• HLCÉ

La sagesse plutôt que le fanatisme

Bruno ColmantEuropeSociétéUkraine

Bruno Colmant

07 November 2023

Chaque jour, nous nous interrogeons sur la place future de l’Europe dans le monde. D’un point de vue géopolitique, le découplage avec les États-Unis s’intensifie. Il pourrait même s’aggraver si Trump revenait au pouvoir. En outre, la situation en Ukraine pourrait s’inverser si Donald Trump était réélu en 2024. Il ne porte que peu de considération à l’Europe et à l’OTAN. Il a même affirmé qu’il mettrait fin à la guerre en Ukraine en 24 heures et, ce faisant, stopperait l’aide américaine à ce pays.

Le professeur Dr. Bruno Colmant est membre de l’Académie royale de Belgique. © DR

À ce stade, les dirigeants actuels devront décider s’ils remplaceront militairement les États-Unis (ce qui semble impossible) ou s’ils laisseront l’Ukraine dans un désarroi total, ce qui est probable. Ceux qui criaient à la guerre depuis le confort de leurs bureaux pourraient adopter une posture d’apaisement.

L’Europe risque également de dépendre du gaz américain, des importations chinoises (amplifiées par leur propre sous-capacité de production) et de voir son influence mondiale diminuer, particulièrement face à un isolationnisme américain croissant et à la montée des BRICS (Brésil, Russie Inde, Chine et Afrique du Sud, un “club” appelé à s’élargir prochainement, ndlr). L’Europe devra aussi affronter d’autres problèmes tels que les flux migratoires, la préservation des États-providence, dans un contexte de vieillissement démographique et une insatisfaction sociale grandissante.

De ce fait, il y a un risque réel que l’Europe cesse d’être un projet fédérateur, étant perçue plutôt comme une technocratie lointaine et peu transparente. Sa difficulté à formuler une vision stratégique claire pourrait la conduire vers des tendances nationalistes, qui, à mon avis, semblent inévitables. Je m’interroge aussi sur la possibilité d’une extension de l’Union européenne à trente pays (envisagée comme une réponse à l’agression russe) et si elle sera acceptée par les États membres actuels.

Il est certain que, comme le disait Victor Hugo, nous pouvons “étonner la catastrophe”. Néanmoins, cela requiert des leaders européens de calibre, capables de décisions audacieuses. Ce qui est frappant, c’est que beaucoup en arrivent à la même conclusion : nos systèmes politiques peinent à répondre aux défis actuels. Cette impasse est le fruit d’une combinaison de facteurs: l’individualisme croissant, la désintégration des liens sociaux et des groupes de réflexion, l’ampleur systémique des enjeux (comme les défis environnementaux), la résistance individuelle (et par extension collective) à modérer nos désirs, attisés par les impulsions consuméristes des réseaux sociaux, et l’incompétence apparente des leaders politiques.

Face à cette situation, les électeurs pourraient être tentés de confier les rênes à des figures autoritaires pour apaiser leurs inquiétudes. C’est ainsi que des personnalités comme Donald Trump, Giorgia Meloni et peut-être Marine Le Pen émergent. En Belgique aussi, la droitisation de certains partis est palpable. Hannah Arendt a décrit cette irrationalité dans son ouvrage de 1951, Les Origines du totalitarisme.

Il nous incombe, en tant qu’électeur, de cultiver notre discernement et notre savoir afin de ne pas externaliser nos peurs et anxiétés. Aucune entité politique ne peut remplacer la sagesse individuelle et l’intelligence collective. Car je crains que nos sociétés ne basculent vers des régimes autoritaires, avec toutes les dérives que cela implique. François Mitterrand avait raison en disant, dans son dernier dis- cours au Parlement européen, en janvier 1995 : “Le nationalisme, c’est la guerre”.

Soirée Jean-Marie della Faille de Leverghem

Vie mondaine

Jean-Marie della Faille de Leverghem entouré de son épouse Sylvie et de ses frères et sœurs ont organisé un « Chesse and Wine » au tout nouveau Radisson hôtel de Zaventem pour la présentation du vin Château Bonneau-Livran. L’intégralité du bénéfice de la vente est destiné à soutenir le Fonds GENeHOPE. Créé en 2024 par Jean-Baptiste et Hortense Van Ex, qui ont perdu leur fils Maximilien des suites d’une maladie génétique, GENeHOPE est né d’un constat : la recherche reste trop fragmentée et manque de coordination. Le Fonds ambitionne donc de fédérer les meilleurs spécialistes en Belgique, en France, puis à l’échelle européenne. © Violaine & Constance le Hardÿ de Beaulieu

23/10/2025

Advertentie

Knokke, une vision incarnée

Société

En ce début d’année 2026, alors que Knokke-Heist s’inscrit dans la continuité d’un modèle urbain et culturel singulier sur la côte belge, il est difficile de ne pas évoquer la figure qui a le plus profondément marqué son identité contemporaine : Léopold Lippens, bourgmestre de la commune pendant plus de quarante ans, de 1979 jusqu’à son décès en 2021.

Alle artikels