Sarah Belmont

10 March 2020

© Maison Inédit Joaillier

Rue de l'Abbaye, en face de l'église Saint-Germain-des-Prés. Au numéro 14. Telle est la nouvelle adresse d'Inédit Joailler, ancré dans le paysage rouennais depuis 1984. Au point de vente parisien, ouvert en 2007, succède désormais un nouvel espace (200 m2), garant d'une plus grande liberté. « Notre but était de communiquer autour de la création. Ce qui était difficile dans 45 m2 », explique Frank Margueron, le maître des lieux.

La facade de la boutique du bijoutier parisien Indédit Joaillerie
© Maison Inédit Joaillier

Passé le sas d'entrée, le regard est attiré au cœur de ce cube vitré autour duquel s'articule l'ensemble du magasin. « L'atelier, c'est le poumon de l'entreprise », poursuit notre hôte, qui s'est toujours distingué par son désir de mettre les savoir-faire français en avant. Une transparence qui, si elle s'avère de bon ton aujourd'hui, était mal perçue il y a quelques années. «Tout le monde peut vendre. En revanche, trouver avec l'aide seule d'un papier et d'un crayon ce qui va faire plaisir au destinataire d'un bijou, c'est une autre histoire. »

L'intérieur de la bijouterie à Paris de la Maison Inédit Joaillerie
© Maison Inédit Joaillier

Deuxième particularité de la Maison Inédit Joailler : elle ne pratique que des pierres 100% naturelles ; ce qui la place dans 10% de la production mondiale. « C'est un choix d'authenticité. Les diamants dits "de culture" - expression à la mode - ne sont jamais que des pierres reconstituées par la main de l'homme. Nous, nous ne touchons pas à ça. » Il arrive toutefois que certaines pièces soient mal taillées. Dans ce cas, elles transitent entre les mains d'un lapidaire Meilleur Ouvrier de France.

Deux possibilités. « Soit quelqu'un (Frank Margueron évite le terme de clientèle) nous passe commande. Il s'agit avant tout de cerner sa personnalité, afin que l'objet n'atterrisse pas dans un placard. Soit nous créons pour nous. Je pense à cette vingtaine d'aigue-marines que nous a confiée un collectionneur. J'en ai acheté une dizaine. Nous avons partagé un lot avec un ami... », poursuit Frank Margueron qui cherche, et trouve, l'inspiration... tout sauf derrière son bureau. Dans l'architecture (la Bague Grand Palais figure le dôme du Grand Palais), l'art (le Collier antique fait de sceaux mésopotamiens de 2000 ans), la nature (la Bague Arum a la forme d'une feuille), entre autres.

Une bague de la Maison Inédit Joaillerie
© Maison Inédit Joaillier 

Première étape donc, le croquis. « Quand vous dessinez, les gens ne vous regardent plus, et se concentrent tout à coup sur vos mains. Dès lors, c'est à moi de vous observer tout en continuant mon ébauche. » Puis vient le temps de la mise en couleur. S'ensuivent plusieurs tâches, du montage au polissage, en passant par le sertissage, qui représentent entre vingt et trente heures de travail minimum. Bien souvent, les pièces sont serties en sous-traitance. Pas chez Inédit. Cette mission incombe à Anthony et bientôt Lucille, diplômée du Gemology Institute of America. « Nous travaillons main dans la main », ajoute Frank Margueron, qui encourage ses employés à prendre régulièrement des pauses, afin d'éviter toute erreur fatidique. « Tout le monde peut à peu près tout faire. Notre conseils des ministres a lieu le mardi », plaisante notre chef de file passionné.

Un bijou du bijoutier Maison Inédit Joaillerie
© Maison Inédit Joaillier 

Inédit Joailler, c'est une affaire familiale. Si Frank Margueron partage son temps entre Paris et la Normandie, son épouse, son fils et sa belle-fille continuent de faire tourner la boutique rouennaise. Bientôt, c'est une autre famille que la maison va intégrer, en participant pour la première fois au Parcours Saint-Germain (mai-juin), manifestation culturelle qui fait battre depuis quinze ans le cœur de Paris.

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