Stéphane Lémeret
17 March 2026
Vous vous rappelez peut-être qu’il y quelques semaines, se tenait à Bruxelles un “petit” événement qui a attiré quelque 350 000 personnes : le Salon de l’Auto. Et dans le flot de reportages consacrés à cette grande fête de l’automobile, un sujet semblait faire frémir toutes les rédactions : la présence massive de voitures chinoises ! Si vous avez vu les reportages – ou si vous avez visité le salon – ce constat vous aura forcément sauté aux yeux : 80% de ces modèles chinois (majoritairement électriques) se ressemblent tous. C’est inhérent à leur nature – motorisation électrique – et à un souhait des constructeurs de réduire à tout prix la résistance à l’air. C’est pourquoi ces voitures et ces SUV présentent les même lignes lisses, sans aspérité, comme des galets polis par l’érosion. Ainsi qu’un même gimmick esthétique : les bandeaux lumineux à l’avant et à l’arrière, le détail à la mode du moment. Bref, des voitures anonymes… qui toutefois plaisent beaucoup aux jeunes.
Mais comme le dit l’adage, l’exception confirme la règle. Cette exception s’appelle Firefly – “luciole”, en anglais. C’est en quelque sorte la lumière au bout du tunnel aérodynamique… Fille du groupe chinois Nio, cette petite machine est, avec ses optiques qui vous rappelleront la face arrière de votre iPhone, une des voitures les plus originales du moment. Quatre mètres de bonne bouille, de sourire et de bonnes idées ! Dès l’instant où nous avons fait sa connaissance, l’été dernier, nous avons été convaincus, nous qui sommes pourtant assez réticents à l’idée d’une voiture électrique, et qui luttons encore un peu pour accepter qu’après les japonaises et les coréennes, les chinoises ont, elles-aussi, bien le droit de se faire une place sur le marché européen.
Alors qu’est-ce qui nous a plu ? Tout ! Le look, d’abord. Nous n’irons pas jusqu’à parler d’une “belle” voiture, encore que le concept soit subjectif. Mais une chouette voiture, que l’on remarque et qui a quelque chose d’attachant, assurément. L’intérieur, ensuite. Vaste et aéré, suffisamment spacieux pour accueillir quatre grands adultes, et dont les assises de sièges cachent d’astucieux coffrets de rangement. L’ambiance à bord est zen, car dépouillé de presque tout, sauf d’un vaste écran de plus de 13 pouces’. En principe, c’est là que nous pourrions nous crisper. En effet, comme tant d’autres, nous détestons la suppression des boutons au profit de fonctions centralisées sur un écran. Sauf qu’ici, on découvre d’abord une interface joyeuse, cachant un système à l’utilisation très intuitive. Sans oublier LA bonne idée : les fonctions principales – réglages du volume audio, de la température et de la soufflerie – ne réclament pas le passage par un menu. Il suffit de glisser du bout de deux doigts sur l’une des zones dédiées de l’écran, instinctivement, sans quitter la route des yeux. Brillante idée !
Enfin, ce que nous apprécions aussi est l’humilité assumée de la Firefly. Car elle ne tombe pas dans la surenchère des chiffres. Ni en termes de puissance, ni du côté de la batterie. Un gentil moteur électrique de 142 chevaux, une batterie raisonnable qui promet 330 kilomètres d’autonomie théorique : cette luciole chinoise ne prétend pas être autre chose que ce qu’elle est, une alternative parfaitement crédible dans le rôle de seconde ou troisième voiture de la maison. À coup sûr, la lectrice qui partage (ci-contre) son expérience dans ces pages sera aussi séduite que nous…

Figure emblématique de la préservation du patrimoine belge, Diane Hennebert a présidé à la restauration de l’Atomium, puis de la Villa Empain, à Ixelles, avant de se consacrer aujourd’hui à un nouveau chantier d’envergure : la renaissance du Pavillon chinois, édifice singulier commandé au début du XXᵉ siècle par Léopold II. Qui mieux qu’elle pouvait nous parler d’une luciole chinoise ?
D’emblée, Diane souligne une forme de simplicité. La Firefly ne cherche pas à impressionner, et c’est précisément ce qui lui plaît. “Ce n’est pas une voiture prétentieuse. Sans avoir un design spectaculaire, elle est sympathique et chaleureuse. Les gens viennent spontanément me dire : ‘Elle est jolie, je ne connaissais pas’.” Une réaction ô combien rafraîchissante dans un paysage automobile souvent dominé par la démonstration.
Au volant, cette sympathie se prolonge jusque dans le rapport aux autres. Diane Hennebert observe que la Firefly apaise la circulation. “Elle crée une forme de convivialité sur la route. Les gens sont plus patients, moins agressifs. Aujourd’hui, ce vivre-ensemble n’est pas un détail.” Elle voit aussi dans la Firefly une voiture parfaitement dans l’air du temps. “Elle arrive au bon moment. La voiture n’est plus un symbole de prestige, surtout pour les jeunes générations. Elle doit être utile, facile à vivre, écologique.”
À bord, Diane apprécie l’ambiance épurée et l’interface intuitive. La technologie se met au service de l’usage, sans chercher à en mettre plein la vue. Enfin, son regard sur l’origine chinoise du modèle est sans ambiguïté. De retour d’un récent séjour en Chine, Diane Hennebert insiste sur le dynamisme et la montée en qualité du pays. “Il faut sortir de cette idée d’une Chine du bas de gamme. Ils vont vite, avec détermination et produisent aujourd’hui des choses élégantes et abouties.” À ses yeux, la Firefly incarne cette Chine moderne : rapide, qualitative, mais sans arrogance. Comme son nom l’indique, la luciole éclaire sans éblouir. Une humilité rare, et peut-être la plus belle de ses qualités !
Photos : © Firefly
Prix
À partir de 29 990 euros
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