• HLCÉ

Dans la Cour des Grands : Inoxydable Margrethe de Danemark !

Dans la Cour des GrandsMaison de Glücksbourg

Thomas de Bergeyck

09 March 2023

Sa silhouette est fragile, presque cassante. Elle ne marche pas toujours droit, gênée qu’elle est par un dos qui la fait souffrir. Lorsque je rencontre Margrethe II en son palais de Copenhague, en mars 2017, je découvre une femme d’une simplicité extrême. Un sourire accroché aux étoiles sur un regard un peu fuyant face à la presse. Ce jour-là, j’ai décidé de venir un jour vivre dans le pays de cette dame, sur le trône du Danemark depuis 51 ans.

Oui, je le dis, après Elizabeth, c’est « Daisy » comme l’appellent les danois qui est ma grand-mère de cœur. Cette reine est parvenue, subtilement, à moderniser l’image de la monarchie. Pas simple lorsque l’on sait qu’il s’agit de la plus ancienne maison royale du Vieux continent. Elle était d’ailleurs la première vraie reine. Margrethe première, en 1375 ne fut que régente. C’est sans doute parce que cette femme n’aurait jamais dû porter la couronne qu’elle est restée elle-même. En effet, jusqu’en 53 la Constitution danoise interdisait aux femmes de devenir monarque.

Henri de Laborde de Montpezat et sa jeune fiancée, une certaine princesse Margrethe de Danemark, en 1967 © Photo News

Inoxydable, elle l’est certainement. Inamovible également. Pensez donc : les crises politiques, la mort de son époux le fantasque prince Henri de Monpezat et les désirs d’indépendance de certains de ses territoires ne l’ont jamais fait vaciller. Elle qui avait un jour déclaré qu’elle resterait sur le trône jusqu’à ce (qu’elle) en tombe semble fidèle à ses choix.

La reine s'amusant à découvrir les dessins la représentant © Keld Navntoft - Kongehuset

Margrethe vient de subir une lourde opération du dos. Elle est en convalescence pour plusieurs mois, et c’est son fils le prince héritier Frederik, 54 ans, qui joue le régent, ou, à défaut, sa sœur Benedikte. Pourquoi n’abdique-t-elle pas ? Parce que chez les Danois, on n’abandonne pas la charge. L’abdication n’existe tout simplement pas. Pas encore. Et puis qui voudrait se priver d’une personnalité pareille ? Reine, Margrethe est aussi une grande artiste. En 2012 elle crée les costumes du Casse-Noisette présenté à Copenhague. On la voit, à genoux, occupée à reprendre des ourlets. Elle va même dessiner et broder les chasubles des évêques de deux cathédrales danoises, ainsi que les uniformes du personnel du célèbre palais d’Hamlet ! Margrethe crée des décors pour des séries télé et a même traduit en français Simone de Beauvoir !

© Patrick Bernard-Guillaume Collet/Bestimage

Mais Margrethe rime aussi avec cigarette : la cibiche fait partie d’elle. Elle les enchaine au détriment de sa santé qui semble bien résister cela dit. La souveraine a beau descendre du roi Harald Ier Bluetooth, elle n’a pas de portable et n’en veut pas. Elle préfère les rapports directs, au point d’accorder audience deux fois par mois à sept de ses compatriotes qui désirent la rencontrer ou lui exposer un problème. Atypique, mais aussi très attachante.

Elizabeth II n’est plus. C’est vrai. Heureusement, il nous reste Margrethe ! Bon vent, Madame, soyez aussi heureuse que possible. Et surtout, profitez de la vie.

Photo de couverture : © DR/Shutterstock.com 

Dans la Cour des Grands : Amalia, une Orange bien dans sa peau

Chroniques royales

S’il y a bien un prénom qui était sur toutes les lèvres ces derniers jours, au royaume batave et jusqu’au bout du monde, c’est le sien : Amalia, la princesse d’Orange et héritière du trône des Pays-Bas. La jeune fille a accompagné ses parents sous le soleil des Caraïbes à l’occasion d’un voyage officiel, une première pour l’ainée de 19 ans. On a parlé de son sourire, de ses tenues colorées, de sa beauté. Mais aussi de ce qu’elle aurait sans doute préféré éviter : son poids.

Advertentie

Dans la Cour des Grands - Norvège : l’annus horribilis

Chroniques royales

De mémoire de « royal watcher », je ne me souviens plus avoir tant retenu mon souffle pour une monarchie européenne. La Norvège, ce pays si lumineux, si magique, si paisible d’ordinaire. Et qui ploie littéralement sous les annonces noires ces derniers temps. Rien ne va plus dans ce pays où, il y a peu encore, les habitants se déclaraient « les plus heureux au monde ».

Alle artikels

Advertentie

Remise des bourses 2025 du Fonds GENeHOPE

Vie mondaine

La Tour Belfius a accueilli la remise des bourses 2025 du Fonds GENeHOPE, récompensant quatre projets de recherche innovants sur les maladies génétiques. Créé en 2024 par Hortense et Jean-Baptiste Van Ex en mémoire de leur fils Maximilien, décédé des suites d’une maladie génétique, le fonds vise à soutenir la recherche face à des maladies rares touchant des centaines de milliers de personnes, souvent sans traitement ni espoir de guérison. Mais les avancées rapides de la science et de l’intelligence artificielle redonnent de l’espoir. © Violaine le Hardÿ de Beaulieu

23/06/2025

Alle artikels