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Sonja de Norvège, l'autre reine artiste

Portrait Gotha

Christophe Vachaudez

05 July 2019

© DR

Moins médiatisée que ses consoeurs suédoise ou néerlandaise, la reine de Norvège exerce pourtant son métier depuis bientôt 28 ans ! D'un tempérament artiste, celle qui fut la première bergère à épouser son prince charmant se consacre aussi aux êtres les plus fragiles de la société, s'engageant avec conviction en tant que femme et souveraine. Elle fêtera ses 82 ans ce 4 juillet.

Tante à la mode de Bretagne de notre roi Philippe, Sonja de Norvège posséderait un caractère bien trempé qui lui a souvent permis de mener à bien nombre de projets, contre vents et marées. Cette détermination lui vient sans doute d'une épreuve qui, finalement, eut un heureux épilogue. Ne dut-elle pas attendre neuf longues années pour épouser l'élu de son coeur ?

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Quand elle rencontre le prince héritier Harald en 1959, le roi Olav voit d'un mauvais oeil l'idylle naissante. Jamais, croit-il, il n'autorisera son fils à épouser une roturière. Sonja Haraldsen qui a alors 22 ans est issue d'une famille bourgeoise habitant le district de Vinderen à Oslo. Elle a obtenu un diplôme en confection avant de poursuivre sa formation à l'École Professionnelle des Jeunes Filles de Lausanne. Rentrée en Norvège, elle perfectionne son Français et son Anglais et étudie l'histoire de l'art.

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Malgré l'interdit, les deux jeunes gens continuent à se fréquenter en secret. Le prince Harald finit même par déclarer à son père qu'il épousera Sonja ou restera célibataire. Le Roi tient bon mais la peur de voir s'éteindre la dynastie le fera finalement fléchir en 1968. Suivi par le gouvernement, il autorise l'union en mars. Le mariage sera célébré le 29 août de la même année et, sans tarder, la Princesse prend la succession de la princesse Martha, décédée en 1954. Elle sillonne la Norvège à la rencontre de ses concitoyens, s'inquiétant de l'aide ou du soutien qu'elle pourrait leur apporter.

 
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Le 22 septembre 1971, la naissance d'une fille prénommée Martha-Louise, va lui permettre de constituer un fonds en faveur des enfants hadicapés. Les dons envoyés pour le royal bébé vont donc servir une noble cause. Les années septante sont marquées par le problème des réfugiés qui devient bientôt le cheval de bataille de Sonja. La Princesse est l'une des premières à rallier la Malaysie et à visiter les camps de boat-people vietnamiens. Comme beaucoup, elle participera au premier telethon humanitaire en 1974. Son intérêt pour cette cause n'a jamais faibli et, en 2010, elle s'est rendue à Dadaab au Kenya, l'un des plus grands centres pour personnes déplacées, avant que la crise syrienne n'éclate.

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Son implication lui vaut le prix Nansen pour les réfugiés, un chèque de 50.000 $ qu'elle offre pour la construction d'écoles en Tanzanie. Elle patronne également la croix rouge norvégienne qui veille au bien-être des moins nantis. Le 20 juillet 1973, la Princesse a donné le jour à un héritier baptisée Haakon-Magnus. Jadis tellement réticent, le roi Olav s'est laissé conquérir par le charme de Sonja.

Patrimoine, horticulture, musique et gravure

Cette dernière a pris en charge la culture et chapeaute désormais la Société pour la Préservation des anciens monuments de Norvège, l'Association des Musées Norvégiens, les Instituts norvégiens d'Athènes et de Rome mais aussi la Société norvégienne d'Horticulture. Sonja s'intéresse beaucoup aux plantes et à la nature en général et réalise une fois par an un trekking dans une région choisie du pays. Parfois, elle est même rejointe par la reine Margrethe de Danemark. Lors de ces journées de marche, elle pratique la photographie avec un certain talent et se sert de ses clichés lors d'exposés vantant les beautés naturelles de Norvège.

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Quand elle monte sur le trône, aux côtés de son époux, le 21 janvier 1991, elle ne change rien à ses habitudes. Au contraire, elle amplifie son action. Ainsi, le Concours International de Musique Reine Sonja qu'elle a instauré en 1988 retrouve un nouvel élan. Son intérêt pour la musique n'est pas feint et elle soutient avec enthousiasme l'Opéra national et son ballet, l'orchestre philharmonique d'Oslo et différents festivals organisés à travers le pays. Si la souveraine ne joue pas elle-même d'un instrument, elle a bien d'autres cordes à son arc. Comme la princesse Beatrix des Pays-Bas et la reine Margrethe de Danemark, elle peint avec passion, prenant part à des expositions, principalement en Scandinavie. Quand il ne s'agit pas d'aquarelles ou d'huiles sur toile de sa main, la Reine prête volontiers à des manifestations culturelles des pièces de sa collection d'art contemporain.

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Celle qui fut immortalisée par Andy Warhol achète depuis bien longtemps avec un discernement salué par la critique. Toutefois, il semble que la gravure ait ses préférences, travaillant en solo ou en collaboration avec des artistes nationaux reconnus comme Kjell Nupen ou Ørnulf Opdahl. Elle a d'ailleurs institué un Prix en 2012 afin de promouvoir la création sur papier. Certains la disent dépensière, un défaut qui se serait affirmé lors des coûteuses restaurations du palais royal mais la bonne santé de l'économie nationale a aidé à étouffer ses rumeurs.

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Enfin, la Reine suit de prêt les innovations pédagogiques dans les écoles, par intérêt certes, mais aussi parce qu'elle est la grand-mère comblée de cinq petits-enfants : Maud Angelica, Leah Isadora et Emma Tallulah nées chez sa fille Martha-Louise, la princesse Ingrid Alexandra et le prince Sverre Magnus, les enfants de son fils Haakon-Magnus. Avec un tel éventail d'intérêts, Sonja de Norvège s'inscrit assurément dans le peloton de tête des souveraines européennes, portant le haut le drapeau de sa patrie.

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