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Rédaction

07 May 2024

De plus en plus de Belges sont atteints d’un cancer de la peau : aujourd’hui, une personne sur six développe une tumeur cutanée au cours de sa vie. Quiconque a déjà souffert d’un cancer de la peau présente également un plus grand risque de récidive. « Cela vaut pour environ 12% des patients. Les patients atteints de mélanome ont dix fois plus de risque de développer un nouveau mélanome. Cela signifie non seulement que de plus en plus de Belges ont un cancer de la peau chaque année, mais aussi que de plus en plus de Belges en ont un pour la deuxième fois. Il est donc important de continuer à être suivi et de se suivre soi-même en contrôlant régulièrement sa peau. Inutile de céder à la panique et pas besoin de toujours aller chez un dermatologue pour un dépistage. Mais si vous vous inquiétez à propos d’une petite tache suspecte, alors n’attendez pas » explique le dermatologue Thomas Maselis.

Thomas Maselis © Sven Van Gestel/Euromelanoma

Le nombre croissant de patients atteints d’un cancer de la peau dans notre pays est à ramener à trois grandes causes. Outre l’espérance de vie toujours plus longue (nous vieillissons, donc notre peau aussi, ce qui augmente le risque de cancérisation des cellules cutanées) et l’exposition plus importante aux rayons UV (bancs solaires, voyages…), les “immunosuppresseurs” jouent également un rôle. Ainsi, de plus en plus de personnes prennent des médicaments qui inhibent le système immunitaire, par exemple des personnes ayant bénéficié d’une greffe d’organe, ou qui ont une maladie auto-immune ou atteintes d’arthrites.

La Pr. Véronique del Marmol © Sven Van Gestel/Euromelanoma

La Prof. Véronique del Marmol, présidente d’Euromelanoma Europe poursuit : « Le cancer de la peau est l’une des rares formes de cancer que l’on peut remarquer soi-même, donc il est très important que les gens connaissent leur propre peau et contrôlent les signes de changement. La vigilance est effectivement de mise, surtout si l’on a déjà eu un cancer de la peau. Protégez-vous des dommages causés par le soleil, faites contrôler régulièrement votre peau et allez à vos rendez-vous de suivi. »

© Sven Van Gestel/Euromelanoma

Première belge : une collaboration avec des associations de professionnels

Pour la première fois dans l’histoire d’Euromelanoma, les dermatologues ont fait appel à des associations de professionnels spécifiques qui, de par leur métier, sont souvent en contact avec la peau. La Belgique est en cela le premier pays à avoir mis en place une collaboration concrète. Par l’intermédiaire des réseaux sociaux, les kinésithérapeutes, infirmièr.e.s à domicile, sages-femmes, esthéticiennes, coiffeurs, podologues, tatoueurs, masseurs… donnent eux aussi des conseils préventifs pour protéger votre peau contre un excès de soleil.

« Aujourd’hui, on peut parfaitement soigner un cancer de la peau à un stade précoce, rassure Thomas Maselis. Mais ce n’est pas parce qu’il existe de meilleurs traitements que nous devons réduire notre vigilance en cas de tache suspecte. Avec les professionnels qui, de par leur métier, sont souvent en contact avec la peau, nous voulons faire passer ce message à un vaste public. L’objectif n’est pas de poser un diagnostic, mais qu’ils soient attentifs aux éventuelles taches suspectes et puissent renvoyer la personne concernée vers son médecin généraliste. »

© Sven Van Gestel/Euromelanoma

Besoin d’un soutien psychologique

En plus de la prévention classique pour lutter contre le cancer de la peau, la campagne Euromelanoma 2024 réclame un meilleur soutien physique et psychologique à l’égard des patients après le diagnostic. La dépression et l’anxiété sont en effet courantes chez les patients atteints d’un mélanome, y compris après le traitement. Un soutien insuffisant et l’angoisse d’une récidive sont dès lors les facteurs impactant le plus la santé et la qualité de vie des patients.

Thomas Maselis détaille « La campagne incite les patients à être vigilants et à mener une vie épanouissante et saine, mais rappelle également aux gens le soutien psychologique qui est à leur disposition. Car il ne faut pas en sous-estimer l’impact : même si le carcinome basocellulaire et le carcinome épidermoïde, par exemple, sont facilement guérissables, le diagnostic “cancer” choque tout de même, ça ne laisse pas les gens de marbre. »

Euromelanoma continue donc de miser pleinement sur la sensibilisation. « Les effets de la prévention primaire sont en effet très longs à se faire ressentir. Et ce n’est pas non plus parce que les gens sont au courant de quelque chose (ne pas s’exposer au soleil sans protection) qu’ils le font réellement…. Euromelanoma a été fondé en Belgique en 1999. En Australie, où ils sont actifs depuis 15 ans de plus, on constate enfin une diminution du nombre de cancers de la peau chez les jeunes de 20 à 30 ans. »

© Sven Van Gestel/Euromelanoma

Droit à l’oubli

Le “droit à l’oubli” prévoit que les assureurs et les établissements financiers, après une certaine période suivant la fin d’un traitement efficace, ne devraient plus prendre ce cancer en compte lors d’une demande de crédit, de prêt hypothécaire ou d’assurance et ne devraient plus être autorisés à facturer de prime médicale complémentaire.

La Professeure Françoise Meunier, fondatrice de l’initiative européenne ‘Ending Discrimination against Cancer survivors’ est la figure de proue dans la lutte qui commence à porter ses fruits, tant en Belgique que dans les autres pays européens. À cet égard, la Belgique est le premier pays au monde à appliquer également le droit à l’oubli à l’assurance pour le revenu garanti des patients ayant souffert d’un cancer (depuis 2022), en plus de l’assurance solde restant dû (depuis 2020). Il existe également une liste d’exceptions qui est mise à jour régulièrement, par exemple pour certains cancers avec un meilleur pronostic pour lesquels les délais sont raccourcis.

Le Pr. Jean-Marie Nogaret © Sven Van Gestel/Euromelanoma

Lors de la conférence de presse, le professeur Jean-Marie Nogaret a évoqué ce que cela a signifié pour lui, chirurgien oncologue de sein, mais ayant eu lui-même un cancer il y a plusieurs années.

La Professeure Françoise Meunier : « Cela fait dix ans déjà que je me bats pour que le fait d’avoir un cancer et d’y survivre ne soit pas une punition à vie étant donné les défis que représentent la discrimination financière pour obtenir des prêts et assurances. C’est pourquoi je plaide en faveur de l’élaboration et de l’implémentation d’une législation tant nationale qu’européenne pour éviter que les survivants d’un cancer n’aient à se voir refuser des services financiers ou à payer des surprimes injustifiées. Une telle législation existe en Belgique depuis 2019 (et en application depuis ​ 2020 )avec une diminution progressive du délai après la fin du traitement pour obtenir ce droit ​ à l’oubli ​ en l’absence de toute récidive. En ce qui concerne le mélanome, il y a dans certains cas une réduction de la période d’attente après la fin du traitement à un an, pour une excision d’un mélanomein situ (où les cellules pigmentaires malignes ne sont que superficielles dans l’épiderme, ndlr). Dans le cas de mélanome invasif, le délai en Belgique est de huit ans jusqu’au 1er janvier 2025 et de cinq ans à partir de janvier 2025, comme pour toutes les formes de cancer. »

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