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Knokke-Le-Zoute : début de saison en fanfare ?

HLCKnokkeLe Zoute

François Didisheim

28 July 2026

À l’heure où la haute-saison d’été débute au Zoute, « la » question qui se pose ici, dans ce centre d’un certain monde, c’est : faut-il bannir le terme « exclusif » du vocabulaire officiel de Knokke-Heist ? La question, portée par la bourgmestre Cathy Coudyser, a récemment animé les débats communaux. Entre volonté d’ouverture et défense d’un certain standing, la station balnéaire s’interroge sur son identité et sur la portée d’un adjectif devenu emblématique.

Il aura suffi d’un mot pour agiter le conseil communal knokkois. Un seul : « exclusif ». La bourgmestre Cathy Coudyser, souhaitant ouvrir un débat collégial, a proposé de bannir le terme du langage officiel, arguant qu’une commune ne devait jamais rimer avec exclusion.

Sa vision, celle d’une station aux trottoirs sans barrières, où visiteurs et résidents cohabiteraient dans une même urbanité bienveillante, procède d’une intention généreuse. L’opposition, elle, a saisi le mot comme un étendard. À ses yeux, l’exclusivité n’a jamais exclu personne. Elle taille les haies, soigne les vitrines et entretient ce standing particulier qui fait précisément que l’on vient ici plutôt qu’à quinze kilomètres de là. « Exclusif » serait ainsi un vernis, non une clôture.

Un mot piégé par le dictionnaire

Consulté comme un arbitre impartial, le dictionnaire ne facilite pas la conciliation. Il évoque le « pouvoir d’exclure », ce qui est « fermé à toute pénétration extérieure », voire une forme d’intolérance. De quoi refroidir toute autorité communale soucieuse de son image.

Cathy Coudyser © Philip Reynaers/Photonews

Mais le marketing immobilier a depuis longtemps opéré sa métamorphose sémantique. Aujourd’hui, une villa qualifiée d’« exclusive » n’interdit l’accès à personne : elle se contente d’être rare, élégante et hors de prix. Trois qualités qui, à Knokke, tiennent lieu de carte d’identité.

Ouverture et standing, un équilibre subtil

Vraie querelle politique ou malentendu sémantique amplifié par l’écho communal ? La seconde hypothèse paraît la plus probable. Vouloir une station ouverte à tous tout en préservant l’irréprochabilité de son standing n’a rien d’un grand écart. C’est même, à bien y regarder, la définition du bon goût version digue du littoral.

On peut accueillir le monde entier tant que ce monde entier respecte le dress code implicite. Le véritable luxe, en définitive, ne consiste peut-être pas à fermer la porte, mais à la laisser ouverte tout en sachant que peu osent la pousser sans avoir préalablement vérifié le dessous de leurs chaussures.

À Knokke, même les disputes de dictionnaire finissent en garden-party entre gens bien éduqués. Et tandis que les élus se querellent autour d’« exclusif » et d’« inclusif », les mouettes, elles, ne font aucune distinction : elles piquent une frite aussi bien chez le résident que chez le touriste d’un jour. Une leçon d’humanisme qui vaut, à sa manière, bien des conseils communaux.

Sur le même sujet, découvrez le dernier podcast de François Didisheim, CEO de High Level Communication & L’Eventail, sur BXFM Radio :

Article inspiré par la newsletter de Lobby du 24 juillet écrite par Françoise Wallyn et François Didisheim, fondateur de Lobby. Retrouvez la revue des cercles du pouvoir, ici

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