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À Stockel, Le Shake rassemble à nouveau son quartier

BruxellesFoodRestaurant

Martin Boonen

16 July 2026

Il est des adresses qui tiennent lieu de repère autant que de restaurant. À Stockel, le Shake Hands a occupé cette place pendant vingt-huit ans. Depuis le mois de mars, l’enseigne a changé de nom et de visage : rebaptisée Le Shake, elle rouvre en brasserie parisienne. Alors que repenser, c’est souvent trahir un peu, comment un quartier aussi attaché à ses habitudes que celui de Stockel allait-il réagir au moment de la réouverture de l’une de ses adresses phares ? La réponse se trouve avenue Orban.

Le restaurant de quartier, ce n’est pas une catégorie officielle de guides culinaires. Cela peut être tout autant une trattoria traditionnelle ici, qu’un comptoir thaï là-bas, ou un bistrot deux rues plus loin. Ce qui les rassemble tous tient de l’usage qu’on en fait. On reconnaît le restaurant de quartier à sa clientèle, composée d’une part variable d’habitués, que le personnel accueille par leur nom en leur servant leur apéritif préféré avant même de prendre leur commande ; et d’une autre part variable de clients passagers qui trouvent, ou pas, dans un restaurant de quartier, l’oasis gourmand dont ils avaient besoin dans un quartier qu’ils ne connaissent pas.

© Le Shake

© Le Shake

Des restaurants de quartier, il y en a quelques-uns à Stockel. Ici, ce rôle revêt un enjeu particulier. Malgré son intégration à Bruxelles, le quartier a gardé des allures de village. Autour de la place Dumon, où le marché s’installe trois fois par semaine, se concentrent des dizaines de restaurants et de commerces, un cinéma qui tient bon depuis 1955, une vie locale dense sur à peine un kilomètre et demi carré.

Vingt-huit ans à réinventer

L’histoire commence en 1998, quand le Shake Hands ouvre avenue Orban. L’endroit s’installe vite dans le paysage et devient, au fil des décennies, l’un de ces points d’ancrage dont un quartier ne se lasse pas. Le temps a fini par marquer les lieux, et la reprise, engagée en 2026, était devenue nécessaire. Elle a été menée par un duo qui connaît la maison de l’intérieur, pour y avoir grandi. De cette proximité découle un choix assumé : prolonger l’histoire du Shake Hands en lui donnant une allure résolument actuelle.

© Le Shake

Dans un quartier attaché à ses repères, transformer une adresse installée depuis vingt-huit ans revient à toucher à un bien commun. Il fallait convaincre une clientèle plus jeune tout en gardant la confiance des habitués, moderniser le lieu en le laissant reconnaissable. La barre était haute : la clientèle stockeloise, habituée à la qualité, n’a pas la réputation d’être facile.

Le pari tenu

© Le Shake

Et disons-le tout de suite : le résultat convainc. Dès l’entrée, le ton d’une brasserie parisienne est posé : nappes blanches, vaisselle personnalisée, lumière douce et feutrée. Le bar accueille l’apéritif comme les moments plus spontanés.

En cuisine, la logique est la même. Des classiques de brasserie, exécutés avec rigueur : rien de compliqué pour le plaisir de l’être, mais un vrai souci du fait maison, qui se retrouve dans la justesse des cuissons, la mesure de l’assaisonnement, le travail des sauces et le soin des garnitures. Mention spéciale au steak tartare coupé au couteau ou au vol-au-vent à la volaille et au ris de veau, tous deux à l’impeccable tenue ! La sole meunière ou la belle côte à l’os ne sont pas en reste. Un menu de la semaine et des suggestions de saison complètent la carte, à des prix qui restent raisonnables au regard de la qualité.

© Le Shake

La carte des vins ne fait pas non plus dans l’exubérance, mais elle est suffisamment bien conçue pour que toutes les soifs y trouvent leur compte : classiques de Bordeaux, grands noms du Roussillon, de la Loire ou du Beaujolais, voire d’Italie pour les rouges, quelques belles références en Loire, Alsace et Bourgogne pour les blancs.

© Le Shake

© Le Shake

Aux beaux jours, la terrasse prolonge la salle. Elle donne sur un carrefour, ce qui pourrait rebuter, et se révèle pourtant très agréable, baignée de soleil et propice à s’attarder. Le genre d’endroit où l’apéritif glisse volontiers vers le dîner. En parlant d’apéritif, ne passez pas à côté du Shake, le cocktail maison : gin, St-Germain, pêche blanche et tonic. L’amertume du tonic, contrebalancée par la rondeur du St-Germain, donne un cocktail frais, léger, à la grande buvabilité, avec un étonnant côté vineux qui rappelle les rosés de Provence. La pêche, qui évoque les fruits à chair blanche des rosés, ne doit pas y être pour rien.

© Le Shake

Dans une brasserie, le service fait la moitié du plaisir, et celui du Shake mérite qu’on s’y arrête. L’accueil est chaleureux, le rythme soutenu sans jamais verser dans l’urgence : les plats s’enchaînent sans temps mort, et l’on ne se sent pourtant jamais bousculé. Le soir de notre visite, alors que la salle affichait complet, l’équipe a installé un mange-debout sur un coin de trottoir tranquille et ombragé, pour que les clients en attente d’une table patientent un verre à la main. Ce geste, tout simple, résume l’état d’esprit de la maison.

Stockel tenait à l’une de ses tables de quartier préférées ; la voici de retour, plus soignée que jamais, et toujours aussi accueillante.

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Extra informatie

Restaurant

Le Shake

Adresse

Avenue Orban, 208
1150 Woluwe-Saint-Pierre

Sur internet

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