et puis je l’ai mis directement sur ma tête » et une photo inédite confirmait cette passion naissante alors que la fille aînée des souverains néerlandais n’avait que huit ans ! Et si les jeunes filles ont coutume de se parer de bijoux en strass pour devenir princesse d’un jour, Amalia, elle, pouvait admirer les plus belles parures versées au fil des ans par les reines successives à l’un des plus précieux ensembles au monde. Toutefois, afin de respecter les us et coutumes, elle a dû attendre de fêter ses 18 ans pour coiffer un diadème en public de façon on ne peut plus officielle. Et pour cette première, elle a choisi celui que sa mère, la reine Maxima, avait arboré le jour de son mariage.

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Yann Kerlau, historien et homme du luxe, nous a quittés

Art & Culture

L’Éventail a la grande tristesse d’annoncer le décès de Monsieur Yann Kerlau survenu le jeudi 8 avril 2026. Yann Kerlau a eu une carrière importante dans le monde du luxe avant de se consacrer à l’écriture. Il était devenu critique littéraire, écrivain, auteur d’ouvrages historiques et culturels (mode, dynasties, biographies…) et conférencier. Il était également un collaborateur fidèle de L’Éventail depuis 2014. L’Éventail transmet à son épouse, Eliane, ses plus sincères condoléances.

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