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Joyaux dynastiques

BijouxJoaillerieNews Gotha

Christophe Vachaudez

29 December 2025

L’exposition organisée conjointement par le V&A et la collection Al Thani à l’hôtel de la Marine nous permet de clore l’année royale sur une note scintillante. Une myriade de diadèmes, des pierres non montées issues des collections du musée de minéralogie de Paris, de précieux bijoux de la reine Victoria, de l’impératrice Catherine II, de la reine Elisabeth de Belgique, de l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, ou encore des duchesses de Portland ou de Manchester, autant de prétextes pour aborder sans réserve une symbolique riche et complexe.

En effet, si le bijou, par essence, est censé rendre plus beau en améliorant l’apparence et en renforçant la séduction (Judith n’a-t-elle pas porté ses plus beaux bijoux pour séduire Holopherne et lui couper la tête ?), son port va très vitre être associé à l’expression du pouvoir. Les souverains vont user des joyaux avec opulence pour indiquer leur statut. Ainsi, la reine Élisabeth Ière était parée comme une châsse quand elle recevait des émissaires étrangers et aurait même, selon la légende, dissipé le brouillard lors de son couronnement tant elle était couverte d’or et de pierreries. À la même époque, l’infortunée Jeanne d’Albret qui est contrainte à 12 ans d’épouser le duc de Clèves doit être portée par deux soldats tant sa robe rebrodée est pesante mais des chroniqueurs racontent surtout qu’elle ne voulait en aucun cas s’unir à l’époux que lui imposait son oncle, le roi François Ier. Mais le port d’un bijou peut aussi révéler l’attachement éprouvé pour un être cher. Il peut être aussi un signe de reconnaissance ou d’appartenance à une cause ou à une religion.

L’exposition s’articule autour de quatre thèmes. Le premier évoque la fascination qu’exerce les pierres précieuses. Nombre d’entre elles firent tourner la tête à plus d’un souverain ! En France, les Joyaux de la Couronne qui furent en grande partie dispersés en 1877, comptaient des diamants de toute beauté, témoignages du faste des souverains. Parmi eux, Louis XIV fut un collectionneur passionné et, quand le voyageur Jean-Baptiste Tavernier revient en 1668 de son sixième périple en Inde avec, dans son escarcelle objets précieux, perles, bijoux et 1083 diamants, le roi soleil lui achète le tout pour 900.000 livres ! Rescapé de ce trésor, un saphir bicolore de 19,67 carats scintillera dans l’une des vitrines avec, pour voisins, des améthystes de l’Oural et des topazes roses provenant du Musée de minéralogie de l’École des Mines.

Issus des écrins de maharadjas, l’étoile de Golconde et la Briolette des Indes, deux diamants ne pesant pas moins de 57 et 90 carats sont également présents ! La suite du parcours met le diadème à l’honneur. Cet ornement de tête déjà en vogue sous l’Antiquité n’est plus de mise au XVIIe siècle, supplanté par l’aigrette. Il fait cependant un retour remarqué sous le Premier Empire et connait ensuite un succès qui, depuis, ne s’est jamais démenti. Parmi les bijoux choisis, le diadème réalisé pour Lilian, épouse de l’industriel Otto Beit illustre l’une des facettes du style guirlande mis à l’honneur par Cartier, habile réminiscence du courant Louis XVI.

Quant aux fleurs de lys qui ornent le diadème offert à la princesse Maria de Savoie pour son mariage avec le prince Louis de Bourbon-Parme en 1939, elles rappellent à propos le blason de l’heureux élu ! Quant aux diadèmes de la duchesse de Portland et de la duchesse de Manchester, ils représentent dignement la flamboyante aristocratie britannique.

La section suivante explore l’idée de transmission mais aussi le caractère historique de certains bijoux étroitement liés à l’image d’un souverain. Impératrice des Reines et reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne, la reine Victoria disposait d’un fabuleux écrin. Pourtant, il s’est dispersé au fil des générations et le grand collier offert par le sultan de Turquie comme la parure de rubis de la vénérable souveraine ont ainsi disparu. Fort heureusement, sa couronnette de saphirs dessinée par le prince consort Albert en 1840 a survécu. Elle sort cependant des collections royales en 1922 quand elle est offerte à la princesse Mary, tante de la reine Elizabeth, à l’occasion de son mariage avec Lord Henry Lascelles.

Les broches ne sont pas en reste avec une énorme rose provenant des collections de la princesse Mathilde, cousine de Napoléon, ou un somptueux noeud en diamants offert par le tsar Nicolas II à sa cousine Elena Vladimirovna à l’occasion de son mariage avec le prince Nicolas de Grèce en 1902. La dernière section rend compte des bouleversements qui marquent le XXe siècle et font glisser les sphères du « pouvoir » vers de puissants industriels et des héritières fortunées, ce qui ne décourage pas les maharadjahs qui continuent à passer des commandes somptuaires aux grandes maisons parisiennes, derniers feux d’une époque bénie pour la joaillerie et ses créateurs.

Joyaux dynastiques | Hôtel de la Marine

Jusqu’ai 6 avril 2026

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Extra informatie

Exposition

Joyaux dynastiques

Adresse

Hôtel de la Marine
Place de la Concorde, 2
75008 Paris
France

Dates

Jusqu’au 6 avril 2026

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