Martin Boonen
07 July 2026
C’est désormais officiel. Sa Majesté le Roi assistera au quart de finale opposant les Diables Rouges à l’Espagne, vendredi 10 juillet au SoFi Stadium de Los Angeles, a annoncé le Palais royal ce mardi 7 juillet. Le déplacement figure à l’agenda officiel de la Monarchie. Le coup d’envoi sera donné à 21 h, heure belge.
Le souverain n’a pas attendu ce rendez-vous pour manifester son attachement à notre équipe nationale de football. À la veille de l’entrée en lice des Belges, il s’était entretenu par visioconférence avec le sélectionneur Rudi Garcia, le capitaine Youri Tielemans et Romelu Lukaku. Selon la presse belge, il aurait salué le sélectionneur d’un « Il paraît que vous chantez très bien la Brabançonne, avec beaucoup de cœur », avant de conclure : « La nation entière est derrière vous. » L’échange a été filmé et relayé par les canaux officiels de l’Union belge de football.
© Tomas Sisk/Photonews
Le contexte, ces derniers jours, n’avait rien d’apaisé. Avant le huitième de finale contre les États-Unis, disputé sur fond de polémique après une décision controversée de la FIFA sur l’éligibilité d’un joueur américain, le Roi aurait souhaité, selon L’Avenir, que « le fair-play l’emporte ». Les Diables se sont imposés 4-1.
L’engouement du chef de l’État pour les Diables Rouges ne date pas d’hier. En 2016, il avait fait le déplacement à Lille avec sa fille aînée, la princesse Élisabeth, pour un quart de finale de l’Euro perdu contre le Pays de Galles. Deux ans plus tard, on le retrouvait à Moscou lors du Mondial russe, accompagné des princes Gabriel et Emmanuel. En 2021, il assistait à Copenhague à la rencontre contre le Danemark, aux côtés du prince héritier Frederik, aujourd’hui roi Frederik X. Et à l’Euro 2024, il avait emmené trois de ses enfants à Cologne pour la victoire face à la Roumanie.
Le souverain a même prêté son image à un registre plus léger. À l’approche du Mondial 2022, il s’était mis en scène en coach improvisé des Diables Rouges. Dans cette vidéo, le sélectionneur Roberto Martinez, invité au Palais, découvrait un Roi en pantoufles à l’effigie de l’équipe, muni d’un cahier de notes tactiques, qui lançait un « Deviltime ! » avant de rejoindre le terrain d’entraînement. La séquence se refermait sur un tatouage éphémère du logo de la compétition, apposé sur son avant-bras. La reine Mathilde est elle aussi citée parmi les fidèles de l’équipe, quand les princes Gabriel et Emmanuel se sont montrés à plusieurs reprises dans les tribunes.
Si la Cour suit les Diables Rouges d’aussi près, c’est que l’équipe occupe une place à part dans un pays volontiers divisé. Le football national reste l’un des rares terrains d’entente entre les communautés. Le 15 juin, jour de l’entrée en lice contre l’Égypte, le Parlement wallon a écourté une commission, d’un commun accord entre le MR, Les Engagés et le PS, pour permettre à ses membres de suivre la rencontre.
© Tomas Sisk/Photonews
Les audiences ne disent pas autre chose. Ce match d’ouverture a réuni en moyenne plus d’un million de téléspectateurs sur La Une, soit plus de trois quarts du public disponible en Belgique francophone, selon la RTBF. Le seizième de finale contre le Sénégal aurait rassemblé, toutes langues confondues, près de quatre millions de personnes. Partout dans le pays, des écrans géants ont été installés dans les trois régions, de la place Nord à Bruxelles au parc de Wolvendael à Uccle, de la Grand-Place de Mons au Reflektor à Liège, jusqu’à Anvers et Gand. L’Union belge de football a même lancé une carte nationale des rassemblements de supporters.
Pour leur quinzième participation en Coupe du monde, les Diables Rouges rêvent de renouer avec le dernier carré, atteint en 2018 pour leur meilleur résultat historique, une troisième place. Le parcours 2026 doit beaucoup au sang-froid des hommes de Rudi Garcia. Premiers du groupe G, les Belges ont livré un seizième de finale renversant contre le Sénégal. Alors qu’ils étaient menés 2-0 à la 85e minute, ils l’ont emporté 3-2 après prolongation, sur un penalty de Youri Tielemans dans les tout derniers instants.
Face aux États-Unis, pays organisateur, ils se sont imposés 4-1, portés par un doublé de Charles De Ketelaere, désigné homme du match. L’Espagne, tombeuse du Portugal, les attend désormais pour une place dans le dernier carré.
Reste une question d’agenda. Après Los Angeles, le Roi devra regagner Bruxelles pour la Fête nationale du 21 juillet, rendez-vous protocolaire auquel il ne saurait manquer. Le calendrier laisse la marge nécessaire, sauf si les Diables Rouges prolongent l’aventure jusqu’à une demi-finale, programmée quelques jours plus tôt. Le Palais, pour l’heure, n’a rien précisé au-delà du 10 juillet.