• HLCÉ

La famille Wijnants, unie dans la gastronomie

Rédaction Eventail

20 May 2016

© Corinne Lebrun

[caption id="attachment_16226" align="alignnone" width=""]La famille du [/caption]Ils forment quatre générations de virtuoses de la haute cuisine belge. Georges et Héléna, Louis et Simone, Pierre et Marie-Thérèse, Lionel et Laurence ont construit la belle histoire du « Comme chez soi ». Le restaurant étoilé bruxellois fête ses nonante ans... Une aventure gastronomique où la famille tient le haut du pavé. Depuis près de dix ans, le « patriarche » Pierre Wijnants, toujours très actif1, constate que l'histoire familiale perdure avec sa descendance. Une fierté.

- Eventail.be - Quels sont les avantages et inconvénients de travailler en famille ?

- Pierre Wijnants - Si on s'entend bien, c'est toujours un plaisir. L'ambiance compte énormément. Travailler ensemble est certainement une plus-value.
- Laurence Wijnants - Dans ce métier, la vie de famille est mise sur le côté. Adolescente, je me souviens que mes parents étaient constamment très occupés. Aujourd'hui, on se rattrape bien ! Mon mari Lionel (NDLR : Rigolet) et moi avons pris la relève en 2007. La transmission s'est faite progressivement.
- Lionel Rigolet - On est tout le temps ensemble et c'est très bien. Il faut éviter de se disputer - c'est rare - devant le personnel. Avec la succession, on s'est responsabilisés, on a appris à s'extérioriser en toute confiance. J'ai travaillé douze années avec mon beau-père.


- C'est important pour vous, la famille ?

- L. W. - Elle est le centre de tout. La bonne entente doit aussi fonctionner au sein du couple sans quoi je ne pourrais pas travailler avec Lionel. Nous avons eu un bel exemple avec mes parents. Même s'ils étaient souvent absents, ils ont construit quelque chose de très fort. L'affection était là.
- L. R. - Mes parents ont toujours été disponibles pour nous. Ils nous emmenaient visiter la Belgique pendant le week-end. Notre famille est également très soudée.
- P. W. - L'histoire du « Comme chez soi » est basée sur la famille depuis quatre générations. Ma femme et moi avons travaillé côte à côte. C'est un avantage pour tout le monde. Il faut avoir des idées larges et de la souplesse.

La famille Wijnants
Le célèbre Comme chez soi est une affaire familale depuis quatre générations - © Droits réservés

- Quelles sont les valeurs transmises par vos parents ?

- L. W. - Le respect dans la vie professionnelle et privée. À quinze ans, je m'étais inscrite à l'école hôtelière à Namur, à la grande surprise de mes parents. Les professeurs s'attendaient à être épatés puisque j'étais la fille Wijnants. Ma première mayonnaise n'était pas la plus facile à faire ... (rire). L'éducation, l'affection que j'ai reçues m'ont beaucoup aidée. Et j'ai rencontré Lionel à la fin de mes études...
- P. W. - Il faut éduquer les enfants avec fermeté et avec gentillesse. Et leur apprendre à bien manger ! Leur transmettre aussi toutes les ficelles du métier et de la vie. Puis, pouvoir déléguer. Il faut être très souple et laisser place aux jeunes.
- L. R. - Mes parents m'ont transmis l'amour, le respect, l'éducation. Accroc aux voitures et à la mécanique, je me suis finalement tourné vers l'école hôtelière sur les conseils de mes parents. Ils ont eu raison !

Lionel Rigolet fait tourner une affaire de famille
C'est Lionel Rigolet qui fait désormais tourner cette affaire de famille - © Droits réservés

- Quel est votre plus beau souvenir d'enfance ?

- L. W. - Nous avons fait de très beaux voyages quand on était petites (avec Véronique, sa soeur, ndlr). À dix-sept ans, nous étions en Floride et sommes repartis en Concorde. J'avais même été invitée dans le cockpit ! À neuf ans, je fus la reine du Barnum Bailey Circus, le plus grand cirque du monde !
- L. R. - Nous passions nos vacances à Pâques, à la mer du Nord, avec plusieurs familles d'amis. Le soir, les parents étaient, à tour de rôle, responsables de la chambre. C'était la fine « équipe de foyers » !


- Comment allez-vous célébrer la fête de votre père ?

- L. R. - Je serai dans l'avion vers les Seychelles où j'organise chaque année un concours de cuisine. À notre retour, nous irons certainement dans un restaurant étoilé. Les grands cadeaux sont plutôt remis pour les anniversaires.
- L. W. - La date tombe toujours pendant les examens. C'est bien dommage. Et j'avoue que, à chaque fois, trouver un beau cadeau est compliqué (rire).
- P. W. - Mes enfants peuvent m'inviter dans un bon restaurant. L'an dernier, mes petits-enfants m'avaient promis une enveloppe pour mon iPad. Je l'attends toujours (rires) ...

Le 19 juin 2016, date anniversaire de ses 90 ans, Comme chez Soi organisera un rallye gastronomique. Quatre étapes pour quatre générations de l'enseigne bruxelloise. Infos et réservations: www.commechezsoi.be
 
1 Avec Paul Wittamer, Pierre Wijnants prépare les recettes pour Boco Bruxelles, une formule de restauration rapide servie en bocaux version gastronomique. Il concocte également une nouvelle praline Neuhaus pour les fêtes de fin d'année...

François-Xavier Maroteaux (UGCB) : « Bordeaux reste le fleuron du vignoble mondial »

Gastronomie & Oenologie

Le président de l’Union des Grands Crus de Bordeaux (UGCB) était à Bruxelles pour y présenter le millésime 2023, devant 330 professionnels réunis par près de quatre-vingt-dix propriétés. François-Xavier Maroteaux y a livré sa lecture d’un marché sous pression, sans renoncer à l’optimisme pour les grands crus.

Séminiaire de la Fondation d’Arenberg

Vie mondaine

Au Théâtre des Galeries, un séminaire organisé par la Fondation d’Arenberg a réuni des experts internationaux lors de la conférence intitulée « Défendre l’Europe : état des lieux, défis et futurs possibles ». Introduite par duc Léopold d’Arenberg, elle a permis des échanges entre stratèges, diplomates et chercheurs sur les défis et perspectives de la défense européenne. © Violaine Le Hardÿ de Beaulieu

09/03/2026

La Villa Lorraine, à l’aube du renouveau, cherche encore le bon tempo

Gastronomie & Oenologie

C’est l’événement culinaire de l’année : le chassé-croisé entre les chefs du Botanical Sanctuary et de la Villa Lorraine. Si le palace anversois cherche clairement à renforcer son prestige en accueillant dans les cuisines de son restaurant un nom aussi ronflant que celui d’Yves Mattagne, l’arrivée du chef Reuben Christiaens à la Villa signe un véritable tournant dans l’histoire de cette grande maison. Fini les flonflons et les grands airs : place à la modernité… et à une certaine idée de l’accessibilité. Les tâtonnements sont visibles (et assumés), mais cette grande maison est prête à trouver son nouveau rythme.

Alle artikels

Alle artikels