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En direct de Cannes : le rythme cannois ne faiblit pas, au contraire !

CinémaEn direct de Cannes

Corinne Le Brun

18 May 2026

Cette première semaine a encore réservé son lot de surprises et de grands moments

Passionné d’aviation depuis son enfance, il a atterri à Nice à bord de son propre avion… avant de présenter son premier film en tant que réalisateur, Vol de Nuit pour Los Angeles, dans la catégorie Cannes Première. Tout en douceur, l’histoire raconte le premier vol d’un jeune garçon de New York vers Los Angeles. John Travolta met en scène avec tendresse son enfance. Avant la projection, la légende américaine a reçu une Palme d’or d’honneur surprise. « Je n’arrive pas à y croire. C’est au-delà de l’Oscar. » C’est avec ces mots que l’acteur américain, 72 ans, béret crème et lunettes, a salué l’auditorium sous une pluie d’applaudissements.

John Travolta ontvangt een verrassingsprijs voor de Palme d'Or op het 79e Filmfestival van Cannes. Foto Nieuws

Autre sensation forte. Star parmi les stars, Adam Driver a monté seul — sans Scarlett Johansson, absente sur le tapis rouge — les marches pour Paper Tiger de James Gray, ce drame intense et émouvant dans lequel deux frères en quête du rêve américain se retrouvent pris au piège par la mafia russe dans le New York des années 80. La famille se délite et c’est bouleversant.

Pendant ce temps-là, le Festival de Cannes déroule son tapis rouge de promesses.

Adam Driver © Photo News

Nos premiers coups de cœur

Soudain, le très long métrage (3h16’) s’inspire d’un dialogue littéraire entre un anthropologue et un philosophe sur le sens de la vie. Tourné en grande partie dans un Ehpad mêlant français et japonais, le cinéaste japonais Ryūsuke Hamaguchi (Drive my Car) nous emmène dans un voyage introspectif où Virginie Efira, directrice d’un établissement tente d’instaurer l’humanitude, une méthode plus adaptée pour ses patients âgés. Soudain, elle rencontre une metteuse en scène de théâtre japonaise. Se noue entre elles une amitié profonde. Virginie Efira incarne ici un nouveau rôle, exceptionnel. Elle parle japonais comme elle respire. Peut-être la Palme de la meilleure actrice ?

Virginie Efira © DR

Fatherland. Bouclant un triptyque historique en noir et blanc, Paweł Pawlikowski illumine la Croisette avec un film compact et vibrant sur les traces laissées par la guerre. 1949. L’écrivain Thomas Mann, Prix Nobel de littérature, exilé d’Allemagne dès 1933, revient au pays. Accueilli comme héros des deux côtés du rideau de fer, il est accompagné de sa fille Erika (sublime Sandra Hüller). Le suicide de son frère Klaus Mann (August Diehl, qui terrasse tout dès l’ouverture du film) surplombe ce drame intense sur l’avenir d’une « Nouvelle Allemagne » et la déchéance idéologique et politique d’un pays. Portrait subtil d’un écrivain et d’un père. Une palme en perspective.

L’être aimé, de Rodrigo Sorogoyen. Quatre ans après avoir présenté le thriller rural As bestas à Cannes Première, Rodrigo Sorogoyen est de retour dont la prémisse rappelle Valeur Sentimentale, qui a valu le Grand Prix à Joachim Trier à Cannes l’an dernier. Cinéaste célébré à travers le monde, Esteban Martinez (Javier Bardem, magistral) revient en Espagne afin d’offrir à sa fille Emilia (Victoria Lungo, que l’on verra dans Autofiction de Pedro Almodovar, dans quelques jours) le rôle principal dans son prochain film. Les relations sont tendues. « Le cinéma ne peut pas tout réparer » comme le dit Emilia… Couleurs, noir et blanc, séquences d’affrontement, épatant duel entre père et fille.

Javier Bardem © Jacovides-Moreau/Bestimage

Hirokazu Kore-eda, un robot dans la famille

La Quinzaine a eu la bonne idée de le célébrer. Inclassable, singulier, Alain Cavalier (94 ans) a présenté le dernier épisode de son journal filmé Merci d’être venu avec un parfum de dernière fois. Lui-même n’ayant pas voulu faire le déplacement, il a laissé le soin à son fidèle producteur depuis quarante ans, Michel Seydoux, de le représenter. Alain Cavalier a donné de ses nouvelles par film interposé. Une façon discrète et élégante de faire ses adieux au public.

Les rues cannoises grouillent de monde. La course effrénée aux interviews, aux places et autres autographes bat son plein. Sous un soleil radieux. Un couple de Japonais promène son enfant robot sur la Croisette. Serait-il la fille robot de Sheep in the box de Hirokazu Kore-eda ? Le cinéaste japonais, multiprimé à Cannes (Une affaire de famille, Palme d’or en 2018 ; Prix du meilleur scénario, en 2023), une nouvelle fois en lice pour la Palme d’or, s’empare de l’IA pour parler de ce qui fait de nous des humains. Et questionne notre bienveillance en mettant en scène un enfant robot dans une famille endeuillée. Impressionnant, profond.

Hier soir, nous avons vu le très attendu Moulin du Hongrois László Nemes, découvert à Cannes avec Le fils de Saul, qui a confié à Gilles Lellouche le soin d’incarner le martyre lyonnais du grand résistant. Un rien académique, le biopic est organique, interpellant. La bataille de Gaulle : L’âge de fer : à 64 ans, le comédien Simon Abkarian incarne le Général dans un biopic en deux parties, présenté hors compétition. Un défi rarement relevé à l’écran. Toujours dans la veine historique, Coward de Lukas Dhont, en compétition, sera présenté en première mondiale jeudi. Très attendu, lui aussi !

Depuis 90 ans, il n’est de champagne que de la Champagne

Gastronomie & Oenologie

En 2026, la Champagne fête les 90 ans du décret qui, en 1936, a officiellement reconnu son appellation d’origine contrôlée. Loin d’un simple anniversaire, la date rappelle qu’un des noms géographiques les plus célèbres de la planète repose sur un édifice juridique patiemment construit … et sans cesse défendu. Comment protège-t-on un mot devenu, dans le langage courant, synonyme de fête et d’excellence, sans le laisser devenir un mot comme les autres ?

Advertentie

« On vous croit » : un sacre aux René du cinéma

Cinéma

Couronné meilleur film à la 15 et « uneième » (dixit Charline Vanhoenacker) Cérémonie des René du cinéma samedi soir, le drame familial de Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys est parvenu à ravir le jury et le public, invité, pour la première fois, à voter. Parti en pole position des nominations avec 11 citations, « On vous croit » s’impose avec 8 trophées. Dont le prix de la Meilleure actrice remporté par Myriem Akheddiou et Laurent Capelluto pour le prix du Meilleur acteur dans un second rôle. Yannick Renier, lui, a remporté le René du Meilleur acteur pour son rôle dans « Reflet dans un diamant mort » d’Hélène Cattet et Bruno Forzani.

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