François Didisheim
13 October 2026
Si la Belgique peut s’enorgueillir d’accueillir l’OTAN, la Commission européenne, le SHAPE ou Euroclear, elle abrite également Swift — un colosse discret dont on mesure rarement l’envergure. À La Hulpe, dans une ancienne propriété Solvay, les bâtiments pensés comme de véritables temples technologiques s’intègrent harmonieusement dans la nature. Ils portent la signature de deux architectes de renommée internationale : le Belgo-Polonais Constantin Brodzki et le Catalan Ricardo Bofill. La finance internationale sait choisir une belle adresse, sans le crier sur les toits.
Derrière ce calme, l’activité donne le vertige. Plus de 11 500 institutions sont connectées au réseau, qui transmet quotidiennement plus de 50 millions de messages. Les instructions échangées représentent, tous les trois jours environ, une valeur équivalente au PIB mondial. Pourtant, Swift ne détient aucun fonds, ne crée pas de comptes et ne règle pas les transactions. Il transmet les instructions des banques qui déplacent l’argent.
Son nom raconte d’ailleurs son métier : Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication. Mais swift signifie aussi rapide en anglais — une ambition affichée dès 1973, pour remplacer le télex. Ce nom offre également un détour par la littérature : Jonathan Swift, l’auteur des Voyages de Gulliver. Un géant installé dans un tout petit pays. La comparaison sied à la puissance financière belge.
Si ce géant est une coopérative, c’est que les banques fondatrices voulaient garder la main sur leur outil commun. Les établissements actionnaires en assurent le contrôle et partagent les coûts d’une infrastructure que chacun aurait bien du mal à bâtir seul. L’objectif : rendre un service fiable et sûr aux membres, plutôt que maximiser les profits. Ce modèle soutient aussi sa neutralité technique — aucune banque ne règne seule sur le réseau.
De hack bij de Bangladesh Bank, in 2016, markeerde een keerpunt in de bancaire cyberbeveiliging. Hackers gebruikten de Swift-toegang van de bank om valse overschrijvingsopdrachten te geven, waarmee ze 81 miljoen dollar ontvreemdden. Sindsdien heeft Swift zijn beveiligingsmaatregelen aanzienlijk versterkt, onder meer met behulp van kunstmatige intelligentie © DR
Mais même une maison commune doit surveiller ses portes. En 2016, des pirates ont réussi à détourner 81 millions de dollars à la Banque du Bangladesh en utilisant ses accès Swift. Les faux ordres provenaient de la banque, mais le réseau central était intact. Depuis, l’intelligence artificielle renforce la détection de la fraude en rapprochant des indices suspects pour alerter les établissements. L’enjeu : repérer la fraude ou le blanchiment assez tôt, sans ralentir les paiements légitimes.
Pour les entreprises belges, l’utilité de Swift est concrète : permettre aux banques d’échanger des instructions fiables pour payer un fournisseur à l’autre bout du monde. De quoi rappeler que ce petit pays compte dans les grandes affaires.
Sur le même sujet, découvrez le dernier podcast de François Didisheim, CEO de High Level Communication & L’Eventail, sur BXFM Radio :
Article inspiré par la newsletter de Lobby du 9 octobre écrite par Françoise Wallyn et François Didisheim, fondateur de Lobby. Retrouvez la revue des cercles du pouvoir, ici