Rédaction
03 September 2026
L’histoire remonte à l’été 1976. Aux Jeux olympiques de Montréal, Ivo Van Damme, demi-fondeur belge de vingt-deux ans, décroche deux médailles d’argent, sur 800 et 1 500 mètres, et s’impose comme l’un des plus grands espoirs européens de sa discipline. Sept journalistes sportifs belges lui promettent alors d’organiser un grand meeting international s’il confirme ces résultats. Le 29 décembre de la même année, le coureur trouve la mort dans un accident de voiture. Ses amis journalistes tiennent malgré tout leur promesse : la première édition du Mémorial se déroule le 16 août 1977. Deux des athlètes qui avaient devancé le Belge à Montréal, le Néo-Zélandais John Walker et le Cubain Alberto Juantorena, prennent part aux premières éditions. En 1978, Juantorena demande lui-même une minute de silence avant son 400 mètres, à la mémoire de son ancien rival.
© Tomas Sisk/Photonews
Le rendez-vous bruxellois a rejoint le Grand Prix de l’IAAF en 1985, la Golden League en 1998, puis la Diamond League dès sa création en 2010. Il compte aujourd’hui parmi les meetings les plus richement dotés au monde, avec un budget supérieur à trois millions d’euros. Le Stade Roi Baudouin, au Heysel, en est le théâtre attitré, devant une affluence qui varie de 35 000 à plus de 40 000 spectateurs selon les années.
© Bert Van Den Broucke/Photonews
La piste bruxelloise a vu tomber quelques-uns des chronos les plus fameux de l’histoire. Sebastian Coe y signe un record du monde du mile dès 1981. Suivront les exploits de Daniel Komen, Kenenisa Bekele, Hicham El Guerrouj ou Usain Bolt, dont les 9 s 76 sur 100 mètres restent gravés au palmarès du meeting, tout comme les 6,11 mètres d’Armand Duplantis à la perche. En 2004, une même soirée voit deux records du monde établis, par Saif Saaeed Shaheen sur 3 000 mètres steeple et Yelena Isinbayeva à la perche.
Pour ce jubilé, qui marque aussi les cinquante ans de la mort d’Ivo Van Damme, l’organisation a vu grand. Une statue en bronze de quatre mètres, œuvre du sculpteur Jan Desmarets, a été dévoilée le 31 août devant le Stade Roi Baudouin, en présence du bourgmestre Philippe Close et de l’échevine des Sports Florence Frelinx. L’œuvre sera réinstallée chaque année devant l’enceinte avant de rejoindre définitivement le futur Parc des sports du plateau du Heysel.
© Didier Lebrun/Photonews
Le meeting s’ouvre sur une cérémonie mêlant danse et images d’hommage au champion disparu, et se referme sur une clôture particulière. La semaine qui précède l’événement est rythmée par une série d’hommages à quelques légendes de l’athlétisme : Usain Bolt le lundi, Sergueï Bubka le mardi, Carl Lewis le mercredi et Armand Duplantis le jeudi. Ce dernier figure, avec Femke Bol et Julien Alfred, parmi les têtes d’affiche internationales d’une édition qui coïncide de nouveau avec la finale de la Wanda Diamond League et ses trente-deux disciplines. La famille royale belge est attendue parmi les invités, aux côtés de Carl Lewis, convié comme invité d’honneur.
© Vincent Kalut/Photonews
Côté belge, la ferveur se concentre autour de Nafi Thiam, triple championne olympique d’heptathlon et vedette annoncée du plateau national. Le cofondateur Wilfried Meert, aujourd’hui président d’honneur, plaide de son côté pour la mise en lumière d’une nouvelle génération d’athlètes, parmi lesquels Eliott Crestan, Ben Broeders, Thomas Carmoy ou Helena Ponette. La directrice du meeting, Kim Gevaert, ancienne sprinteuse aux onze participations, a dévoilé un programme renforcé pour l’occasion. Le gala du Hall of Fame, qui se tient traditionnellement à l’Hôtel de Ville de Bruxelles la veille de la compétition, complète ce dispositif anniversaire.