Bertrand Leleu
11 March 2026
Loin d’être totalement achevé, le chef-d’œuvre d’Antoine Gaudi, la Sagrada Familia de Barcelone, va pourtant célébrer d’une façon exubérante (à l’image de son créateur) un événement. Il est, en effet, prévu de terminer cette année la tour de Jésus-Christ, haute de 172,5 mètres, qui fera de la fameuse cathédrale l’édifice religieux le plus haut du monde. Si le bâtiment est aujourd’hui l’un des plus visités, il n’en fut pas de même lors du commencement de ce projet. À l’époque, les détracteurs de l’architecte pensaient que Gaudí était totalement fou, et que ses colonnes torsadées allaient rendre l’édifice instable et dangereux. Des dessins satiriques montraient d’ailleurs dans les journaux la chute des tours sur les passants. “Fake news !” crieraient certains aujourd’hui ! Il faut dire que le maître de l’Art nouveau espagnol travaillait d’une manière peu conventionnelle : au lieu de réaliser des maquettes, comme cela se faisait depuis des siècles lors de commandes architecturales, Gaudí utilisait des modèles réduits inversés avec des fils, des chaînes et des sacs de plomb simulant les charges, permettant à la gravité de définir les arcs et colonnes inclinées idéaux. Il aimait dire : « La nature ne se trompe jamais. Si la ficelle tombe bien, la pierre restera stable”. De l’excentricité naquit le génie !
Photo de couverture : © VALERIE2000
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